Madagascar: Mois de mai, mois des poussées de fièvres politique et sociale

Mai a toujours été un mois important dans notre histoire malgache. Cela a toujours été une période délicate propice à des poussées de fièvres sociale et politique. Cette année 2020, le pouvoir en place doit faire face à ce coronavirus qui est un ennemi invisible et qui paralyse totalement l'activité du pays.

Mais alors qu'il doit jeter toutes ses forces dans la bataille, surgissent des problèmes dont il est en partie responsable. Les questions économiques nées de ce confinement, qui était nécessaire, ont eu des conséquences sociales qui ne sont pas prêtes d'être résolues dans l'immédiat. La population est en proie à des difficultés que des aides financières ne pourront pas soulager. Cela ne pourra pas compenser les pertes de revenus dues à l'arrêt des activités de toutes les entreprises qui les employaient. Les syndicats ouvriers et les groupements patronaux ont tiré la sonnette d'alarme, mais ils n'ont reçu aucune réponse du gouvernement. Le plan de relance de l'économie qu'ils jugent nécessaire n'est, semble-t-il, pas prêt.

Cette semaine, la situation sanitaire a beaucoup évolué. Comme on s'y attendait, le nombre de cas de contamination a sensiblement augmenté. La décision de multiplier les tests a permis de mettre à jour les statistiques de cette épidémie. La propagation du virus a été rapide et le non respect des recommandations faites par les autorités sanitaires ont fait monter en flèche le nombre de malades. Et, dans le même temps, il y a eu les premiers décès du Covid-19. De Toamasina, l'un des principaux foyers de l'épidémie, ont essaimé les cas contacts dûs à des personnes ayant fui la ville. Plusieurs localités, où des cas de contamination sont apparus, doivent respecter des mesures de confinement.

Les barrières sanitaires ont été renforcées. Les opérations de contrôle des forces de l'ordre ont porté leurs fruits. Tous les acteurs de cette lutte contre le Covid-19 ont parfaitement rempli leur rôle, se dévouant corps et âme à leur tâche. Le personnel médical a cependant été traversé par des doutes. Certains membres n'ont pas été totalement convaincus par les protocoles qu'on leur a dit de suivre. Les essais cliniques de la solution injectable, qui est en train d'être expérimentée, n'ont pas été approuvés par certains praticiens qui l'ont fait savoir. Cette semaine aura été aussi marquée par la poursuite de la polémique autour du « kianja masoandro ». Les avis de beaucoup de Tananariviens férus de traditions, ont été très tranchés.

Sur le plan international, l'épidémie de Coronavirus, même si elle touche encore beaucoup de pays, donne l'impression de marquer le pas. En Europe, le déconfinement a eu lieu. La France, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, la Norvège, puis la Suède, en l'adoptant, n'ont connu aucun problème majeur. ll n'y a pas eu de deuxième vague de l'épidémie. Les parcs et les jardins ont été ouverts, les écoles ont repris leurs cours. En France, une deuxième étape du déconfinement va avoir lieu à partir du 2 juin.

Dans les pays d'Amérique du nord et du sud, l'épidémie continue ses ravages. Aux Etats-Unis et au Brésil, le nombre de contaminations et de décès a tendance à augmenter.

Le mois de mai est celui de l'entrée dans l'hiver. Mais chez nous, c'est celui de la poussée des fièvres sociale et politique. Cette année, le Covid-19 en est devenu le catalyseur car la lutte organisée contre sa propagation a d'abord permis une mobilisation des énergies, puis d'autres facteurs sont intervenus pour perturber la belle organisation mise en place. Aujourd'hui, il n'y a plus cette unanimité du début. Le front uni s'est fissuré et la contestation a commencé à prendre place. Avec elle, le doute s'est installé, maintenant, la balle est dans le camp du pouvoir. De sa manière de gérer la situation, dépend la suite des événements.

Plus de: Midi Madagasikara

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