Cameroun: Du bon usage de l'aide

La cagnotte dont le déblocage vient d'être annoncé par la Confédération africaine de football (CAF) apparait, par bien des aspects, comme une véritable manne. Elle intervient en effet dans un contexte particulier, voire inédit, dans l'histoire récente du sport sur le continent.

La propagation de la pandémie du coronavirus aux quatre coins de la planète et plus particulièrement en Afrique ayant entrainé la suspension de l'essentiel des activités dans les fédérations sportives, les difficultés s'amoncèlent de jour en jour, notamment en ce qui concerne le football. On a assisté ici et là à l'interruption des championnats nationaux, à l'annulation de contrats juteux, à la réduction voire à la suspension ou à la disparition pure et simple des salaires des principaux acteurs.

Faute d'activités génératrices de revenus, la plupart des instances fédérales en sont à tirer le diable par la queue. Dans ces conditions, même les subventions éventuelles ne pourraient pas suffire à supporter tous les charges liées au fonctionnement des différents démembrements, sans parler des multiples projets d'investissement renvoyés aux calendes grecques en attendant des jours meilleurs. En décidant de voler au secours des 54 associations membres, avec une enveloppe globale de 10,8 millions de dollars, soit environ 5 milliards de francs, la CAF est dans son rôle. En temps normal, le football génère beaucoup d'argent.

On estime à 50 milliards de francs les gains issus de la CAN 2019. Permettre ainsi aux fédérations d'assurer la protection des principaux acteurs que sont les joueurs c'est sauver en quelque sorte la poule aux œufs d'or car il n'y a pas de combat sans combattants. Même si certaines mauvaises langues ont tôt fait de voir dans ce geste une manœuvre de type électora- liste, tout acte qui va dans le bon sens est toujours bon à prendre. Les 200.000 dollars (118 millions de francs environ) alloués à chacune des fédérations ne sont certes pas suffisants face à l'ampleur des besoins. On sait par exemple que la FECAFOOT a fait face ces derniers temps à des dossiers urgents dont le moindre n'est pas l'épineux problème de la rémunération des joueurs professionnels.

Certaines initiatives déjà engagées méritent d'être poursuivies. Dans l'éventualité d'une reprise du championnat d'élite, on pourrait envisager par exemple l'acquisition des équipements pour le dépistage, la désinfection et la protection afin de réduire l'impact de la contagion du coronavirus parmi les joueurs, les entraineurs, les arbitres, le personnel soignant et autres encadreurs. Connaissant certaines pratiques qu'on a eu à déplorer par le passé, notamment en ce qui concerne l'utilisation des fonds issus des compétitions majeures (Coupe du monde, Coupe d'Afrique des na- tions), on ne peut que souhaiter vivement que les moyens reçus soient gérés dans la plus grande transparence afin d'atteindre les objectifs recherchés. A savoir atténuer les effets néfastes du covid19 en venant en aide aux éléments les plus vulnérables. Même si tous les problèmes ne vont pas disparaitre comme par magie, il est au moins possible d'utiliser à bon escient le peu dont on dispose .

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