Ile Maurice: Plan de sauvetage de la BoM - Rs 140 milliards injectées dans le circuit monétaire

Face à la pression médiatique et celle des spécialistes, la Banque de Maurice (BoM) a finalement décidé de réagir. Son gouverneur, Harvesh Seegolam, est monté au créneau pour s'expliquer sur l'origine des Rs 60 milliards. Mais aussi sur le financement de la Mauritius Investment Corporation (MIC) qui disposera au final d'un fonds de USD 2 milliards (Rs 80 milliards) puisés des réserves officielles de la BoM. Au total : c'est un montant de Rs 140 milliards qui entrera dans le circuit monétaire.

Ainsi, la contribution exceptionnelle de Rs 60 milliards, à être accordée au ministère des Finances pour soutenir ses mesures fiscales et sauver l'économie, proviendra des marchés des capitaux. Pour cause, la BoM émettra des instruments financiers, soit des BoM Bills à hauteur de Rs 60 milliards. Selon le gouverneur, il y a suffisamment de liquidités sur le marché pour lever un tel montant. Soit Rs 30 milliards recensées officiellement comme excès de liquidités par la Banque de Maurice et la différence viendra probablement des dépôts des banques commerciales.

Pour le moment, la BoM n'a pas précisé le calendrier entourant l'émission de ses instruments financiers, plus particulièrement sur le taux auquel elle rémunérera les institutions financières pour ses BoM Bills. Toutefois, certains spécialistes se demandent pourquoi l'État n'est pas intervenu directement sur les marchés des capitaux pour lever ce fonds, laissant cette opération à la BoM. «Est-ce pour ne pas alourdir le niveau de la dette publique du gouvernement ?» clament-ils.

Pour l'économiste Eric Ng, s'il trouve positif que la BoM épongera les Rs 30 milliards d'excès de liquidités par le biais de cette mesure, il note cependant «qu'il y aura un effet d'éviction en ce sens que les banques manqueront d'épargne privée pour prêter directement aux entreprises privées». Et d'exprimer ses craintes selon lesquelles cette émission de titres reste hautement inflationniste. Et cela, dans la mesure où les Rs 60 milliards absorbées par la BoM retourneront dans le circuit monétaire via le gouvernement.

Reste la MIC qui deviendra une filiale de la BoM. Elle financera des entreprises lourdement affectées par l'effet économique du Covid-19, dont celles opérant dans le textile et le tourisme. Des secteurs qui, selon le gouverneur, sont susceptibles de constituer une menace à la stabilité financière. Eric Ng constate toutefois que la BoM dispose seulement de Rs 70 milliards de cash en devises étrangères dans ses réserves officielles, ce qui laisse penser qu'elle devra vendre ses actifs financiers étrangers pour accorder 2 milliards de dollars à la MIC.

Plus de: L'Express

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