Sénégal: Tivaoune - La culture du riz fait son entrée dans le département

La mise en place des intrants agricoles pour l'hivernage qui pointe à l'horizon dans le département de Tivaouane a réuni, hier, producteurs, opérateurs, élus locaux, autorités administratives et chefs de service dans un Comité départemental de développement à la préfecture. La nouveauté cette année, c'est la culture du riz qui fait son entrée dans le département.

Avec les cultures habituelles, telles que le mil, le maïs, l'arachide, le manioc et les produits horticoles, il faudra désormais compter avec la riziculture dans de département de Tivaoune. La culture du riz sera la grande innovation de cette campagne agricole. « Dans notre département, l'introduction de la culture du riz, variété Nerica, pour deux tonnes de semences, constitue la principale innovation », soutient Abdou Aziz Diop, chef du Service départemental du développement rural. Cette introduction du riz s'explique, selon lui, par le fait que la campagne agricole de cette année a pour objectif d'assurer une sécurité alimentaire et nutritionnelle aux populations dans un contexte économique difficile de Covid-19. La mise en place des intrants agricoles réunissait, hier, les producteurs, les opérateurs, les collectivités territoriales, les autorités administratives et les chefs de service dans un Comité départemental de développement à la préfecture. Au cours des débats, les producteurs se sont félicités de l'augmentation de l'enveloppe destinée à la campagne agricole à l'échelle nationale par le Chef de l'État qui l'a portée à 60 milliards de FCfa.

Selon le président national de l'Interprofession Manioc, Assane Ndiaye, nul doute que le département de Tivaouane va voir aussi son enveloppe revue à la hausse pour cette campagne agricole. « C'est important, car avec la Covid-19, le retour à la terre de beaucoup de candidats à l'exode rural est une réalité à intégrer dans les estimations des intrants afin de ne pas les laisser en rade », plaide-t-il. À titre indicatif, le président national des Opérateurs-stockeurs, Modou Fall, confie que les localités de Mbayène, Ngagne Diouf, Méouane, Taîba Ndiaye, Koul, Thilmakha, Niakhène, Tivaouane, Pire sont en train d'être servies en semences depuis plus d'une semaine. Pour Pambal, Pékesse, Mont-Rolland, Chérif Lô, Mékhé, Mboro et une poche à Darou Khoudoss, l'opérateur affirme que leurs semences arriveront au plus tard la semaine prochaine.

Le chef du Service départemental du développement rural, Abdou Aziz Diop, a fait le bilan de la précédente campagne agricole. Il a donné, à titre indicatif, quelques statistiques pour montrer que malgré un léger retard de la mise en place de l'engrais et une pause pluviométrique de 23 jours au démarrage de l'hivernage, la campagne agricole précédente s'est bien déroulée. « Pour l'arachide, le département a récolté 24 350 tonnes pour un rendement de 800 kilogrammes à l'hectare. Dans ce lot, 911 tonnes vendues aux huileries ont rapporté 186 776.940 FCfa », a révèle-t-il. Diop indique que sur 41 000 hectares emblavés de manioc, une spéculation phare dans la zone, 410 000 tonnes ont été récoltées, soit un rendement de 10 tonnes à l'hectare. « Malgré le choc hydrique énoncé plus haut, le maïs, le sorgho, le mil et le Niébé ont eu à bien se comporter », déclare-t-il.

Au vu des prévisions météorologies pour la campagne agricole entamée qui accréditent d'un hivernage pluvieux pour la zone englobant le département de Tivaouane, Abdou Aziz Diop recommande une mise en place hâtive des intrants et le renforcement de la sécurité au niveau des Comités de supervision, de contrôle et de suivi installés dans chaque commune. « Cela va aider à une remontée efficace des données », dit-il.

Des producteurs dénoncent la destruction massive des manguiers et autres agrumes

Le département de Tivaouane étant aussi une zone d'arboriculture, plusieurs producteurs ont dénoncé la destruction massive des manguiers et autres agrumes à cause des feux de brousse et de la pollution. Face à ce désastre économique et social qui profile déjà à l'horizon, Makha Fall alerte. « Si des mesures énergiques ne sont pas prise, d'ici cinq ans au maximum, on ne parlera plus de production de mangues dans notre département», assure-t-il. C'est pourquoi les producteurs préconisent l'organisation d'une mission conjointe avec tous les acteurs concernés pour diagnostiquer ensemble, et en toute transparence, les origines réelles de la pollution de l'environnement et prendre des mesures hardies pour juguler le mal.

Plus de: Le Soleil

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