Sénégal: Personnel soignant touché par COVID-19 à Pikine - Le service d'urgence fermé, les malades vers d'autres structures

Le service des urgences de l'hôpital de Pikine est à l'arrêt depuis dimanche dernier. Les raisons évoquées demeurent la contamination d'un médecin et de deux malades de ce service.

Pour l'heure, les malades de la banlieue sont acheminés soit à l'hôpital Dalal Diam, soit à celui de Grand Yoff. Un véritable calvaire pour les riverains qui doivent débourser beaucoup d'argent pour le transport des leurs.

Le coronavirus continue de faire des ravages dans les rangs du personnel soignant. Si des patients ont peur de se rendre à l'hôpital pour des soins par crainte d'être dépistés positifs, le personnel soignant vit au quotidien avec la peur de l'attraper à tout moment. Au niveau de l'hôpital de Pikine, un établissement de niveau 3, la maladie est venue frapper à la porte du service d'urgence.

Et ce sont un médecin et deux malades qui en ont payé les frais. Aujourd'hui, pour amoindrir les risques de contamination, ledit service qui accueillait les malades de Keur Massar et environs et du département de Pikine, est fermé pour les besoins d'une désinfection.

Les malades et les accompagnants sont, du coup, obligés de faire des kilomètres pour les évacuer dans les services d'urgence les plus proches comme l'hôpital Dalal Diam, l'hôpital général Idrissa Pouye entre autres.

Selon des sources de l'hôpital, ce sont les procédures après détection d'un cas de coronavirus dans une zone.

« Après la mise en quarantaine des cas détectés et le lancement de la procédure des cas contacts, le service d'hygiène passe à la désinfection des lieux avant la reprise des activités ».

Au niveau des urgences, les pathologies les plus présentes demeurent selon nos sources, les affections respiratoires, hypertension, les accidents de la route entre autres.

« Les autres structures sanitaires sont un peu éloignées de Pikine et la zone est très enclavée avec le couvre-feu, c'est un autre poids qui vient s'ajouter à la souffrance de la population.

Toutefois, la population devra prendre son mal en patience car les portes de l'urgence seront ouvertes avant la fin de la semaine. L'administration y travaille ».

Du côté de la population, des craintes ne manquent pas face à cette situation. Si des personnes souffrant de dialyse doivent débourser 10 mille voire 15mille pour se rendre à Le Dantec pour la séance, ce même tarif est demandé par les conducteurs du transport en commun pour l'acheminement du patient.

« Le coronavirus a fini d'installer la psychose au sein de la population et maintenant que dans notre localité, le personnel soignant de notre structure sanitaire est touché, c'est encore pire.

La crainte est que les jours à venir risque d'être difficile pour nous, si ça ne l'est déjà pour certains qui doivent évacuer leurs malades dans certains hôpitaux», a déclaré un de nos confrères habitant dans la localité de Zac Mbao.

Et de poursuivre : «de plus en plus, on assiste à des contaminations au sein du personnel sanitaire, l'Etat doit renforcer la protection pour ces derniers comme ce fut pour ceux qui travaillent dans les centres de traitement du coronavirus.

Mais le constat est que les médecins qui sont dans les urgences travaillent avec les mêmes moyens qu'avant le coronavirus»

Plus de: Sud Quotidien

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