Congo-Kinshasa: Polémique sur la fermeture de médias dans la province de la Mongala

En fin de semaine dernière, le bureau des Nations unies pour les droits de l'Homme a dénoncé les atteints aux libertés publiques dans certaines provinces de République démocratique du Congo (RDC), sous couvert d'état d'urgence sanitaire.

Parmi ces provinces, celle de la Mongala, dans le centre-nord du pays, où un journaliste et trois militants de la société civile ont été arrêtés il y a une semaine, le 26 mai. Depuis le 30 mai, ils se trouvent à la prison centrale de Lisala, la capitale provinciale.

Le journaliste Fabrice Ngani, animateur sur la radio « La voix de Bumba FM » et critique de la gestion de la province, est accusé par les autorités provinciales d'avoir bravé l'interdiction d'émettre prise contre quatre radios communautaires de Bumba, au nord de la République démocratique du Congo (RDC).

Celles-ci auraient tenu des propos outrageants et appelé à la haine tribale, selon les autorités locales.

Cette fermeture a été jugée « inacceptable » par le ministre des droits de l'Homme, André Lite, mais le gouverneur Crispin Ngbundu continue de défendre « une décision d'ordre public ».

« Abus de pouvoir »

Bosco Mongbele, porte-parole du gouvernorat, défend une décision préventive pour éviter les violences selon lui que pourraient provoquer les propos tenues sur ces radios.

« Les discours n'ont été que de la diffamation, de l'incitation à la haine et des invectives outrageantes, affirme-t-il.

Nous nous sommes retrouvés en face d'un dérapage et le gouverneur de province a pris en toute responsabilité la mesure préventive de suspendre ce cas de radio communautaire pyromane ».

L'ONG Journaliste en Danger affirme qu'aucune autorité politique n'a le droit de fermer des médias. Tshivis Tshivuadi, secrétaire général de l'organisation, renvoie vers le Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication. « Nous considérons qu'il s'agit là d'actes très graves, d'abus de pouvoir, affirme-t-il.

Quelles que soient les fautes, quelles que soient les récriminations qu'on peut avoir contre ces médias sur le contenu ou les informations qu'ils ont diffusées nous pensons que ni le gouverneur de province et encore moins le président de l'Assemblée n'ont ni qualités ni compétences pour connaître des fautes professionnelles ou des délits de presse qui relèvent exclusivement des instances de régulation d'autorisation des médias ».

Journaliste en danger a saisi le vice-Premier ministre en charge de l'Intérieur, Gilbert Kankonde, pour qu'il intervienne dans la Mongala, mais n'a pas encore reçu de réponse.

Plus de: RFI

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