Madagascar: Filière lait - Les opérateurs réclament un financement à taux zéro

La filière lait est fortement touchée par la crise sanitaire qui perdure encore dans le pays.

En effet, « une surproduction de lait a été constatée depuis le début du confinement en raison des mesures de restriction liées à la pandémie de Covid-19. Le prix du litre du lait a baissé de 500 Ar. Bon nombre d'éleveurs, surtout dans la région Vakinankaratra, ont ainsi été obligés de céder leurs vaches laitières. Nombreux sont également les entreprises opérant dans le secteur de transformation laitière qui ont déposé leurs bilans. Et les principaux clients comme les hôtels et les restaurants sont en cessation d'activité.

Du coup, la vente de lait et de ses produits dérivés a chuté de l'ordre de 70% en raison toujours de cette crise sanitaire ». Le directeur exécutif de MDB (Malagasy Dairy Board), Mira Rakotondrandria, l'a évoqué lors de la célébration de la Journée mondiale du lait hier à son siège à Anosimasina Itaosy.

Mise à jour de la loi. Face à cet état de fait, le MDB, en tant que groupement d'intérêt économique se chargeant de la promotion et de la coordination des activités dans la filière lait, émet des propositions après consultation de tous les acteurs membres. A titre d'exemple, « les opérateurs qui commencent à reprendre leurs activités réclament un financement à taux zéro pour pouvoir réinvestir davantage dans le secteur. Ce financement servira, entre autres, à augmenter leur capacité de stockage pour la production de fromage.

En effet, cette transformation permettra de conserver plus longtemps le lait. Et les produits des éleveurs trouveront ainsi preneur. En outre, une mise à jour de la loi régissant la filière lait et son application effective s'avèrent primordiales. En effet, l'Etat doit renforcer le contrôle de la production laitière et de ses produits dérivés mis en vente sur le marché afin de sécuriser la santé des consommateurs, tout en protégeant les acteurs formels qui investissent beaucoup en matière de respect des normes et qualité », a soutenu le responsable.

Fonds de développement de la filière. Par ailleurs, le MDB réclame à l'Etat la mise en place d'un système de protectionnisme douanier, afin de soutenir les industries nationales de transformation laitière. En outre, « un fonds de développement de la filière lait doit être constitué; et ce, par le biais du prélèvement d'une taxe parafiscale sur les produits laitiers importés. En effet, cette filière porteuse est considérée comme un des leviers du développement économique de Madagascar.

Nous sommes également en étroite collaboration avec le ministère de tutelle afin de réaliser sa vision sur l'autosuffisance alimentaire. Les conditions climatiques et pédologiques ainsi que la disponibilité d'une zone de pâturage de 34 millions d'hectares nous permettent d'atteindre cet objectif », d'après toujours les explications de Mira Rakotondrandria, le directeur exécutif de ce groupement d'intérêt économique. Pour en revenir à la célébration de la Journée mondiale du lait, qui s'est tenue hier, le « don-kaopin-dronono » devient une coutume.

Plus de: Midi Madagasikara

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