Cameroun: Pénétrante Est - Ces camions en stationnement abusif

Tout au long de la voie, ils envahissent espaces commerciaux et trottoirs pour se garer.

On est au mois de mai, le lieu-dit camp tchadien à Yassa (Douala III) est en- vahi par des camions vides. Plus d'une centaine de gros porteurs y sont stationnés pêle-mêle. Un spectacle quotidien. La plupart portent les immatriculations tchadiennes. L'on y compte aussi des camions centrafricains et camerounais. On comprend vite qu'il s'agit des camions qui parcourent le corridor Douala-Bangui-N'Djamena-Douala. Les camions chargés quant à eux, saturent les stations-services et les moindres espaces sur les trottoirs.

Le mouvement est surtout observable le matin et en soirée dans les stations- services situées entre la zone dite Texaco-aéroport et Yassa. Dans ces stations et aux heures de pointe, il est presqu'impossible aux autres automobilistes d'y entrer pour consommer du carburant ; les gros porteurs ayant littéralement investi les lieux tels de gros éléphants inamovibles. « On se demande pourquoi ces gros porteurs viennent garer ici. Quand ils manœuvrent pour entrer à la station ou pour ressortir, ils créent des embouteil- lages », se plaint un taximan. Selon toute vraisemblance, il se pose un problème de disponibilité d'espace pouvant servir de parking aux gros porteurs dans la ville de Douala. Une situation qui contribue à amplifier les phénomènes d'incivisme, d'insécurité et de désordre urbain.

En guise de solution, le Conseil national des chargeurs du Cameroun (CNCC) a construit un complexe pour parking à la Dibamba, pouvant accueillir jusqu'à 200 camions. Un espace vie doté des commodités adéquates qui aurait permis de décongestionner la ville s'il n'était pas boudé par les camionneurs dans leur large majorité. Une attitude par ailleurs incompréhensible au regard des multiples avantages qu'offre le complexe du Cncc. « Nous n'allons pas làbas parce que c'est éloigné de la ville. En plus il n'y a pas un bon restaurant à côté », soutient un transporteur de nationalité tchadienne parlant sous anonymat.

Cependant, selon une source bien introduite dans ce milieu, les vraies raisons de cette ré- ticence sont ailleurs. Il s'agirait entre autres, du commerce illicite du carburant des camions. L'activité a pignon sur rue à Yassa. A cela s'ajoute l'insécurité de la zone. Celle-ci est infestée de braqueurs et pickpockets qui utilisent les camions stationnés comme cachette. A en croire les témoignages, les mêmes bandits vident les réservoirs et démontent les pièces de camions comme le module qui coûterait au moins un million de F au marché noir selon nos sources .

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