Cameroun: Lutte contre les inondations dans l'Extrême-Nord - Les bons points du Projet d'urgence

Le Pulci qui est arrivé à son terme le 31 mai dernier laisse derrière lui d'innombrables acquis pour le bien-être des populations.

N 'eût été la prompte réaction du chef de l'Etat qui a ordonné la mise en place du Projet d'urgence de lutte contre les inondations (Pulci), de nombreuses localités du Mayo-Danay, du Logone et Chari, et même du Diamaré seraient déjà rayées de la carte du Cameroun depuis 2012. Les fortes pluies de cette année-là ont menacé de rompre la digue du fleuve Logone et la digue du barrage de retenue de Maga. Les niveaux d'eau exceptionnellement élevés avaient atteint 70 cm au-dessus de la côte d'alerte du barrage de Maga. Bien plus, plusieurs points de rupture du barrage avaient été décelés sur un linéaire d'environ 15 km. Les populations riveraines étaient pratiquement au bord du gouffre puisque la rupture de ces points critiques aurait inondé une aire d'environ 150 km?, et semé le désarroi dans au moins 6000 familles dans les arrondissements de Yagoua, Vélé, Kaï-Kaï et Maga.

Le Pulci ainsi mis en place a permis de nombreuses réalisations, notamment la réhabilitation de ces deux digues, à savoir, la digue du Logone qui s'étend sur 70 km, allant de Yaoua à Pouss, et la digue du lac de Maga, longue de 27 km, qui va de Pouss à Guirvidig. Ces ouvrages sont aujourd'hui relevés de près de 50 cm de hauteur. Des équipements hydrométéorologiques de dernier cri ont été acquis et placés ; des responsables formés sur l'utilisation de ces équipements. Outre la sécurisation des digues, les travaux du Pulci ont amélioré les potentialités des riziculteurs. Des bases pour la riziculture à haut rendement La Société de modernisation de la riziculture de Yagoua (Semry) fait office du plus gros bénéficiaire des travaux du Pulci.

On note la réhabilitation de l'évacuateur des crues qui débouche sur le sur le « Mayo- Vrick », l'installation d'un système de drainage adéquat, de la protection des talus par végétalisation et par enrochement... De plus, le Pulci a aménagé près de 7500 ha de terrains au profit de cette entreprise d'Etat. Autant de réalisations qui, bien qu'elles nécessitent un entretien régulier, confortent l'ouvrage et permettent à la Semry de respirer à pleins poumons. On évoque de plus en plus la possibilité de revenir à la double récolte, ce qui signifie le doublement du rendement des riziculteurs. Par ailleurs, c'est dés- ormais à cette entreprise que revient l'entretien et la gestion de ces ouvrages, ainsi que l'entretien du réseau d'irrigation des eaux. Ce sera lors d'une autre phase d'un projet qui va naître des cendres du Pulci.

« Lors de la phase 2, nous allons mettre un accent sur la valorisation des investissements. La Semry va se concentrer à son rôle régalien et tout ce qu'elle est en train de faire sera transféré aux privés », expliquait en février dernier Laoumaye Merhoe, le coordonnateur du pulci. Gestion environnementale et sociale La mise en place des ouvrages dans le cadre du Pulci a induit la délocalisation des riverains qui étaient installés dans l'emprise des travaux. Ce déplacement a été accompagné des mesures compensatoires dans la sauvegarde environnementale et sur le plan social. Pour rééquilibrer la balance, et peut-être faire mieux, des milliers d'arbres fruitiers et d'ombrage ont été plantés dans les sites affectés aux sinistrés.

Au total, 6150 arbres ont été plantés, contre 3073 abattus pour les travaux. Il en est de même des coquettes cases construites au bénéfice de ces dé- placés. Selon Samuel Biassou, responsable du Plan d'action de réinstallation (PAR), sur les 4150 cases attendues, plus de 3000 sont déjà terminées et rétrocédées aux bénéficiaires. Ce volet est géré par le gouvernement camerounais, tout comme l'ouvrage de franchissement sur le déversoir de Pouss dont les travaux sont à l'arrêt depuis de longs mois. Il est aussi à mettre à l'actif de ce projet, la construction et l'équipement des salles de classe, des mosquées et des églises. Cérise sur le gâteau, la construction en cours de huit grands magasins, chacun annexé à un bloc de bureaux à rétrocéder à huit coopératives agricoles locales.

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