Congo-Kinshasa: COVID-19 - Quelques failles décelées dans la gestion de la pandémie

Les déficiences remarquées risqueraient, selon les experts du Cadre de concertation national de la société civile (CCNSC), d'accentuer le spectre de la fragilité en diluant tous les efforts déployés dans l'atténuation des effets de la pandémie pour atteindre la résilience.

La pandémie du coronavirus poursuit en RDC sa croisade meurtrière comme l'attestent les derniers chiffres en rapport avec son niveau de propagation sur le territoire national. D'après les dernières statistiques de l'équipe de riposte à la Covid-19, le cumul oscillerait actuellement autour de 2833 cas confirmés avec, à la clé, des centaines de nouveaux cas détectés au quotidien, tant à Kinshasa que dans l'arrière-pays. Cette situation alarmante a poussé le CCNSC à réfléchir en profondeur sur la gestion de la pandémie à la lumière des critiques émises à l'endroit du Comité multisectoriel de riposte à la la covid-19.

Cette structure placée sous la supervision du ministre de la Santé paraît ne pas être à la hauteur des attentes. En appui aux efforts déjà fournis en vue de contenir les effets néfastes de la pandémie, le CCNSC s'est organisé en groupe de travail pour produire un mémorandum contenant ses propositions, lesquelles propositions s'inscrivent dans la dynamique de lutte pour plus d'efficacité dans l'action.

Dans son rapport publié le vendredi 29 mai, cette plate-forme des organisations de la société civile a relevé des failles dans la gestion de la pandémie, tout en se félicitant des décisions courageuses prises par le chef de l'Etat pour limiter tant soi peu les dégâts. Ces failles, note cette structure, « risqueraient d'accentuer le spectre de la fragilité en diluant tous les efforts déployés dans l'atténuation des effets de la pandémie pour atteindre la résilience ». De la faiblesse du dispositif organisationnel liée aux multiples centres décisionnels ayant une implication néfaste dans la coordination de la riposte au manque d'une approche efficace de communication et de sensibilisation de proximité pour le changement de comportements, le CCNSC est d'avis qu'il faille urgemment rectifier le tir.

Et lorsqu'on ajoute la faible capacité de dépistage ainsi que la non-mise en contribution de l'Institut national des statistiques pour faire des enquêtes complémentaires objectives, l'on comprend la nécessité de réorienter les stratégies et les décisions pour assurer l'efficacité de la riposte avec des données désagrégées. Moralité : la crédibilité des données chiffrées publiées régulièrement par le bulletin de l'équipe de riposte à la covid-19 est plus que jamais sujette à caution. D'où quelques pistes de solution proposées par les experts du CCNSC.

Ce regroupement des organisations de la société civile recommande, entre autres, le renforcement des capacités d'autres laboratoires en provinces pour augmenter la capacité de dépistage, d'autant plus que la maladie se répand à une vitesse exponentielle et que l'INRB se déploie dans toutes les provinces. Outre l'éducation des masses et la réduction du train de vie de l'Etat pour suppléer au gap restant, le CCNSC plaide pour une prise en charge globale et durable de la riposte.

Celle-ci passera notamment par la valorisation du Programme d'urgence multisectoriel d'atténuation des effets de la covid-19 validé par le gouvernement. Ce plan propose une coordination des actions et prend en charge les aspects urgents, globaux et transversaux (multisectoriel), les provinces, la recherche, etc. Dans un contexte de relâchement collectif dans la mise en application des mesures barrières, les recommandations du CCNSC tombent à point nommé pour tenter de freiner la propagation de ce nouveau virus sur l'ensemble du territoire national.

Plus de: Les Dépêches de Brazzaville

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