Cote d'Ivoire: CPI - Ce que des auditeurs de Rfi pensent du retour de Gbagbo et de sa candidature à la présidentielle

L'émission "Appel sur l'actualité" de RFI du lundi 01 juin 2020, a été consacrée à l'évolution de l'actualité politique en Côte d'Ivoire, marquée par la décision de la Chambre d'appel de la Cour pénale internationale (Cpi), à la date du 28 mai 2020 d'assouplir les conditions de liberté de l'ex président ivoirien, Laurent Gbagbo et de son ministre Charles Blé Goudé.

L'occasion a été donnée aux populations ivoiriennes de se prononcer sur l'éventualité d'un retour de Laurent Gbagbo au pays. Et le rôle qui doit être le sien au cas où il aurait bénéficié de l'accord des autorités gouvernementales de refouler le sol ivoirien : doit-il être candidat à l'élection présidentielle d'octobre 2020 ou pas ?

Les différentes réactions des intervenants ont permis d'appréhender la division des Ivoiriens sur la question. Certains se sont montrés favorables à son retour et ont même conditionné la réussite du processus de réconciliation nationale à cela.

C'est le cas d'une auditrice qui s'est présentée sous le nom Kassy : «Aujourd'hui, il est nécessaire que le gouvernement pose un acte fort pour enfin arriver à réconcilier tous les Ivoiriens.

Si on veut arriver à cette réconciliation et la réussir, il ne sert à rien de laisser un Ivoirien qui a été acquitté par les juridictions internationales, hors de la Côte d'Ivoire. Il est temps que le gouvernement fasse un grand pas dans ce sens là afin qu'il rentre.»

Si pour elle, le retour de Laurent Gbagbo est ce qui va sceller la réconciliation, elle ne croît pas en un projet de candidature de celui-ci, à l'élection présidentielle.

«Je ne le vois pas venir et être au devant de la scène politique, et vouloir devenir président tout de suite.

Ce n'est pas possible.», a-t-elle laissé entendre. C'est ce qu'espère également Désirée : «Dans l'idéal, ce serait bien que Laurent Gbagbo ne soit pas candidat. Lui, Bédié et Alassane Ouattara sont de l'ancienne génération.

La classe politique ivoirienne a besoin d'un renouvellement.»Tout comme Désirée, Serges a émis le vœu de voir le gouvernement ivoirien faciliter le retour du fondateur du Front populaire ivoirien : «Je voudrais que les autorités de notre pays puissent saisir la balle au bond et saisir cette perche de libération de Laurent Gbagbo pour le laisser entrer au pays afin que nous passions à une phase très importante qui est celle de la réunification, la réconciliation.»

Que disent les réfractaires au retour de Laurent Gbagbo ?

Le retour de Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire n'est pas une option qui fait l'unanimité au sein du peuple ivoirien. D'autres y voient un objet de troubles sociopolitiques.

«Il serait suicidaire pour la stabilité en Côte d'Ivoire d'accorder le retour au pays à Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé.», a fait savoir un internaute, Gerrard dont le message a été lu à l'antenne par le présentateur de l'émission.

Abondant dans le même sens, Sanogo a indiqué : «Monsieur Laurent Gbagbo, pour le moment, n'a aucun rôle à jouer en Côte d'Ivoire sur la scène politique. Il est venu au pouvoir sur la base de l'exclusion. Ce qui est choquant, ils n'ont jamais demandé pardon aux Ivoiriens alors que ce sont eux qui sont à la base de l'exécution de certaines familles.

Laurent Gbagbo candidat, c'est non. On ne peut pas venir au pouvoir, mettre sur pied des escadrons de la mort. Une élection transparente et ouverte en Côte d'Ivoire ne peut pas être gagnée par monsieur Gbagbo Laurent.» Alimani, cet autre auditeur, s'est, par contre, montré modéré.

S'il n'est pas opposé à un retour de l'ancien président, il a estimé que celui-ci doit reconnaître sa part de responsabilité dans la crise postélectorale de 2011 et faire amende honorable.

«Pour la réconciliation, il faut que monsieur Gbagbo reconnaisse ce qu'il a fait contre les Ivoiriens. S'il reconnaît ses torts, cela peut faciliter la réconciliation.

Cela peut apaiser les victimes de guerre. Il faut qu'il accepte de reconnaître ce qu'il s'est passé. S'il reconnaît, il peut rentrer, le président peut le gracier car rien ne vaut le pardon.», a-t-il souligné.

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