Afrique: Coronavirus - L'Afrique face à la pandémie le vendredi 29 mai

Selon le CDC, le Centre de prévention des maladies de l'Union africaine, le continent recensait ce samedi 129 565 cas de Covid-19, et 3 790 décès dus à la maladie. L'Afrique du Sud et l'Egypte sont toujours les deux plays les plus touchés par la pandémie.

L'Algérie poursuit son confinement jusqu'au 13 juin

Le gouvernement algérien a prolongé jeudi 28 mai ses strictes mesures de confinement dans la presque totalité du pays jusqu'au 13 juin, en exhortant la population à « poursuivre sa mobilisation citoyenne » afin d'enrayer la pandémie de Covid-19 qui a fait 630 morts. « Le gouvernement a décidé de maintenir le confinement partiel à domicile jusqu'au 13 juin prochain » dans 44 des 48 wilayas (préfectures) d'Algérie, selon un communiqué des services du Premier ministre. Le confinement est en revanche totalement levé dans les quatre autres préfectures, dont trois dans l'extrême sud désertique du pays, précise le communiqué.

Les mesures de confinement se traduisent par un couvre-feu de 17h00 à 07h00 (16h00-06h00 TU) dans les neuf wilayas les plus touchées, dont Alger et Oran, et de 14h00 à 07h00 dans les autres. Le port du masque sanitaire est obligatoire depuis dimanche et les contrevenants sont condamnés à de fortes amendes. Selon le Comité scientifique de suivi de l'évolution de la pandémie, 9 000 cas de contamination ont été officiellement recensés en Algérie, dont 630 décès, depuis l'enregistrement du premier cas le 25 février.

Au Cameroun, guerre des chefs autour de la lutte contre le Covid-19

Maurice Kamto, le principal opposant à l'indéboulonnable Paul Biya, au pouvoir depuis 37 ans, continue de contester les résultats de l'élection de 2018. Et c'est la lutte contre la pandémie qui est au centre de nouvelles luttes entre les deux rivaux.

Fin mars, Maurice Kamto lancait un ultimatum au chef de l'Etat, exigeant qu'il s'adresse aux Camerounais avant sept jours après des semaines de silence. « Dans le contexte actuel d'un grave danger pour la nation, son silence n'est pas seulement irresponsable, il devient criminel », taclait alors l'opposant.

Trois semaines plus tard, il annonce même avoir lancé un processus pour faire constater la vacance du pouvoir. Dans la foulée, Maurice Kamto lance une opération baptisée Survie-Cameroon Survival Initiative (SCSI) de collecte de fonds pour la lutte contre le coronavirus. Dès lors, le pouvoir fait tout pour empêcher l'initiative. Depuis début mai, une dizaine de bénévoles de SCSI ont été interpellés parce qu'ils distribuaient, « illégalement » selon la police, des masques et du gel hydroalcoolique.

Le pouvoir avait déjà empêché la collecte de fonds qualifiée aussi « d'illégale » en ordonnant fin avril aux opérateurs de téléphonie mobile de fermer les comptes récepteurs des dons. Et la police judiciaire a ouvert une enquête notamment pour blanchiment d'argent visant deux proches de Maurice Kamto responsables de SCSI. « Le parti au pouvoir au Cameroun utilise la pandémie pour régler des comptes et sanctionner l'opposition », dénonce alors l'organisation internationale Human Rights Watch (HRW). Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto « mène des actions confuses qui le mettent dans le piège de la politisation » de la lutte contre le coronavirus, argumente un responsable du parti au pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), Jean-Baptiste Atemengue.

D'autres partis d'opposition ont lancé des actions contre le coronavirus, sans être ciblés par le pouvoir. Après plus de deux mois de silence, Paul Biya s'est finalement adressé à son peuple dans un discours télévisé le 19 mai, appelant à « l'union sacrée » face au coronavirus.

Le Cameroun est le pays d'Afrique centrale le plus touché par la pandémie avec 5 436 officiellement détectés et 175 décès. Le gouvernement a décidé d'alléger les mesures de restrictions concernant la fermeture des frontières, des restaurants et bars, et les écoles doivent également rouvrir ce lundi 2 juin.

Le Sénégal prolonge l'état d'urgence

Au Sénégal, l'état d'urgence prolongé de 30 jours, jusqu'au 2 juillet. Décrété le 23 mars par le président Macky Sall dans le cadre de la lutte contre la pandémie de coronavirus, il avait déjà été prorogé le 3 avril, puis le 2 mai.

