Burkina Faso: Non-respect des textes par des sociétés minières - Il faut siffler la fin de la récréation

Le constat est des élus nationaux qui, à l'issue d'une mission d'information, ont présenté un rapport provisoire en séance plénière, le 22 mai dernier, à l'Assemblée nationale.

En effet, la plupart des compagnies minières qui exercent au Burkina Faso, ne respectent pas les textes. Non seulement elles s'opposent au payement de la contribution financière en matière d'eau, mais aussi elles rusent avec les textes qui stipulent qu'en matière de recrutement, la part belle doit être accordée aux nationaux.

Pour ce cas précis, s'il est vrai que des efforts sont faits dans le recrutement des bas niveaux, il en va autrement pour les cadres nationaux qui sont faiblement représentés au sein des différentes compagnies minières.

Et ce n'est pas tout. Pour ce qui concerne, par exemple, l'opérationnalisation du Fonds minier pour le développement local, le rapport des parlementaires fait état de plus de 52% de la somme totale due à l'Etat. Là aussi, il ressort que certaines mines traînent les pieds et en font à leur tête. Pour quelles raisons ?

Difficile d'y répondre, tant cela traduit un incivisme à nul autre pareil. Je comprends, dès lors, la petite colère du président de l'Assemblée nationale, Bala Sakandé, qui, face à ces manquements répétés, n'a pas manqué de hausser le ton.

« Le Burkina Faso n'est pas un Etat voyou. C'est un pays normal dirigé par des hommes normaux. Il faut que l'on se fasse respecter », a-t-il déclaré.

Au-delà des simples déclarations, je souhaite que les autorités aillent plus loin en bandant les muscles contre toutes ces sociétés minières qui se croient tout permis dans notre pays. S'il y a lieu de retirer la licence à certaines d'entre elles, il faut le faire.

Car, pour moi, la meilleure manière de respecter un pays où l'on fait des affaires, c'est de respecter ses lois. Pourquoi devrions-nous accepter que des gens viennent se foutre de nous ? Saurions-nous faire la même chose si on était chez eux ? On n'ose même pas l'imaginer.

J'attends des plus hautes autorités, des mesures fortes afin de secouer le cocotier

Il faut siffler la fin de la récréation pendant qu'il est encore temps. En fait, c'est maintenant que je comprends pourquoi certaines sociétés minières ont parfois maille à partir avec les populations locales. J'ai envie de dire que c'est le respect qui manque parfois le plus.

Or, sans le respect mutuel, l'on ne peut rien entreprendre de durable. Et mon souhait est que prennent fin les manquements dont se sont rendues coupables certaines sociétés minières. Je le dis sans être dupe parce que je connais aussi les connexions qu'il y a parfois entre nos dirigeants et certains responsables miniers.

Ce n'est pas moi qui le dis, mais les faits parlent d'eux-mêmes. Il suffit parfois de considérer les contrats signés avec certains miniers, pour se rendre compte que bien de nos dirigeants sont en intelligence avec certaines sociétés minières.

Je ne cite le nom de personne. Mais comme j'aime à le dire, que celui qui se sent morveux se mouche. En tout cas, pour autant qu'elles n'aient rien à se reprocher, j'attends des plus hautes autorités, des mesures fortes afin de secouer le cocotier.

C'est à ce prix que l'on pourra faire en sorte que l'exploitation de nos ressources naturelles profite à une grande partie des Burkinabè dont beaucoup, pour l'instant, se posent la question suivante : pour qui brille l'or de notre pays ?

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