Congo-Kinshasa: Procès 100 jours - Malgré la mort du juge Raphaël Yanyi, le procès va se poursuivre

Le procès du détournement présumé des fonds alloués au programme d'urgence de 100 jours du Chef de l'Etat, Félix-Antoine Tshisekedi notamment, le volet maisons préfabriquées opposant le prévenu Vital Kamerhe et consorts à la République Démocratique du Congo qui se déroule depuis quelques semaines au tribunal de Grande Instance de la Gombe, a connu un coup, que quelques esprits septiques ont qualifié de fatal. Il s'agit de la mort du juge président Raphaël Yanyi, aux petites heures du mercredi 27 mai dernier, au Centre hospitalier Nganda, dans la commune de Kintambo.

Comme les rumeurs allaient dans tous les sens, le Commissaire provincial de la police nationale Ville de Kinshasa, le Général Sylvano Kasongo, a appelé la population au calme et a indiqué que selon les premiers éléments à disposition, le juge Raphaël Yanyi serait mort de suite d'un malaise qui lui est survenu brusquement au milieu de la nuit et a succombé à 2 heures du matin, heure de Kinshasa.

Cette disparition suspecte de ce célèbre juge adulé par l'opinion publique à cause de son caractère autoritaire, ferme et impartial, a provoqué une clameur publique à travers la ville de Kinshasa, la Capitale, comme partout ailleurs dans la République mais, principalement à Bandal, la commune de résidence de l'illustre disparu où quelques jeunes de son quartier profondément touchés par cette douleur, ont tenté de manifester leur mécontentement, en barricadant quelques avenues et en brûlant les pneus sur la voix publique. Une tentative de manifestation vite maîtrisée sans ménagement par la police nationale congolaise, qui a tiré le gaz lacrymogène en l'air pour disperser la foule en furie.

Toutefois, la question qui se pose avec acuité et taraude les esprits de l'opinion publique non initiée en matière de procédure des affaires devant les instances judiciaires, est de savoir ce qu'advienne ce procès trop attendu par le commun du mortel, comme pour les parties au procès, après le décès du juge président de la composition du tribunal de céans ? Va-t-il se poursuivre à la date prévue pour la 3ème audience, le mercredi 3 juin prochain? Sera-t-il retardé pour voir claire sur les circonstances exactes qui ont conduit à la mort du juge Yanyi, comme le réclame le syndicat autonome des magistrats du Congo ? Ce questionnement est sans fin. Mais, à en croire les avis de certains procéduriers recoupés, la mort du juge président ne peut pas empêcher le tribunal de continuer avec le procès, malgré la douleur. Car, disent-ils, l'affaire est portée à la compétence du tribunal et non à celle du juge. Toutefois, précise nos sources, la désignation du juge tient compte de son expérience, de sa moralité et de sa compétence selon la règle de l'art.

Décryptés, les dires des procéduriers font voir que l'audience du mercredi 3 juin prochain, sauf changement de dernière minute, aura bel et bien lieu avec à la clé, l'audition des témoins cités par les parties et le ministère public pour éclairer le tribunal. Parmi ces témoins l'opinion se rappellera des noms comme : Justin Bitakwira, Nicolas Kazadi, Hamida Shatur, épouse du directeur de Cabinet du chef de l'Etat Vital Kamhere et sa fille Soraya Mpiana, qui seront probablement à la barre pour éclairer la lanterne du tribunal des céans.

L'opinion a hâte de voir ce procès se dérouler normalement pour mettre fin à ce présumé détournement des fonds publics, et couper court à tous les on-dit qui circulent dans tous les sens sur cette affaire.

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