Cote d'Ivoire: Après l'accident mortel du Pr Laurence Adonis Koffy - Des riverains plaident pour des dos d'âne...

Mercredi 27 mai au quartier Soleil 2, non loin de la pharmacie les Arcardes. En lieu et place de ce site animé en bordure de la grande voie, abritant des magasins, des maquis, c'est la ruine !

A perte de vue, traînent à même le sol les planches et autres briques des magasins fraîchement démolis. L'horizon est plus dégagé, certes. Mais un calme étrange et inhabituel règne.

A l'opposée de la voie, sous des bâches blanches ornées de fleurs, se trouve le site du drame. Où, fauchés par un véhicule hors de contrôle, le Pr Laurence Adonis-Koffy, chef du service neuphropédiatrie du centre hospitalier et universitaire de Yopougon ainsi que deux membres de sa famille (son fils et son époux) ont trouvé la mort.

Ce paysage chaotique, selon les riverains, est la résultante des sanctions prises par les autorités depuis le drame du samedi 23 mai. Toutefois, bon nombre d'entre eux croient que la mesure de démolition des maquis ne règle pas forcément le problème de la dangerosité de la voie.

Mme Germaine Adiko, propriétaire d'un magasin en face du lieu où le drame s'est produit, s'en explique: « J'avais une entreprise immobilière ici.

Tout a été démoli sur place. On n'a pas reçu non plus de sommation. On est attristé par le décès des membres de cette famille.

Mais c'est un double choc pour nous acteurs du secteur informel. Surtout que nous sommes déjà fragilisés par la Covid-19. C'est une double perte que nous avons eue ».

Et dame Adiko d'ajouter que c'est plus de 10 millions qu'elle perd ainsi. « Que le gouvernement nous vienne en soutien », a-t-elle plaidé, tout en proposant une solution pour éviter les accidents mortels:

« La solution est à envisager au niveau de la route. Toujours des gens tombent dans les caniveaux, ils dérapent. Les magasins n'ont rien à voir avec ces déviations. »

Diaby Mamadou, opérateur économique, propriétaire d'un magasin détruit, est aussi affecté: « Deux jours après l'accident, des personnes d'une entreprise de la place sont venues détruire tout ce qui est du domaine public. Pour eux, ces réalisations empêchent la visibilité de la voie ».

Tout en déplorant l'accident mortel, M. Diaby estime cependant que d'autres solutions en rapport avec le code de la route devraient être explorées.

« Ce n'est pas notre utilisation de la voie publique qui a occasionné l'accident. Certains critères liés à la route n'ont pas été respectés », soutient-il. Il s'agit notamment, selon lui, de l'absence de panneaux de signalisation de virage dangereux, de dos d'âne...

«Chaque semaine, il y a un accident sur ce tronçon. L'année passée, il y a eu deux morts. Aucune disposition n'est prise, pourtant. C'est un drame de plus qui aurait pu être évité s'ils avaient mis des panneaux de signalisation », dénonce-t-il.

Cette accident mortel a fait réagir aussi Sié E. Jacques, un employé de la Sotra. « On aurait pu éviter ce drame en mettant simplement des dos d'âne. Certains riverains sur ce tronçon roulent à vive allure. La solution pour les usagers de la route, c'est de mettre les dos d'âne », préconise-t-il.

Contacté, le ministère des Infrastructures routières a promis de réagir ultérieurement.

Plus de: Fratmat.info

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