Maroc: L'OMDH rend hommage à l'un de ses fondateurs

Amina Bouayach salue la mémoire d'un homme exceptionnel et universaliste

Mustapha Iraqi: Abderrahmane El Youssoufi fut un grand militant des droits de l'Homme non pas au Maroc, mais dans le monde

Feu Abderrahmane El Youssoufi est un fervent défenseur des libertés et des droits de l'Homme. Il a consacré toute sa vie à la défense de cette noble cause.

Dans ses mémoires, il a relaté comment il a pris part à la création de l'Union des avocats arabes, « cette institution reconnue par l'ONU », qui introduisit les droits de l'Homme et la démocratie dans le référentiel des sociétés arabes.

Abderrahmane El Youssoufi a également contribué à la création de l'Organisation arabe des droits de l'Homme au début des années quatre-vingt du siècle dernier, avec un groupe de penseurs et de militants arabes. « Les premières réunions préparatoires ont eu lieu dans la ville de Limassol sur l'île de Chypre, en raison de l'impossibilité de traiter de la question des droits de l'Homme dans le monde arabe. Le Congrès constitutif s'est tenu à Khartoum, au Soudan, après que le président soudanais, Siwar Al-Dahab, a cédé le pouvoir en 1986 au gouvernement de Sadiq Al-Mahdi, lequel a été le fruit de véritables compromis populaires et politiques », a écrit Abderrahmane El Youssoufi dans ses mémoires.

Le regretté a été, sa vie durant, l'avocat des causes nobles. Il a défendu les militants palestiniens devant les tribunaux européens, à la demande de l'Organisation de libération de la Palestine ou de l'une ou l'autre des organisations palestiniennes et il a siégé à la Cour internationale contre les crimes commis au Vietnam durant les années 1960. Cette Cour a été créée sur proposition du philosophe britannique Bertrand Russell et avec le soutien du philosophe français Jean-Paul Sartre.

Pour Amina Bouayach, présidente du CNDH, l'histoire d'Abderrahmane El Youssoufi est celle d'un homme qui a su concilier son action politique avec la défense des droits de l'Homme aussi bien au Maroc qu'au niveau régional et international.

« Si Abderrahmane que j'ai côtoyé pendant des années, s'était distingué durant toute sa vie par son aura, sa présence, sa crédibilité et sa persévérance dans la défense des questions des droits de l'Homme », a indiqué Amina Bouayach dans une déclaration à Libé.

« C'était un homme exceptionnel et universaliste. Il a fait des droits des femmes l'une de ses priorités aussi bien dans ses discours que dans ses actions. Et étant donné son expérience internationale, Si Abderrahmane a joué un rôle important dans la création d'une ONG marocaine, indépendante des partis politiques et des autorités, et consacrée au monotoring des droits de l'Homme. Il s'agit de l'OMDH qui rassemblait des personnalités de différentes sensibilités », a souligné Amina Bouayach qui a occupé la présidence de cette ONG entre 2006 et 2015.

Quand Abderrahmane El Youssoufi a été nommé Premier ministre du gouvernement de l'Alternance consensuelle en 1998, il a pris plusieurs décisions qui montrent, selon Anima Bouayach, son attachement à la culture des droits de l'Homme, comme la création de l'instance d'arbitrage en vue de déterminer l'indemnisation des victimes des années de plomb, le retour à leurs postes des syndicalistes licenciés durant les années 80 et 90 pour des raisons politiques, l'octroi aux organisations des droits de l'Homme le statut d'intérêt public.

Mustapha Iraki, membre de l'OMDH et journaliste spécialiste des questions des droits de l'Homme a, quant à lui, déploré la perte d'un grand militant des droits de l'Homme non pas au Maroc, mais dans le monde. Il a ,en effet, fondé un comité des droits de l'Homme au début des années 70 du siècle passé dont l'objectif était de défendre les prisonniers politiques, non pas seulement de l'USFP, mais de toutes les autres formations de la gauche marocaine.

Il a aussi pris part à la création de l'Association marocaine des droits de l'Homme en 1978 et l'Organisation marocaine des droits de l'Homme en 1988. « Il a toujours exhorté l'Etat marocain à approuver les conventions internationales en matière de droits de l'Homme », a souligné Mustapha Iraki dans une déclaration à Libé.

A signaler dans ce même cadre que l'OMDH a rendu un grand hommage à Abderrahmane El Youssoufi qui fut « parmi les personnalités nationales des droits de l'Homme qui avaient pris part à la création de l'OMDH le 10 décembre 1988. Il faisait également partie des personnalités distinguées au niveau régional et international dans le domaine des droits de l'Homme, car il était l'un des fondateurs de l'Organisation arabe des droits de l'Homme », a souligné un communiqué de cette ONG.

« Dans son exil, il était proche d'exilés marocains, ainsi que de victimes de graves violations des droits de l'Homme, et il était l'avocat des causes justes au Maghreb et dans le reste du monde. Il a dirigé l'expérience du gouvernement de l'Alternance consensuelle et a contribué à la réalisation de nombreux acquis pour les fonctionnaires de l'Education nationale et de la Santé et les victimes de graves violations des droits de l'Homme. Bref, il était toujours un fervent défenseur des droits de l'Homme », a souligné le communiqué de l'OMDH.

A La Une: Maroc

Plus de: Libération

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.