Le président namibien pris en « flagrant délit » de non respect du confinement

Hage Geingob a confessé jeudi 28 mai avoir payé une amende pour avoir violé, lors d'une cérémonie pour le 60e anniversaire de son parti, les règles du confinement imposées au pays contre la pandémie de coronavirus. « Nous avons célébré une date importante, le 60e anniversaire de la Swapo (parti au pouvoir). Nous n'étions que dix responsables, mais il y avait d'autres personnes », a dit Hage Geingob lors d'une conférence de presse. « Comme nous avons été pris en flagrant délit de faute, nous avons reconnu les faits et nous avons payé », a-t-il ajouté.

La loi namibienne prévoit des amendes d'un montant de 2 000 dollars namibiens (105 euros) pour toute violation des mesures mises en place pour ralentir la propagation du Covid-19. La Namibie a recensé à ce jour 22 cas d'infection au Covid-19, dont aucun mortel.

Une députée de l'opposition zimbabwéenne accuse la police de l'avoir torturée

Trois jeunes militantes zimbabwéennes de l'opposition qui accusent la police de les avoir torturées ont été inculpées d'incitation à « la violence sur la voie publique » et remises jeudi en liberté conditionnelle, a rapporté une ONG.

La députée Joanna Mamombe et deux autres membres du Mouvement pour un changement démocratique (MDC), Netsai Marova et Cecilia Chimbiri, avaient disparu le 13 mai à Harare lors d'une manifestation organisée par leur formation pour dénoncer les les difficultés de nombreuses familles qui peinent à manger à leur faim depuis l'instauration fin mars du confinement. Deux jours plus tard, elles avaient été retrouvées grièvement blessées en bordure d'une route des faubourgs de la capitale. Le MDC accuse, sur la foi de leurs témoignages, la police de les avoir arrêtées, frappées et torturées, ce que les forces de sécurité nient catégoriquement.

Le chef du MDC, Nelson Chamisa, a affirmé que les trois militantes avaient été sévèrement battues et harcelées sexuellement. Elles sont actuellement hospitalisées.

Au Sénégal, la compagnie Transair navigue à vue pour sauver sa peau

Alors que le gouvernement a annoncé jeudi prolonger jusqu'au 30 juin la suspension de tous les vols au départ ou à destination du Sénégal, la compagnie TransAir « ne sait pas où elle va ». Depuis le 20 mars, tous les vols ont été suspendus en provenance ou à destination du Sénégal. Pour entretenir sa flotte de six appareils, Transair organise un vol à vide par semaine, qui lui coûte 1 000 euros par heure rien qu'en carburant.

Au niveau mondial, l'Association internationale du transport aérien (Iata) a chiffré à 314 milliards de dollars (286 milliards d'euros) l'impact de la pandémie sur le chiffre d'affaires des compagnies aériennes en 2020, soit une chute de 55% par rapport à 2019 et le transport aérien ne devrait pas retrouver son niveau de trafic d'avant-pandémie avant 2023, selon l'association.

Pour réduire l'impact de la crise, le gouvernement sénégalais a débloqué 77 milliards de francs CFA (115 million d'euros) en faveur du tourisme et des transports aériens, dont 45 milliards de CFA (67,5 millions d'euros) pour Air Sénégal.

Compagnie privée, Transair devrait bénéficier d'un petit coup de pouce, dont des prêts à taux préférentiels et un report du paiement de la TVA. Alioune Fall, le patron de la compagnie, n'a procédé à aucun licenciement mais il se demande s'il pourra verser les salaires de ses 104 employés et évoque un « risque de faillite ». « Les entreprises vont rogner sur les budgets de déplacement et le tourisme va se contracter de manière terrible. Si les compagnies ne réduisent pas la voilure et ne taillent pas dans les coûts, elles risquent de disparaître », juge-t-il. Le Sénégal, comme les autres pays du continent, reste relativement épargné par la pandémie. Il a déclaré plus de 3 300 cas, dont 41 décès, depuis le 2 mars.

La CAF va décaisser 10,8 millions de dollars

Alors que le football africain est au plus mal avec l'arrêt des championnats, la Confédération africaine de football a annoncé sur son site internet le décaissement de https://fr.cafonline.com/news-center/news/la-caf-accelere-le-decaissement-de-l-aide-financiere-destinee-aux-associations-m)" target="_blank">près de 10,8 millions de dollars à ses 54 associations membres.

« En raison de la propagation rapide de la Covid-19, les AMs africaines ont suspendu toutes les compétitions nationales, ce qui a accru le poids des charges financières sur leurs épaules. La CAF a donc décidé de modifier les conditions d'éligibilité pour accéder aux subventions annuelles, afin que toutes les AMs puissent en bénéficier pendant cette période difficile », a déclaré le président de la CAF, Ahmad Ahmad.

Dans de nombreux pays, les footballeurs ne sont plus payés par leurs fédérations alors même que la FIFA avait promis, le 24 avril dernier 140 millions d'euros pour ses 211 fédérations. Une somme qui n'est toujours pas parvenue dans plusieurs pays du continent.

Plus de: RFI

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