Madagascar: Carburant - Aucune révision des prix en vue

À entendre les explications de Christian Ntsay, le prix à la pompe ne connaîtra pas de baisse car les arriérés envers les pétroliers sont encore importants.

Les consommateurs, au bout de la chaîne de la distribution pétrolière, supportent les arriérés non payés par l'État envers les pétroliers, s'élevant aujourd'hui entre 120 et 140 milliards d'ariary. À l'assemblée nationale, jeudi dernier, le premier ministre Christian Ntsay a fait clairement savoir que Madagascar ne peut jouir de la baisse conséquente du baril sur le marché international depuis le début de la pandémie « car le passif de l'État envers les compagnies pétrolières évalué à 120 milliards d'ariary au minimum, n'est pas encore réglé ». Le prix à la pompe avant la crise sanitaire est maintenu jusqu'à aujourd'hui, et ce depuis près d'un an même.

Au constat du Cercle de réflexion des économistes de Madagascar (CREM), c'est alors pendant la crise que l'État choisit de régler ses arriérés envers les compagnies pétrolières. « Ce sont les consommateurs qui remboursent ces arriérés en achetant au prix maintenu depuis des mois, c'est-à-dire au prix où le baril s'achetait aux alentours de 60 dollars » explique le CREM.

Solima

Ce dernier rejoint l'idée annoncée vers la fin de l'année, celle où l'État lui-même importe directement le carburant. « C'est alors après que les compagnies pétrolières prennent le relais. Une stratégie qui permettra à l'État de maîtriser le prix mais surtout d'augmenter son pouvoir de négociation envers les pétroliers » ajoute encore le CREM.

Il a toujours été indiqué que le blocage des prix à la pompe par l'État (afin de préserver la stabilité sociale) ainsi que la fluctuation de l'ariary ont entraîné une perte d'exploitation pour les pétroliers. D'où ce manque à gagner demandé à être soldé. À l'allure où vont les règlements d'arriérés, vingt mois seront nécessaires pour tout effacer, si la crise persiste, car au mois de décembre 2019, le passif a été de 172 milliards ariary.

Au regard de Serge Zafimahova, ancien président du comité de privatisation de la société d'État Solima (Solitany Malagasy), il y a des paramètres à élucider. « Si les sociétés pétrolières évaluent leur préjudices économiques supposés par référence au manque à gagner, il reste à prouver que la perte de la marge brute est en concordance à la période indiquée de perte d'exploitation » détaille-t-il. Il continue sur le fait que l'entente dans la chaîne d'approvisionnement des produits pétroliers entre les compagnies est tout simplement « contraire aux règles de concurrence », devant être appliquées à l'issue de la privatisation de la Solima.

Par ailleurs, les sociétés pétrolières sont-elles à jour dans les règlements des diverses taxes pétrolières et autres obligations fiscales ? Une autre question permettant d'évaluer si cette fois ci, les dettes des pétrolières sont aussi importantes que celles de l'État.

Plus de: L'Express de Madagascar

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