Sénégal: N. M. Fall, accusée d'avoir ébouillanté 3 membres de sa belle-famille - «Elles voulaient me tuer, je suis auto-confinée depuis 2014»

Après plusieurs renvois, l'affaire N.M. Fall, du nom d'une dame de 35 ans, accusée d'avoir ébouillanté trois membres de sa belle-famille à la Gueule-Tapée, le 19 avril dernier, a été jugée hier par le Tribunal des flagrants délits de Dakar. Selon la prévenue, attaquée par les parties civiles avec un couteau, elle s'est défendu en leur versant de l'eau chaude destinée à son bain. Les plaignantes ont réclamé 200 millions de FCfa.

Tout est parti d'une altercation entre la domestique de la dame N.M. Fall et des membres de sa belle-famille. L'employée de maison, la 23ème engagée par la dame, s'était alors rendue auprès de quatre brigades de gendarmerie et commissariats de Police pour déposer une plainte contre les belles-filles de sa patronne. Mai, à cause du contexte de Covid-19, sa déposition n'a pas été prise, dit N.M. Fall. Le lendemain de cette altercation, le 19 avril dernier, vers 20 h, alors que A. Ndoye, O. Ndoye et N.F. Sylla étaient autour du bol du dîner, elle leur a versé de l'eau chaude. Face aux juges, la prévenue s'est défendue : « Elles me rendent la vie difficile depuis que j'ai rejoint le domicile conjugal. Je me suis confinée depuis 2014 parce qu'elles sont belliqueuses et bagarreuses ».

À l'en croire, lorsque N.F. Sylla a servi le dîner, A. Ndoye, qui avait un couteau, s'est dirigée vers elle. Pour se défendre, elle lui a versé a pris l'eau qu'elle chauffait dans son salon pour son bain et ceux de ses deux enfants. Les autres ont été touchées par inadvertance, selon M.N. Fall.

Dans sa version, A. Ndoye a expliqué que le jour des faits, vers 19 h, sa nièce l'a appelée pour manger. Soudain, elle a entendu sa sœur crier « Amy, elle va te tuer ». C'est alors qu'a reçu un jet d'eau chaude de sa belle-soeur qui avait entrouvert la porte de son salon. D'une voix tremblante, O. Ndoye confirme les propos de sa sœur.

« À l'école Amy s'attaquait aux professeurs... »

N.F. Sylla était devant la porte de l'appartement de son grand-père quand elle a senti l'eau. Invitée à s'expliquer, la prévenue a lancé : « Je ne voyais que ma mort. Le gaz butane n'était pas éteint. Je venais de prier le "guéwé". Le dîner était un prétexte pour entrer dans ma chambre. Amy a dit qu'elle allait me tuer ». Quand il a entendu leurs cris, son mari est accouru. Ils étaient 13 à se ruer sur elle. La prévenue s'est donc enfermée à double tour. « Si c'était à refaire, je ne le referais pas. J'ai fait du karaté, je peux me défendre, c'est comme ça que j'ai pu faire tomber le couteau que tenait Amy », a dit N.M. Fall. El. H. Sène, époux d'O. Ndoye, a confirmé les propos des plaignantes.

I. Ndoye, mari de la prévenue, en larmes, s'est rangé du côté de son épouse : « j'ai bâti ma maison depuis 1962. Amy est ma fille cadette. Je l'aime, mais elle me fatigue beaucoup. Elle est insupportable. J'ai tout fait pour l'amener à la raison, en vain. À l'école, elle s'attaquait aux professeurs. Je lui ai trouvé du travail, elle s'attaquait à son Directeur ».

La belle-famille réclame 200 millions de FCfa

Pour la partie civile, les certificats médicaux avec des Incapacités temporaires de travail (Itt) de 21 jours ne laissent place à aucun doute sur la véracité des faits. L'acte a été prémédité, selon leurs avocats. A. Ndoye, qui était admise en réanimation, était entre la vie et la mort. « La prévenue qui n'a manifesté aucun regret est nuisible pour la société. Elle s'est permise de dire qu'A. Ndoye se saoule et viole le couvre-feu au lieu de s'amender », a dénoncé la partie civile. Les plaignantes réclament 200 millions de FCfa en guise de réparation.

Après avoir noté plusieurs incohérences dans la version de la prévenue, le ministère public a retenu que l'eau chaude n'a jamais été versée dans l'appartement de la prévenue. Si c'était le cas, N.M. Fall n'aurait jamais pu rejoindre son appartement indemne. Les blessures au cou, au dos et aux reins signifient que les victimes ne faisaient pas face à la prévenue, estime le Parque qui a retenu la préméditation, avant de requérir trois ans ferme.

La défense plaide l'excuse de provocation

De son côté, la défense a invoqué l'excuse de provocation et estimé que sa cliente a été agressée dans son salon. Le mari I. Ndoye a dit avoir trouvé un couteau sur le canapé. L'eau sur laquelle il a glissé a bien pu ruisseler jusqu'à l'extérieur de l'appartement. Par ailleurs, A. Ndoye n'a jamais été en réanimation, ont dit les conseils. Leur cliente ne s'est pas brûlée parce qu'elle ne tenait pas un bol, mais une bouilloire. « Comment à leur âge, mariées, continuent-elles de vivre chez leur père et de l'empêcher de vivre », s'est étonnée la défense.

Au vu de tous ces éléments, la défense a demandé la relaxe pour légitime défense ou sur la base de l'excuse de provocation.

Au-delà du volet judiciaire, il faut aider la famille Ndoye à se retrouver en appliquant une peine assortie du sursis, a-t-elle encore souligné. Le délibéré sera rendu le 3 juin.

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