Sénégal: Escroquerie - Aïda Diop condamnée à six mois assortis du sursis

Le Tribunal de grande instance de Dakar a condamné, hier, Aïda Diop à six mois assortis du sursis. Elle était poursuivie pour abus de confiance et escroquerie portant sur la somme de 1.300.000 Fcfa au préjudice de Marie Guèye. Elle devra payer 1.400.000 Fcfa à la partie civile.

La dame Aïda Diop peut s'estimée chanceuse. Le tribunal des flagrants délits lui a infligé une peine de six mois assortie du sursis. Elle était attraite à la barre pour abus de confiance et escroquerie portant sur la somme de 1.300.000 Fcfa au préjudice de Marie Guèye. À la barre, la plaignante, Marie Guèye, est revenue sur les faits qui remontent au 11 mai dernier. Selon elle, la prévenue, une voisine de pallier, lui aurait proposé un magasin en location. Cependant, la dame l'aurait signifié que pour prendre ledit magasin, il faut acheter le matériel qui s'y trouvait. «Au total, elle m'a demandé de verser une somme de 2.100.000 FCfa, soit un 1.800.000 FCfa pour le matériel et 300.000 FCfa pour le loyer.

Jugeant le montant exorbitant, je m'en suis ouverte à mon mari. Avec ce dernier, nous sommes tombés d'accord sur la somme de 1.300.000 FCfa pour le matériel et 300.000 pour le loyer. C'est séance tenante que mon époux lui a versé la somme d'un million trois cent mille FCfa. Deux jours plus tard, elle revient nous dire que la location du magasin est passée de 100.000 à 130.000 FCfa le mois. Je lui ai demandé de me remettre la somme déjà encaissée, elle a refusé sous prétexte que sa patronne aurait utilisé l'argent», a expliqué Marie Guèye. Aussi, c'est lorsque son mari s'est rendu à l'agence pour finaliser le contrat que le gérant lui a informé que le magasin devait des arriérés de loyer à l'agence. Pour étayer l'escroquerie, la plaignante a aussi soutenu que la bonne dame lui aurait fait croire que lui magasin appartenait. «C'est au moment de la signature du contrat que j'ai su qu'elle était une intermédiaire», a encore déclaré Marie Guèye.

Sous-traitance dénoncée

Assurant la défense de la partie civile, Me Alioune Badara Fall a soutenu que le délit d'escroquerie ne souffre d'aucun doute. Selon lui, la prévenue, sachant qu'elle n'est propriétaire ni du magasin encore moins des meubles, ne devait pas accepter d'encaisser 1.300.000 FCfa. «Le fait de prendre 300.000 FCfa en guise de commission atteste son intention de soutirer de l'argent à ma cliente. Je souhaite qu'elle soit déclarée coupable et condamnée à une peine dissuasive. Pour la réparation du préjudice subi, je réclame 2 millions de FCfa », a plaidé l'avocat.

Le procureur a déclaré que les faits sont constants et qu'il faut appliquer la loi dans sa rigueur. Pour sauver sa peau, la prévenue a déclaré que Marie Guèye qui est une voisine, était à la recherche d'un magasin et elle lui a proposé un magasin avec des meubles. Intéressée, elle l'y conduit pour discuter du prix des meubles fixé à 1.800.000 FCfa. Ne pouvant pas payer tous les bagages, elle en a choisi 4 meubles, 3 étagères, 1 porte et des miroirs à 1.300.000 FCfa. Après le versement, elle a remis la somme de 1.200.000 FCfa à sa patronne et pris 100.000 FCfa pour sa commission. Toutefois, elle a soutenu avoir précisé au couple que le loyer pouvait être revu à la hausse à tout moment.

Cette proposition a été acceptée par Marie Gueye, d'après la prévenue. À l'en croire, la partie civile aurait même soutenu qu'elle pouvait payer jusqu'à 200.000 FCfa le mois soulignant que le magasin se trouve non loin de chez-elle. «La remise des 1.300.000 Fcfa a été faite suite à un accord. C'est quand ils sont allés à l'agence que le gérant a augmenté le loyer et les a informés que l'ancien utilisateur doit des arriérés de loyer à l'agence. Il n'y a aucune manœuvre frauduleuse de la part de ma cliente. C'est de bonne foi qu'elle a voulu aider une voisine dans le besoin. Comment peut-elle être poursuivie pour d'escroquerie ? Certes elle a fauté, mais elle n'a commis aucun délit. Je demande qu'elle soit relaxée », a plaidé l'avocat de la défense.

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