Sénégal: Abdoulaye Wilane - «Il n'y a pas une once de divergence entre le Chef de l'État et les religieux»

interview

Le porte-parole du Parti socialiste (Ps), Abdoulaye Wilane, reste convaincu qu'«il n'y a pas une once de divergence entre le Chef de l'État et les religieux». Estimant qu'il y a juste «un problème de communication» dans la démarche, il appelle alors les Sénégalais à redoubler de vigilance pour faire échec à la pandémie de la Covid-19.

Quelle est votre appréciation des mesures d'assouplissement de l'état d'urgence dans le cadre de la lutte contre la Covid-19 ?

Dans un État de droit, une République, le Président de la République, destinataire privilégié des renseignements, des informations et réflexions les plus pointues, les plus fines, est en mesure de prendre des décisions sur la base des données qu'aucun autre citoyen sénégalais ne peut se targuer de posséder.

En tant qu'allié et partenaire loyal, républicain et patriote dévoué, nous ne pouvons que nous ranger derrière ces mesures. Nous sommes convaincus que le Chef de l'État, en toute circonstance, reste attaché à l'intérêt général.

Il est connu que le Président de la République prend des actes et définit les orientations dans le cadre de la lutte contre la Covid-19 à partir de l'avis des scientifiques, d'experts, de spécialistes, d'un groupe pluridisciplinaire. Ceux qui ont décidé de fermer leurs mosquées et églises se sont conformés aux gestes barrières prodigués par les médecins et autres spécialistes.

D'autres ont rouvert leurs mosquées en respectant toutes les conditions d'hygiène et la distanciation sociale.

L'un dans l'autre, au-delà des motivations qui sous-tendent les dernières décisions du Président de la République, nous sommes tous des patriotes dévoués et des acteurs de la vie sociale déterminés à éviter la propagation du virus par voie communautaire.

D'aucuns pensent que le Chef de l'État a laissé les Sénégalais à eux-mêmes. Partagez-vous cet avis ?

Je pense que le Président de la République est dans son rôle. La loyauté républicaine et la conscience citoyenne me recommandent de prendre acte de ces dispositions tactiques dans la stratégie tout en travaillant à ce que les résultats soient les meilleurs possibles.

Les gens qui se livrent à des conjectures sont libres de leurs appréciations que nous respectons. L'objectif, c'est d'atteindre les résultats escomptés.

Au déclenchement de la crise, un consensus fort a été noté autour du Président. N'avez-vous pas l'impression qu'il est en train de voler en éclats ?

Il faut plutôt parler d'un problème de communication. Je pense que s'il y avait le même niveau d'information, un partage pédagogique et convaincant, il n'y aurait pas de problème d'appréciation.

Lorsque tout le clergé catholique et certains musulmans décident, en toute responsabilité, d'attendre encore avant de rouvrir les mosquées et lieux de culte, il faut y voir la sagesse.

Ce n'est pas pour autant que l'on doit penser qu'il y a une once de divergence entre le Président de la République et le clergé catholique ou bien la communauté musulmane du pays. Cependant, on peut concéder qu'il y a un problème d'approche communicationnelle et de niveau d'informations.

Pour le reste, nous sommes déterminés à faire échec à cette pandémie, afin que le Sénégal et ses enfants se remettent au travail.

Comment appréciez-vous la distribution de l'aide alimentaire d'urgence aux populations ?

Cette question parasite la communication en ces temps de crise. Nous ne voudrions pas confondre les défis ou les enjeux.

À l'heure actuelle, nous avons un défi de communication, d'implication ou de responsabilité des communautés, pour que toutes les couches de la société soient mobilisées en vue de faire échec, de stopper la progression de ce virus à travers le mode de transmission communautaire.

Le défi, c'est la motivation accrue des personnels de santé, des chercheurs, des professeurs, des médecins, etc.

Nous devons tous nous mobiliser généreusement et efficacement pour les protéger, les motiver, afin que leur mobilisation soit toujours efficiente.

Nous devons laisser le soin aux acteurs de l'État, aux collectivités territoriales, aux forces vives de chaque localité d'organiser, dans le cadre d'une planification et dans la transparence, la distribution de ces vivres pour prendre en charge un spectre de bénéficiaires beaucoup plus large.

Tout est mis en branle pour que les collectivités territoriales puissent contribuer à cet effort initié par le Président de la République à travers la distribution des vivres.

Incontestablement, dans le cours, moyen et long terme, à travers le monde, il se posera un problème de sécurité alimentaire. Mais, tout ceci ne peut être pris en charge que dans le cadre d'une soutenabilité de toutes les dépenses à dégager.

Le Président de la République et son Gouvernement ont décliné une batterie de mesures et une kyrielle de dépenses allant de l'aide alimentaire à la prise en charge hospitalière...

C'est pourquoi je recommande une meilleure communication qui ne peut se faire que dans le cadre d'une connaissance réelle du pays, des réalités sociologiques des territoires. Il faut stratifier nos priorités en ce qui concerne les mesures à mettre en œuvre pour éviter l'effondrement de notre système économique et social.

Plus de: Le Soleil

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