Madagascar: En État de pesanteur

Plainte de réserve. Il ne se passe plus une semaine, depuis l'instauration de l'état d'urgence sanitaire, sans qu'un secteur déterminé des activités économiques ne désapprouve des impositions fiscales inadaptées. Même les opérateurs des télécommunications, que beaucoup pensaient être à l'abri des débâcles financières consécutives à ce marasme généralisé, ont fini par faire entendre leur préoccupation. Ils ont remis en cause les droits d'accises de 8 à 10% frappant tous les aspects de leur exploitation.

Ils estiment, à raison du reste, que les équipements, les outils et les autres accessoires nécessaires à l'expansion, à l'extension et à la démocratisation des nouvelles technologies des informations et des communications, ne doivent plus être assimilés à des produits de luxe dans la nomenclature fiscale. Comme les flacons bien habillés des parfumeries ou des fragrances des marques de renommée internationale. Pour eux, l'actuelle crise économique, financière et sociale,générée par la pandémie du coronavirus, a démontré, une fois de plus, l'importance, l'utilité et le bénéfice qu'on peut tirer de l'existence, du vivre ensemble mais à distance. Il ne s'agit plus d'un signe extérieur de richesse pour une poignée de nantis. Mais d'un

Transferts d'argent, paiement sans contact via le mobile money, envois et réceptions de SMS, appels entrants et sortants, sans compter les échanges d'idées sur les réseaux sociaux, ont explosé. Le tout à portée de main avec une téléphonie mobile multifonctionnelle de la dernière génération. Alors que le taux de pénétration, 37%, dans la population de cette nouvelle approche facilitant les tâches du quotidien, ne serait-ce que pour éviter les longues files d'attente devant les comptoirs de la Jirama pour payer les onéreuses factures par « lot », par exemple, est l'un des plus bas en Afrique.

En dépit, d'une connexion haut débit d'internet proposée par un fournisseur, parmi les trois les plus performantes au monde. Aussi, ces « téléopérateurs » suggèrent la réduction, à défaut d'une surpression pure et simple de ces boulets fiscaux qui entravent un réel essor des télécommunications pour mieux servir les usagers. Ils s'engagent à réinvestir les économies dégagées d'une telle exonération pour toucher davantage de public-cible. Pour le moment, ils n'ont pas encore répercuté ces charges financières supplétives aux consommateurs finaux qui se trouvent au bout du fil. Pour reprendre une expression devenue obsolète depuis l'ère du cellulaire. C'était en 1997 par la seule volonté du ministre de tutelle Ny Hasina Andriamanjato, sans l'aval des bailleurs de fonds qui ont jugé le pouvoir d'achat des Malgaches trop faible pour une telle dépense des plus superflues. Vingt-trois ans plus tard, cette tonalité pessimiste a été démentie par les faits. Le marché du mobile est l'un des plus dynamiques et florissants. Le téléphone a cessé de pleurer. Depuis longtemps.

Plus de: L'Express de Madagascar

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