Algérie: Opposée à l'indépendance de l'Algérie, l'OAS adopte le terrorisme à grande échelle

Alger — Déterminée à entraver la marche de l'Algérie vers l'indépendance, la sinistre Organisation Armée secrète (OAS) a mené, entre 1961 et 1962, une action terroriste à grande échelle, mêlant explosions et mitraillages qui ont coûté la vie à environ 2400 Algériens, selon des estimations d'historiens.

Responsable de plusieurs centaines d'attentats et d'exécutions, l'OAS s'en est pris à tous ceux qui ont œuvré pour l'accession de l'Algérie à l'indépendance et qui l'ont soutenu, dans le but de créer la terreur et un climat de violence extrême parmi la population.

Ses commandos Delta procèdent à des assassinats ciblés, mais aussi à des attentats aveugles qui n'ont épargné personne.

Témoin de cette période sanglante, Mohamed Laid Lachgar se remémore des souvenirs douloureux, décrivant des scènes d'une violence inouïe comme celles où "des Algériens étaient suspendus au travers d'une rue de Bab El Oued et imbibés d'essence pour les transformer en torches humaines" ou celles où des tueurs des groupes Delta de l'OAS "assassinaient plusieurs Algériens tous les cinquante mètres, d'une seule balle dans la nuque, comme s'il s'agissait d'un concours de tir", en plein centre d'Alger.

Les crimes horribles des membres des groupes Delta, y compris après l'annonce du cessez-le-feu, entre la France et l'Algérie, le 19 mars 1962, ont ciblé même les cortèges funéraires algériens se rendant au cimetière d'El Kattar et qui "étaient soumis à des fusillades par l'OAS à partir de terrasses d'immeubles de Bab El Oued", a ajouté l'ancien moudjahid.

Redoublant de violence pour torpiller la fin de la guerre, les commandos de l'OAS "prennent des Algériens pour cible dans les rues, au hasard", "mitraillent des passants depuis leur voiture", écrivait l'historienne française, Sylvie Thénault dans son livre "Histoire de la guerre d'indépendance algérienne".

Selon cette spécialiste de la guerre d'Algérie, l'OAS disposait aussi d'obus de mortier, "tirés sur la place du Gouvernement général, à Alger, le 22 mars, et dans Oran, trois jours plus tard".

L'OAS a commis des crimes dont la lâcheté l'emporte encore sur l'horreur : le 3 avril 1962, des malades en traitement à la clinique du Beau-Fraisier, à Bouzaréah, ont été assassinés, mitraillés dans leurs lits d'hôpital.

Le 2 mai 1962, un attentant à la voiture piégée, commis par les commandos de cette organisation au port d'Alger, a fait 200 victimes.

Ces derniers se comptent parmi les centaines de dockers qui font chaque matin le pied de grue dans l'espoir d'être embauchés, pour la journée, afin de subvenir aux besoins de leurs familles. C'était l'un des attentats les plus horribles commis par cette organisation terroriste.

Des assassinats ciblés ont été aussi exécutés par les membres de l'OAS, comme celui qui a coûté la vie à six inspecteurs de l'Education nationale, dirigeant les Centres sociaux éducatifs, dont l'écrivain Mouloud Feraoun.

A Oran, l'OAS a fait, entre 1961 et 1962 , plus de 1 100 victimes civiles algériennes, selon l'historien algérien Sadek Benkada qui reconnait, néanmoins, qu'il est "difficile de déterminer le nombre exact des victimes des crimes commis par l'OAS" dans la mesure où plusieurs de ces victimes "n'ont pas été inscrites sur les registres de décès de l'Etat civil".

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Oran est l'une des villes algériennes où les opérations de l'OAS "furent les plus sanglantes ayant laissé la région dans un état apocalyptique à l'été 1962", a-t-il encore soutenu.

Le 28 février 1962, un attentat à la voiture piégée devant un magasin qui vendait des gâteaux traditionnels algériens et qui connaissait, en cette journée ramadanesque, un certain engouement, a fait plus de 80 morts et une centaine de blessés. Ce fut l'attentat le plus sanglant qu'ait connu cette ville.

Toutefois, les Algériens n'étaient pas la seule cible de l'OAS. Des appelés de l'armée française, des officiers français engagés dans la lutte anti-OAS, des magistrats, des fonctionnaires, des élus, des membres de la société civile, des militants politiques ou syndicaux ont été également la cible des exactions de la sinistre armée terroriste.

Le maire d'Evian, Camille Blanc, fut assassiné dans la ville-même où les accords entre le FLN et la France sont signés, un an plus tard : le 18 mars 1962. L'OAS lui reprochait d'avoir accepté d'accueillir les pourparlers devant mettre fin à la guerre d'Algérie.

Une quinzaine d'attentats seront également commis à Paris, une semaine plus tard.

Le 7 février 1962, l'OAS récidive et mène plusieurs attentats à la bombe en région parisienne. L'un d'eux visait l'appartement d'André Malraux, alors ministre des Affaires culturelles.

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