Kenya: Le boss Nakibéogo et moi

Samedi passé, la RTB a fait la fête au boss Nakibéogo à Zagtouli : Tapis d'honneur... avec tous les honneurs.

J'adore aller à Zagtouli. Zagtouli la petite Elysée. Zagtouli la petite Maison Blanche.

A Zagtouli, le boss et moi, lorsque nous nous retrouvons lui et moi, moi et lui, on ne parle pas des Elucubrations. On ne parle pas de Roch ni d'Eddie Komboïgo. On ne parle pas de Zéphirin Diabré ni de Bénéwendé Sankara. On ne parle pas d'Ablassé Ouédraogo ni de Kabré Désiré de Boussouma.

Le boss et moi, seul à seul à Zagtouli, on ne parle pas de Soumane Touré. Surtout pas de Soumane Touré. Vous ne le savez pas, mais le boss a une peur bleue de Soumane Touré. Il m'a dit que lorsqu'il dit que c'est noir Soumane va dire qu'il a dit que c'est blanc.

S'il dit que Bénéwendé a dit, Soumane va dire qu'il a dit que Jean-Hubert Bazié a dit. Pourtant le boss et Soumane ont été amis dans le temps.

Enfin... presque amis, mais laissez-moi vous souffler à l'oreille : Edouard a assisté à la création de la LIPAD avec toutes les grosses têtes de la gauche Voltaïque, dont Soumane évidemment.

Maintenant je vais vous dire. A Zagtouli, en tête-à-tête, le boss et moi nous ne prononçons jamais les mots UPC, CDP, MPP, RDA, UNDD, UNIR/PS, PAREN... A Zagtouli notre conversation porte sur le Ouaga d'antan. L'Hôpital central qui était situé à l'emplacement actuel de la Maison du peuple.

Le défilé du 14 juillet et du 11 Novembre à la Place d'armes sous le patronage du Gouverneur. Le Sangaré Yaar naissant que de nos jours on appelle à tort Sankara Yaar.

Lui et moi, moi et lui, nous aimons parler des hommes d'antan. Le Moro Naaba Saaga, père du père de l'actuel Moro Naaba, dans sa longue voiture Américaine décapotable, portant une large tunique rouge Arabe.

Les hommes d'antan comme Maurice Simporé, saxophoniste de génie, chef d'orchestre de l'Harmonie Voltaïque. On parle des choses d'antan : le grand marché et ses clients et clientes venus des banlieues. Les quartiers Tanghin, Tampouy, Zogona, Balkuy qui étaient de gros villages.

Mais Zagtouli, mon Zagtouli à moi, sous les karités, à deux, c'est le boire et le manger. Pas de gnontoro mais je ne m'en plains jamais.

Il y a aussi d'autres conversations que je garde pour moi, pour nous. Elles sont interdites aux moins de 50 ans.

Ça alors ! Vous savez le coup qu'il m'a joué le boss Nakibéogo ? Il ne m'avait jamais dit qu'il a fait Dijon comme tout le monde. Et rien en lui ne me laissait percevoir qu'il a été un Rouge avant les autres Rouges. Les Basile Guissou, les Firmin Diallo.

Ils nous ont pompé l'air nos Rouges. Ceux d'Albanie, ceux de Cuba, ceux de Moscou, ceux des amis des amis des Vietminh de Hô Chi Minh.

Autres temps, autres mœurs. Il n'y a plus de Rouges. Les milliardaires Chinois courent les rues parcourant le monde dans des jets privés.

Autrefois, moi qui suis une poule mouillée, lorsque je me trouvais en présence de Basile Guissou, je tremblais de toute ma carcasse. Est-ce que Basile aussi a fait Dijon comme Simon et Roch ?

J'ai rencontré une fois un étudiant Burkinabè à Paname. Il m'a parlé de Basile. Il a dit ceci :

- Basile ? Basile Guissou ? Monafion ! Son travail c'est de parcourir la France allant d'Université en Université au compte de la lutte des classes. Les Basile Guissou là peuvent susciter une guerre civile au pays. S'en fout la mort, Basile.

Entendons-nous bien. Les ex-Dijonais ne sont pas des Rouges hein. Nous sommes d'accord ? Ils sont seulement des mi-Rouge. Des moitié-Rouge seulement. Comme les Sociaux démocrates. Ce qui ne les a pas empêchés de vendre notre ONATEL.

Le fait qu'il soit élu Président du Réseau Liberal Africain, y est assurément pour quelque chose, Gilbert Noël Ouédraogo est décidé à faire feu de tout bois pour arracher le pouvoir en Novembre 2020 des mains de la gauche. Toutes les idéologies ont été essayées, dit-il, il est temps maintenant de recourir au libéralisme.

