Burkina Faso: Bonne gouvernance et assainissement des finances publiques - Le REN-LAC note une profonde déception au sommet de l'Etat

Le Réseau national de lutte anticorruption (REN-LAC) a tenu sa 20e assemblée générale ordinaire le jeudi 28 mai 2020 à Ouagadougou. Au-delà de l'exercice de redevabilité, cette session a enregistré le lancement du livre sur les 20 ans du REN-LAC et la proclamation suivie de la remise du prix de la lutte anti-corruption 2020 aux lauréats.

« Alors que l'approfondissement de la crise sécuritaire exige la bonne gouvernance et la transparence dans la gestion de la chose publique, nous assistons plutôt régulièrement à des scandales de malversations ou de détournements de deniers publics ».

Ainsi s'exprimait Sagado Nacanabo, secrétaire exécutif du Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC), à la clôture de la 20e assemblée générale du réseau, tenue le 28 mai dernier à Ouagadougou.

C'est dans ce sens qu'il relève une profonde déception de cette organisation de la société civile (OSC) de la gestion du régime du président Roch Marc Christian Kaboré, à quelques mois de la fin de son mandat.

C'est une déception en matière d'assainissement des finances publiques, de bonne gouvernance et d'exemplarité au sommet de l'Etat.

Pour confirmer cela, Sagado Nacanabo prend l'exemple, selon le PNDES, de l'indice de perception de la corruption de Transparency international qui devait passer de 38 points sur 100 en 2015 à 42 points en 2018, puis 60 points en 2020. Si en 2016 et 2017, dit-il, le Burkina Faso avait obtenu des indicateurs encourageants, en obtenant la note de 42 points, « l'on est au regret de constater une dégringolade depuis 2018 », fait-il savoir.

Tout en indiquant que le Burkina Faso a perdu un point en 2018 et un autre en 2019 pour se retrouver désormais avec une note de 40 points sur 100.

Dans cette situation, le secrétaire exécutif du REN-LAC relève que l'on est très loin des 60 points visés pour 2020. Avant de souligner que cela contribue à saper les efforts des acteurs de la lutte contre la corruption, de la presse, de la justice pour la transparence et la bonne gouvernance.

Le REN-LAC attend un traitement diligent du dossier Jean-Claude Bouda

Dans cette dynamique des efforts des uns et des autres, le REN-LAC se dit satisfait du dépôt, à la Maison d'arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO), de l'ancien ministre de la Défense et des Anciens combattants, Jean-Claude Bouda.

Concernant ce mandat de dépôt, le réseau considère cela comme une victoire d'étape et attend un traitement diligent du dossier par la Justice burkinabè. Ce fut donc une occasion pour le secrétaire exécutif, Sagado Nacanabo, de féliciter tous ceux qui ont contribué à l'aboutissement de ce résultat.

Tout en restant convaincu que c'est une synergie d'actions entre les différents acteurs qui permettra d'avoir un impact positif sur les actions de lutte anti-corruption.

Pour le réseau, sans une veille effective des populations, le phénomène de la corruption a encore de beaux jours devant lui. Et d'inviter les populations à maintenir le cap des dénonciations tout en développant des initiatives locales adaptées à leurs réalités.

Le REN-LAC ne manque pas de relever que les productions des journalistes sont d'un apport inestimable pour lui dans ses actions de lutte anti-corruption.

Cette 20e Assemblée générale ordinaire a donc permis au réseau de procéder à la délibération et la remise des prix de la lutte anti-corruption d'œuvres jugées de belles factures par le jury.

Le REN-LAC, qui a vu le jour en 2017, a également procédé au lancement du livre sur les 20 ans d'existence du réseau, intitulé « 20 ans d'existence : le réseau vous conte sa vie ». Un livre qui compte 144 pages divisées en 3 parties de 10 chapitres dans un style narratif personnifié.

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