Congo-Kinshasa: L'Est de la RDC entre insécurité et COVID-19 - Africa Reconciled plaide pour une assistance des populations vivant dans des camps de déplacés

La République Démocratique du Congo est prise en proie dans sa partie Est, depuis plus de deux décennies, par les groupes armés qui se sont multipliés au fil de temps. Près de 132 groupes armés ont été répertoriés par Human Rights Watch et le Groupe d'étude sur le Congo de l'Université de New York.

Depuis leur existence, ces groupes armés pillent, tuent et sont à la base de plusieurs autres maux qui rongent les populations vivant dans des zones sous occupation. A ce malheur, s'ajoute la pandémie du coronavirus en RDC. Face à cela, l'Etat d'urgence a été décrété par le Président de la République avec une série de mesures et gestes barrières. Les représentants des clubs de jeunes de l'Organisation non gouvernementale (ONG) Africa Reconciled ont élaboré une note par rapport à la situation sur terrain.

Il ressort de cette note que pendant cette période d'urgence sanitaire, il a été amèrement rapporté plusieurs cas d'attaques de la part des groupes armés dans plusieurs zones occupées par eux dans la partie Est de la RDC. Consécutivement à l'urgence sanitaire mondiale due à cette pandémie, le Conseil de sécurité des Nations Unies a lancé un appel au «cessez-le-feu» demandant à tous les belligérants du monde entier de déposer d'abord les armes, afin de permettre de capitaliser toutes les énergies dans le but de venir à bout du coronavirus. Cet appel du Conseil de Sécurité de l'ONU n'est pas observé par les groupes armés de la RDC, en général. Les combats se déroulent soit entre groupes armés eux-mêmes, soit entre combattants issus des groupes armés et les forces Armées de la RDC.

Comme résultats, ces attaques ont provoqué plusieurs mouvements de populations, non accès aux activités de champs et du coup le coût de la vie a augmenté car, les populations rurales vivent exclusivement des produits champêtres. Ceci est observé dans plusieurs territoires du Nord et Sud-Kivu ainsi que dans la province d'Ituri.

Dans le territoire de Beni, la zone la plus meurtrie de la province du Nord-Kivu depuis 2014, est victime des attaques des combattants présumés ADF, dont les attaques ont fait jusque-là des milliers des victimes civiles et dont le mobile n'a jamais été connu.

Comparativement à la deuxième moitié de l'année 2019, en ce début de l'année, le territoire de Beni a enregistré une réduction d'incursions par les présumés ADF entre Février-Avril 2020. En mars 2020, 11 civils ont été tués au cours de 3 incursions enregistrées durant le mois de mars, alors que 114 tueries avaient été enregistrées pour le mois de décembre 2019, rapporte l'ONG Africa Reconciled.

De même, il s'est observé un retour progressif de personnes déplacées internes dans certaines parties du territoire. Les villages concernés par ce retour des populations sont Kamango, Mukakati, Katibombo, Mpoku, Bandiguya, Musu et Buisegha. Aussi, un autre mouvement a été observé dans la commune rurale de Mangina où est signalé le retour des personnes qui s'étaient réfugiés à Beni et ses environs en février 2020.

Toutefois, malgré cette accalmie relative, quelques incidents sporadiques sont toujours enregistrés.

Par ailleurs, dans le territoire d'Uvira, des groupes armés locaux et étrangers continuent à semer terreur et panique dans plusieurs localités d'Uvira, Fizi et Mwenga, dans la province du Sud-Kivu. Il s'agit de groupes Twigwaneho et Maï-Maï à Mikenge, dans les hauts plateaux ainsi que des groupes armés locaux coalisés aux forces négatives étrangères dans la chefferie de Bafuliru.

A cette situation sécuritaire régulièrement tendue, sont venus s'ajouter la pandémie du Coronavirus depuis le mois de mars passé avant que la ville d'Uvira ne soit ravagée par les inondations du 18 avril 2020. Ces inondations ont fait plus de 40 morts et d'importantes pertes matérielles.

Entre les marteaux et l'enclume, les populations d'Uvira sont dans une situation critique tant sur le plan humanitaire que sécuritaire et nécessitent de l'assistance. Débordées par ces inondations, les populations ne songent même plus à la pandémie du Covid-19.

De l'appel au « cessez-le-feu mondial » lancé par les Nations Unies

Au regard des éléments ci-haut, il relève que l'appel au cessez-le-feu mondial demandé par les Nations Unies ne rencontre ni la volonté des groupes armés de la RDC, moins encore celui du Gouvernement de la République Démocratique du Congo. Cette inobservance du cessez-le-feu est à la base d'une souffrance indescriptible des Congolais vivant dans ces régions aux conflits armés. Il est impossible pour les déplacés internes qui vivent dans une grande promiscuité tant dans les familles d'accueil que dans les écoles et églises puissent être à mesure d'observer les gestes barrières.

Recommandations

Africa Reconciled recommande aux différents groupes armés actifs dans l'Est de la RDC, de s'abstenir de tous actes de nature à provoquer les affrontements tant entre eux que contre les FARDC car, les conséquences des combats ne permettent pas un climat favorable pour la lutte contre la pandémie du covid-19, encore que le virus ne distingue pas.

Au gouvernement de la RDC, d'assurer la protection des populations civiles se trouvant dans des zones sous menace des groupes armés ainsi que de leurs biens et au même moment, apporter une assistance adéquate aux déplacés vivants dans des camps, écoles et églises.

Pour les populations vivant déjà dans des camps de déplacés, que le gouvernement ainsi que les organisations humanitaires leur apportent assistance en ce qui concerne les biens de première nécessité (vivres et non vivres) pendant ce moment dur en vue de leur éviter le pire.

Et enfin, d'envisager des sanctions contre les responsables de tous ces groupes armés cités dans cette note ainsi que quiconque prendra l'initiative de provoquer des attaques durant cette période d'urgence sanitaire en violation du cessez-le-feu décrété par le Conseil de Sécurité de l'ONU.

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