C'est un motif qui se défend. Il y a effectivement une quarantaine d'années que nous sommes dans la gauche, la gauche virtuelle. La gauche virtuelle c'est comme la gauche mais ce n'est pas tout à fait la gauche. C'est cette gauche qui a vendu notre ONATEL. Leur idéologie n'est peut-être pas tout à fait la gauche mais elle ne permettait pas de vendre notre ONATEL. Ils l'ont vendu.

Alors, vous les libéraux, dites-nous en toute franchise, votre idéologie vous le permettait, vous auriez vendu notre ONATEL ? Vous les libéraux, les affaires c'est votre affaire, malgré cela vous auriez vendu notre ONATEL ?

Je vous entends répondre non. Vous savez ce que vous devez faire, vous les libéraux ? A la prochaine campagne présidentielle, dans moins de 6 mois, vous devez mettre en bonne place, la promesse de nous remettre notre ONATEL en cas de victoire.

En retour, nous le bas peuple, nous nous engageons à vous remettre la Maison du Peuple qui était légalement votre patrimoine, la Maison de votre parti le RDA. Et nous serons quittes, vous les libéraux et nous le bas peuple.

Vous avez lu Kadré Désiré Ouédraogo, hier dans l'Obs ? Oui, KDO a parlé. Oui, Kadré Désiré, Zéphirin, Gilbert Noël, Eddie. Du lourd ! Du lourd, plus du lourd, plus du lourd. Ça pèse ! Plusieurs lourds unis contre un gros gros lourd.

Hé hé ! Quand j'entends qu'un nouveau parti est né ici ou là-bas, à 5 mois du 22 novembre 2020, ça me fait marrer. Et je me dis que c'est normal après tout. C'est toujours comme cela à 3 ou 4 mois d'une élection présidentielle. Toujours la même chose. Festival Tête de rat. Festival Queue de lion. Mais ne vous en faites pas, il faut des festivals pour que vous soyez édifié le 22 Novembre.

Il y a tout de même Tahirou Barry qui veut gâcher la fête si ce que j'entends est vrai. Tahirou Barry, un des meilleurs poulains de mes meilleurs poulains, qui veut se déMacroniser. De si tôt ? C'est quelle histoire ça ?! Tahirou Barry est membre de mon Top 10. Il ne doit pas prendre une décision de cette importance sans mon avis. Je vais en parler à Macron pour qu'il le ramène à la raison. Ce n'est pas parce que Macron est passé du coup que lui Tahirou ne peut pas attendre une deuxième ou une troisième ou une quatrième fois. Heureusement que je suis organisé et que j'ai prévu toutes les situations. Si Tahirou Barry me lâche j'ai deux Numéros 10 dans mon viseur. Il y a le gars Lionel Bilgo qui me tape dans l'œil. Il y a aussi le David Moyenga. Ce sont deux garçons bien. J'ai déjà envoyé leur CV à Emmanuel Macron qui n'a pas opposé son véto. Mais à la réalité j'ai quelque souci en ce qui concerne David Moyenga. Je me demande si notre ménage va résister au temps. Si j'ai un tel doute c'est que ce David Moyenga, il m'a l'air d'être de la gauche de la gauche c'est à dire plus Dijonnais que les Dijonnais que je connais. Emmanuel Macron n'aime pas ce genre de Dijonnais.

C'est l'heure. On boucle. Permettez-moi de poser une question qui me tient à cœur depuis un certain temps. Lors du Discours du Premier Ministre sur la Situation de la Nation, à la phase des questions des partis politiques, le porte-parole du MPP, l'Honorable Bendi Ouoba a attiré l'attention du Chef du Gouvernement sur une situation : les 190 000 fonctionnaires de notre pays dépensent à eux seuls, 800 milliards du budget national. Qu'est-ce qu'il attendait du gouvernement face à cette situation ? Que voulait-il qu'on fasse ? Que l'on réduise la part du gâteau des travailleurs de l'Etat ? Que l'on songe à donner une part aux autres de l'informel ? Je ne comprends pas bien. J'aurais compris si c'est Bassolma Bazié qui avait soulevé un tel problème. Mais là il s'agit d'un Représentant du peuple, élu du parti au pouvoir, à l'hémicycle, au cours d'une séance Républicaine.

J'arrête, pour ne pas en rajouter. Moi si j'étais du Soleil Levant, c'est un sujet que j'aurais soulevé uniquement en réunion du Bureau Exécutif du Parti, en souhaitant qu'aucun travailleur qui n'est pas du parti ne m'entende pour que ceux qui ne savaient pas ne sachent jamais. 800 milliards pour 190 000 Foncos ! Monafion !

Plus de: L'Observateur Paalga

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