Kenya: Une activiste pour les jeunes dans la lutte antitabac au Kenya

Nairobi — Bien plus tôt dans sa vie, Martha Kombe, aujourd'hui âgée de 24 ans, a vu un de ses proches lutter contre le cancer du poumon et perdre. Depuis lors, elle a fait le vœu d'aider les gens à éviter l'agonie qui accompagne une maladie aussi douloureuse.

Cette promesse a grandement influencé le parcours de Mme Kombe. Elle souligne que la récente ratification par le Kenya du protocole visant à éliminer le commerce illicite des produits du tabac a été un moment clé. Bien qu'elle n'ait pas été directement impliquée dans la dernière réalisation de son pays, son groupe de jeunes Den of Hope Youth Group a mené une campagne sans relâche contre le tabagisme. « Je suis reconnaissante d'être associée aux parties prenantes de cette étape exceptionnelle », dit-elle.

Dans une récente vidéo sur YouTube, la jeune militante de la lutte antitabac, portant une casquette de baseball et des lunettes à monture marron, explique en 50 secondes pourquoi les gens devraient arrêter de fumer.

Son discours est clair et réfléchi : « Vous vous demandez peut-être pourquoi nous plaidons en faveur de la lutte antitabac », demande-t-elle avant d'expliquer l'effet du tabac sur les poumons, soulignant également les risques supplémentaires que le tabagisme pose compte tenu de la pandémie de COVID-19.

Le groupe Den of Hope Youth Group est étroitement impliqué dans les campagnes antitabac destinées aux jeunes. « Ce sont les plus vulnérables et, malheureusement, les cibles des industries du tabac », explique-t-elle.

Le groupe utilise diverses méthodes pour diffuser leurs messages, en passant par des campagnes sur les réseaux sociaux, la participation à des forums et des débats publics, la signature de lettres ouvertes aux décideurs politiques et en offrant des conseils entre camarades.

« Je pense que nous ne pouvons pas nous tromper en impliquant les jeunes de manière significative par des canaux innovants », explique MS Kombe. « Nous connaissons nos propres problèmes. Si nous sommes impliqués et qu'on nous montre la voie, nous pouvons trouver nos solutions... »

Le financement est limité, provenant principalement de dons occasionnels et de la mobilisation de ressources locales. Le groupe de jeunes amplifie son message avec le soutien de l'Alliance kenyane pour la lutte antitabac (en anglais 'Kenya Tobacco Control Alliance'), qui rassemble des organisations de la société civile prônant la lutte antitabac et permet à ces organisations de parler d'une seule voix.

Lors des foires locales, les défenseurs de la lutte antitabac éduquent le public. Des affiches et des images détaillées montrent les conséquences d'une consommation prolongée de tabac sur différentes parties du corps.

Malgré un financement limité, ce groupe de 20 jeunes a apporté une contribution remarquable à la campagne antitabac au Kenya. Avec la Kenya Tobacco Control Alliance, leur plaidoyer s'étend au-delà du niveau communautaire, jouant parfois un rôle dans des changements politiques notables et des décisions de justice influençant la consommation de tabac au Kenya.

En 2016, un tribunal kenyan a confirmé la réglementation antitabac, exigeant que les compagnies de tabac respectent les avertissements sanitaires illustrés, la divulgation des ingrédients et qu'une partie des bénéfices soit utilisée pour l'éducation et la recherche en matière de lutte antitabac. En 2017, le pays a interdit de fumer la shisha.

Martha sait que les résultats obtenus jusqu'à présent sont significatifs, mais pas suffisants. « Il reste encore beaucoup de plaidoyer à faire, car les industries du tabac changent sans cesse de tactiques. »

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