Cote d'Ivoire: Mis en chômage technique pour cause de COVID-19 - Le personnel de Sofitel Hôtel Ivoire crie à la trahison

Le personnel de Sofitel Hôtel Ivoire grogne depuis que la Direction de cette société hôtelière a décidé de mettre une partie de son personnel en chômage technique pour raison de crise du COVID-19. Selon nos informations données par notre source, la décision aurait été notifiée au personnel et aux représentants syndicaux de l'hôtel, le 18 mars 2020, au cours d'une réunion convoquée en urgence, par le directeur général, Thierry de Jahm.

Celui-ci aurait réuni l'ensemble du personnel au palais du Congrès et leur aurait annoncé que « face à la situation de la crise de COVID-19 » ; « il décidait un chômage technique d'une partie du personnel » selon un système de rotation. Cependant, il aurait tenu à rassurer « le personnel que les salaires seraient payés en intégralité sur la durée de « mars à juin ». Il aurait ajouté qu'après juin ; « il y aurait d'autres mesures si la crise perdurait ». C'est donc rassurés que les travailleurs et la Direction de l'Hôtel se seraient séparés, ce jour-là. Mais à leur grande surprise, selon notre informateur, « le 7 avril 2020, en pleine crise sanitaire, le directeur général appelle les représentants syndicaux pour leur annoncer qu'il ne pourrait pas respecter la première décision et que finalement il payerait 50% du salaire brut » révèlent nos sources. Une attitude que les responsables syndicaux auraient condamnée car pour eux, « c'est une stratégie pour ruser avec le personnel ».

En réponse, à l'issue d'une réunion de la coalition des syndicats, la proposition aurait été faite au directeur général « de payer la totalité des salaires comme convenu. Ce qu'il aurait refusé, rejetant en plus l'assistance des Centrales syndicales dans la discussion avec le Syndicat libre des travailleurs de l'Hôtel Ivoire (Sylithiv) et le Syndicat national des travailleurs des industries hôtelières (Syntih-ci). La rupture de confiance entre la Direction générale de Sofitel Hôtel Ivoire et le personnel a conduit le dernier à solliciter la directrice générale de la Société des palaces de Cocody (Sdpci), l'entreprise-mère, Mme Diarrassouba Maférima. Une première rencontre aurait eu lieu le 16 avril au cours de laquelle les syndicats auraient réitéré la revendication du personnel de voir les salaires payés en intégralité.

A l'entame de la séance, elle aurait proposé de se revoir à une autre date pour une contreproposition. Les négociations reprennent donc le 24 avril où il lui a été soumis d'autres propositions, notamment « payer entièrement les salaires d'avril, et pour ceux qui étaient en chômage technique, de retirer les indemnités de transport et les primes de ceux qui en bénéficiaient ». A cela, la directrice de la Sdpci a répondu par courrier No DG/DM/DARH/PH05-20 du 13 mai 2020 « (…) Nous nous sommes accordés, au cours des échanges, sur les points suivants : paiement de 50% des salaires des employés mis en chômage technique pour le mois d'avril ; paiement de 50% des mois à venir avec possibilité de paiement d'un appui complémentaire ou de la totalité, à la seule condition d'une aide financière du gouvernement » a-t-elle indiqué avant d'ajouter « cependant, force est de constater qu'à ce jour, aucun appui financier ne nous a été accordé par l'Etat ».

Le personnel se voit donc mis devant les faits accomplis et aucune solution ne semble pointer à l'horizon. « Nous sommes une entreprise qui produit. Mais nous ne comprenons pas que le personnel soit mis en chômage technique et payé à 50% de son salaire dès la première alerte d'une crise sanitaire.. Dommage ! » a regretté un travailleur que nous avons rencontré sur place. Pour un souci d'équilibrer l'information, nous avons maintes fois tenté de joindre la Direction générale en vain. Finalement nous avons joint le Drh de la Sdpc, M. Prégnon qui nous a juste répondu « Ce n'est pas vrai. Je ne sais pas d'où vous tenez vos informations, mais ce n'est pas vrai. Moi-même, c'est vous qui m'apprenez cela ».

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