Maroc: Relaxé, Rafiq Boubker présente ses excuses

De nombreux artistes et internautes ont exprimé leur solidarité avec l'artiste en lançant un appel à l'indulgence

Le célèbre acteur marocain, Rafiq Boubker, accusé d'avoir publié une vidéo sur les réseaux sociaux le montrant dans un état d'ivresse, tenant des propos blasphématoires contre l'Islam et portant atteinte à la sacralité du culte, a été placé en garde à vue mardi soir avant d'être libéré mercredi moyennant une caution de 5.000 dirhams dans l'attente de son procès prévu le 14 juillet. Suite à son placement en garde à vue, les réseaux sociaux ont été inondés de messages d'artistes et d'internautes exprimant leur solidarité avec Rafiq en lançant un appel à l'indulgence.

Connu pour son franc-parler, l'acteur qui s'était auparavant excusé d'avoir tenu de tels propos a tenu, dans une déclaration à Libé, à réitérer ses excuses aux Marocains, expliquant qu'il n'avait nullement l'intention de porter préjudice à la religion musulmane, ni aux musulmans . «Je n'étais pas dans mon état normal et j'avoue que j'ai commis une bêtise mais il ne s'agissait que d'une plaisanterie entre amis qui a très mal tourné. Alors je retire tout ces propos tout en présentant mes sincères excuses aux Marocains», nous a-t-il déclaré. Et d'ajouter: «Je tiens également à m'excuser auprès des imams et à rappeler que je suis de confession musulmane et je ne me permettrai jamais de porter atteinte à la religion».

Selon un communiqué de la DGSN, «l'acteur avait été placé en garde à vue pour élucider les tenants et aboutissants de ces actes et déterminer les complices ayant filmé ce contenu numérique».

Rafik Boubker qui a joué dans quelques gros succès du cinéma marocain dont "Road to Kabul", "Les anges de Satan", "Zéro" et "Classe 8", risque de six mois à deux ans et/ou une amende de 20.000 à 200.000 dirhams, selon l'article 267 du Code pénal.

Il faut dire que cet acteur doué, qui a étudié le cinéma en Italie, n'a jamais eu la langue dans sa poche. Dans un entretien qu'il avait accordé à Libé, il s'était insurgé contre certaines pratiques malsaines dans le domaine du 7ème Art. Et il fulminait tout particulièrement contre ces sitcoms débiles, improvisées de toutes pièces, pour le mois de Ramadan, par des gens sans scrupules. «Je voudrais évoquer tout particulièrement ce qui se fait durant le mois de Ramadan en matière de sitcoms et de séries télé. Je n'hésiterai pas à dire que c'est vraiment révoltant. D'ailleurs, on pourrait poser la même question à n'importe qui, à propos de ces séries. La réponse sera certainement la même. Car les gens en ont ras-le-bol. Ils ne supportent plus ces productions de bas étage. Et puis cela est tout à fait néfaste pour les artistes intègres qui refusent de cautionner cet état de fait et qui préfèrent plutôt vivre dans une grande fragilité matérielle», dit-il.

Pour ce qui est des metteurs en scène, Rafiq les classe en deux catégories. «Il y a d'abord ceux qui travaillent avec dévouement et qui s'inspirent essentiellement de notre vécu en tant que Marocains. Et puis il y a ceux qui sont alléchés par le profit matériel. Ce sont des assoiffés d'argent qui veulent se faire une fortune sur le dos des acteurs et des techniciens. Ils sont malheureusement de plus en plus nombreux et ont même tendance à s'emparer de la scène artistique», explique-t-il. «En ce qui me concerne, je travaille avec cinq ou six metteurs en scène marocains. C'est un choix délibéré. Quant aux autres, je refuse de collaborer avec eux, car c'est une véritable «mafia» qui cherche à dicter sa loi. Je ne peux absolument pas travailler avec des gens comme ceux-là. Je préfère rester chez moi, quitte à emprunter de l'argent à mes amis, plutôt que d'avoir affaire à de pareils individus», précise-t-il.

Pour sa préférence particulière pour le rôle d'un jeune délinquant, Rafiq explique que «ce sont les metteurs en scène qui trouvent que j'ai le profil approprié pour incarner ce rôle. Mais en réalité, je me sens tout à fait à l'aise, en interprétant différents personnages issus du Maroc profond. Disons même que cela m'aide à m'épanouir davantage». Et d'ajouter : «Bien évidemment, je ne cherche nullement à me cantonner dans ces rôles. Pour preuve, j'ai campé, des personnages totalement différents dans des films comme «Zéro» et «Doumou' Alfidda» (Larmes d'argent).

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