Niger: Les députés adoptent la loi sur les interceptions téléphoniques, en l'absence de l'opposition

Après une loi sur la cybercriminalité l'année dernière, l'Assemblée nationale en a adopté une nouvelle vendredi 29 mai, sur les interceptions de communications électroniques cette fois. Un texte nécessaire, selon les autorités, en raison du contexte sécuritaire. Mais ce vote s'est déroulé en l'absence des députés de l'opposition. Il avaient quitté la salle jugeant cette loi liberticide.

Lorsque le président du groupe parlementaire de l'opposition entame son discours contre la loi à l'ordre du jour, il est rapidement interrompu par le président de l'Assemblée nationale. « Vous pouvez faire des amendements, vous n'avez pas la parole », lance Ousseini Tinni. Il ordonne alors la relecture du règlement intérieur. Mais avant la fin, les députés de l'opposition ont déjà quitté la salle, boycottant le vote.

Ils sont en effet fermement opposés à la loi sur les interceptions des communications électroniques « qui risque d'être utilisée pour régler des comptes politiques » glisse l'un d'entre eux, « à six mois de la fin du mandat » présidentiel et législatif, lit-on dans un communiqué. Au contraire, pour les autorités, ce projet de loi concilie l'exercice des libertés avec les impératifs de sécurité nationale.

Déjà l'année dernière, la loi sur la cybercriminalité avait provoqué de vifs débats, considérés liberticides par ces opposants. Dans la nouvelle loi adoptée vendredi, « c'est désormais l'exécutif qui décide des interceptions et non plus les juges », explique Ousmane Diallo, chercheur à Amnesty international. « L'État est à la fois juge et partie », constate-t-il.

Plus de: RFI

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