Congo-Kinshasa: AN - Le poste vacant du 1er Vice-président au cœur d'une polémique

L'Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), parti cher au Feu Etienne Tshisekedi wa Mulumba, avait pris acte de la destitution de son président intérimaire, Jean Marc Kabund-a-Kabund, au poste de 1er Vice-président de l'Assemblée nationale, à l'issue du vote organisé dans l'hémicycle le lundi 25 mai.

A en croire la déclaration du parti présidentiel du jeudi 28 mai dernier, l'UDPS ne désignera pas quelqu'un d'autre pour succéder à son président a.i. Une prise de position qui ne fait pas l'unanimité, que ce soit au sein de la famille politique « UDPS », moins encore dans la coalition Cap pour le Changement (CACH).

La résolution sortie de la réunion tenue le jour suivant la déchéance de Jean-Marc Kabund-A-Kabund, tombe comme un cheveu dans la soupe et donne lieu à une grande polémique au sein du parti, de même qu'à la coalition CACH. Sachant qu'à l'interne, ce parti présidentiel est, depuis un moment, en proie à un certain nombre de conflits qui n'ont pas, jusqu'à preuve du contraire, été remédiés notamment, les affaires des suspensions de quelques cadres du parti.

Politique de la « chaise vide » mise à mal

Pendant que la déclaration du 28 mai 2020 menace de sanctionner tout Député national de l'UDPS contrevenant à celle-ci, constitutionaliste et analyste proches de ce parti au pouvoir brisent le silence et jettent le pavé dans la marre. A l'instar du Professeur André Mbata qui a fait remarquer à la présidence du parti tshisekediste que « le poste du premier président de l'Assemblée nationale revient à l'UDPS et non à un individu qui se prendrait pour un providentiel».

A en croire ce constitutionaliste, dès lors que la présidence du parti décide de ne désigner aucun autre député national pour succéder Kabund au perchoir de la chambre basse du parlement, l'UDPS actionne sa fameuse politique de la « chaise vide ». A lui de poursuivre : « la Constitution interdit tout mandat impératif ». Le prof Mbata dit trouver à cette situation la pertinence qu'il y a de continuer à enseigner les prescrits de la Constitution, ainsi que ceux des statuts et règlements intérieurs des partis politiques.

L'UNC prête à prendre ses responsabilités

Après avoir eu vent du communiqué interdisant à tout député membre de ce regroupement politique de se présenter comme candidat sous peine d'une sanction sévère, le porte-parole de l'Union pour Nation Congolaise (UNC), Me Gabin Lulendo a, quant à lui, annoncé dans une sortie médiatique le jour suivant la déclaration qu'il est bénéfique pour le CACH de conserver le poste de premier vice-président de l'Assemblée nationale. Comme quoi, « si l'UDPS n'est pas intéressée par ce poste qui revient à la coalition Cap pour le Changement, son parti, l'UNC, présentera un candidat à ce poste ». Ce cadre du parti politique cher à Vital Kamerhe estime que CACH ne peut pas perdre un poste si important au bureau de l'Assemblée nationale. Car, la question fondamentale à ce stade est celle de savoir si ce poste demeure vacant, que gagnerait la coalition CACH en retour ?

Une opportunité pour l'opposition

Rappelant quelques "us et coutumes" au sein de l'hémicycle de l'Assemblée nationale, un député de l'opposition élu du Nord-Kivu, trouve en cette politique de chaise vide une opportunité pour l'Opposition de récupérer ce qui lui est toujours revenu de droit depuis des législatures. Muhindo Nzangi rappelle, pour des questions d'équilibre, que les mœurs et habitudes dans la chambre basse du parlement veut que « si le président est issu de la Majorité parlementaire, alors le 1er vice-président devra sortir de l'Opposition ». La nature a horreur du vide, dit-on. Comme le célébrissime parti de Limete n'entend pas remplacer Kabund à ce poste, l'Opposition pourrait saisir la balle au bond.

En effet, une multiplicité de réactions qui prend à contre-pieds la position jusque-là officielle prouve à suffisance les faiblesses de cette prise de position, confer la déclaration du Secrétaire général de l'UDPS, Augustin Kabuya, qui apparemment était pris sous le coup d'une émotion sans précédent.

Toutefois, des concertations se poursuivent toujours dans le but de sauver ce qui peut l'être encore, plus particulièrement la coalition au pouvoir à savoir, FCC-CACH, qui navigue à vue depuis bien de temps à cause des certains conflits d'intérêt personnel entre partenaires.

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