Burkina Faso: Me Gilbert Ouedraogo à propos du couvre-feu - « Si ça continue, nous allons attaquer cette décision devant le juge administratif »

L'Alliance pour la démocratie et la fédération-Rassemblement démocratique Africain (ADF-RDA), a animé un point de presse dans la soirée du 30 mai 2020, à Ouagadougou.

Cette rencontre avec les Hommes de médias s'est tenue à l'issue d'une session du Bureau exécutif national où des réflexions ont été menées sur la vie du parti et sur sa stratégie pour les joutes électorales prochaines. Actualité nationale oblige, le parti de l'éléphant demande la levée pure et simple du couvre- feu.

Premier du genre en mode présentiel depuis l'apparition du Covid-19, le Bureau exécutif national de l'ADF-RDA s'est réuni au cours d'une session, pour analyser la situation nationale, la vie du parti et avec les stratégies à adopter en vue des élections couplées à venir.

C'est pour faire part de leur analyse de la situation nationale, qu'un point de presse a été animé par les premiers responsables du parti de l'éléphant, à l'issue de la rencontre.

Le premier responsable de cette formation politique de l'opposition, Gilbert Ouédraogo, n'est pas allé avec le dos de la cuillère pour dénoncer ce qu'il appelle « un pays laisse-guidon ». Cette gestion du Burkina qualifiée de cacophonie par l'ADF-RDA, est due à la gestion de la pandémie du coronavirus par le pouvoir en place.

L'une des mesures de lutte contre cette pandémie par le gouvernement, a été l'instauration du couvre-feu depuis maintenant 3 mois. Et pour le président du parti de l'éléphant, cela a exacerbé les autres maux que vivaient déjà les Burkinabè, que sont la morosité économique et la vie chère.

« Nous demandons la levée pure et simple du couvre-feu », a souhaité Gilbert Ouédraogo. Mais à cette doléance de bien des Burkinabè, la ministre de la Santé, Claudine Lougué, a indiqué lors du dernier point de presse sur l'évolution de la maladie, que le couvre-feu sera levé lorsqu'ils auront maîtrisé la contamination communautaire.

Mais cette sortie, visiblement, n'a pas été du goût du président de l'ADF-RDA, qui pense plutôt que le couvre-feu est inopportun et illégal. Et de marteler : « le couvre-feu n'a pas sa raison d'être au Burkina. Et si ça continue, nous allons attaquer cette décision devant le tribunal administratif ».

« Le démantèlement de toutes les cellules MPP installées dans l'administration publique »

A ce point de presse, les questions de la révocation d'agents du ministère de l'Economie, la validation de l'année scolaire étaient aussi à l'ordre du jour.

Sur le premier sujet, à savoir la révocation de 3 agents du MINEFID, l'ADF-RDA pense que le gouvernement a manqué une fois de plus l'occasion d'être à l'écoute des travailleurs qui ne réclament que de meilleures conditions de travail.

Et le président du parti de l'éléphant de signifier que le gouvernement aurait pu éviter ce deux poids, deux mesures en « ordonnant, au cours du même conseil des ministres, le démantèlement de toutes les cellules MPP installées dans l'administration publique ».

Sur la validation de l'année scolaire, Gilbert Ouédraogo pense que cette décision ressemble plus à une fuite en avant, vu qu'aucune mesure d'accompagnement n'a été édictée, selon lui. « Nous avons le sentiment que le gouvernement joue à cache-cache.

Cette décision est beaucoup plus liée à la question de la fronde sociale que du Covid-19. Mais c'est une façon de reporter les problèmes », a ajouté Karim Sinaré, secrétaire politique chargé de l'orientation idéologique.

Face donc à cette fronde sociale née de la question de l'IUTS, l'ADF-RDA a renouvelé son appel au chef de l'Etat pour qu'il règle définitivement cette question, pour favoriser un apaisement du front social.

La mise en examen de l'ex- ministre de la défense, Jean Claude Bouda, a été aussi commentée par Gilbert Ouédraogo.

Il a rappelé qu'il fait partie des personnes qui ont mis en place le REN-LAC et qu'il en a même occupé des fonctions, avant de se solidariser des actions de ce réseau. Situation sécuritaire avec la lutte contre le terrorisme, le cas Tanwalbougou n'est pas passé inaperçu.

En effet, l'ADF-RDA, tout en félicitant les Forces de défense et le parquet pour la célérité de cette enquête, pense que les résultats de celle-ci créent plus de confusions dans cette affaire. « En tous les cas, cela n'enlève rien à la gravité de la situation, vu que la cause de leur mort demeure inconnue », a laissé entendre Gilbert Ouédraogo.

Le parti de l'éléphant a, au cours de ce point de presse, souhaité des élections inclusives, transparentes, apaisées et démocratiques qui, pour ce parti, aboutiront au choix d'un président du Faso légal mais également légitime.

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