Afrique: Ils ont fait le buzz - George Floyd, l'arrestation de trop

Manifestations liées à la mort de George Floyd à Washington DC. Lafayette Square le 30 mai 2020.

Si Madagascar se démène contre le Covid-19, le regard du monde entier se tourne petit à petit vers les Etats-Unis, notamment la ville de Minneapolis. Ville meurtrie où des émeutes destructrices commencent à faire tache d'huile dans d'autres grandes cités américaines. A la source, l'interpellation de George Floyd a entraîné son décès. L'arrestation a été filmée et largement diffusée le 25 mai, tout de suite qualifiée d'acte arbitraire et raciste.

Quand cela touche les Etats-Unis, cela devient une histoire mondiale. Les stars du sport américain ont tout de suite rallié la cause en réagissant sur les réseaux sociaux, sur Twitter notamment. Les politiciens, surtout les démocrates, considérant le président américain actuel comme un possédé, ont vite fait de charger la politique du « vivre ensemble » à la sauce Trump. La colère légitime et cumulée des Noirs est reprise en combat politique par la population blanche.

Il suffit de voir les vidéos partagées dès que les échauffourées virent au passage à tabac d'un policier blanc, les manifestants et manifestantes blanches s'interposent. Sinon, ces derniers se mêlent allègrement à cette colère noire tant que celle-ci est bien maîtrisée en acte symbolique et pacifique. Cependant, il est difficile de contenir une colère refoulée à cause des différences de traitements flagrantes, entre citoyens égaux, subis presque quotidiennement...

Les images d'immeubles en feu, de magasins saccagés, de policiers venant aux mains avec les grévistes comme des bagarreurs de rue, de voitures en flamme, de commissariats attaqués... inondent les réseaux sociaux. La tête toute rose d'un cochon est arborée comme le symbole de cette lutte violente des Noirs de Minneapolis. A un acte raciste, une race harcelée depuis des décennies répond par un autre acte raciste.

Selon des témoignages sur Twitter, « des personnes armées appartenant à des associations et partis d'extrême droite sillonnent les villes pour chasser les manifestants noirs. Les gangs de noirs sortent alors dans les rues pour protéger les leurs ». Si les images et les vidéos d'une rare violence circulent, la réalité du hors champ est encore pire. Comme le « Capitole » à Washington, assiégé de nuit par des manifestants en majorité noirs.

On s'étonne que dans un pays aussi avancé que les Etats-Unis, pays épris de liberté et d'égalité pour tous, les clivages restent fortement gravés dans le rapport à l'autre. Alors, chez les autres nations à vocation caucasienne et romaine, la comparaison est certes risquée, mais en tant que « gens de couleurs », on est en droit de se demander. Les vidéos d'actes policiers racistes américains surmédiatisés poussent à penser si de telles scènes sont aussi filmées en France, en Belgique, en Tchécoslovaquie...

Le risque aussi est d'orienter uniquement la haine des autres sur la race blanche. Mais, par exemple, les actes filmés et répertoriés en Chine contre des immigrés africains sont tout aussi répréhensibles que ceux des policiers blancs envers les noirs aux Etats-Unis. Pour faire plus proche, ces cadavres de femmes africaines rapatriées du Liban, de l'Arabie Saoudite... sont pour autant les conséquences d'une posture raciste des bourreaux.

Pour aller plus loin dans l'histoire, ces groupes humains malgaches, ayant colonisé les côtes africaines pour chercher des esclaves et les vendre, cela relève également d'une conception raciste de l'autre.

Plus de: Midi Madagasikara

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