Maroc: Position du Lesotho sur le Sahara occidental, nouveau revers diplomatique pour Rabat

Addis Abeba — Le Maroc vient de subir un nouveau revers diplomatique en Afrique vec les clarifications officielles apportées par le Lesotho sur sa position "inébranlable" concernant le droit à l'autodétermination du peuple du Sahara Occidental.

Par la voix de sa nouvelle cheffe de la diplomatie, Mme Nats'epo Ramakoae, le royaume du Lesotho a réitéré mardi dans une déclaration vidéo sa position historique à l'égard de cette question de décolonisation en tenant à corriger les dérives de l'ancien MAE, Lesego Makgothi, qui en décembre 2019 a décidé de " suspendre toutes les décisions et déclarations antérieures sur le Sahara Occidental", évoquant le maintien d'une soi-disant "neutralité" vis-à-vis des partis au conflit.

Selon la nouvelle ministre, cette décision a été "largement interprétée comme le retrait du soutien du gouvernement du Lesotho au Front Polisario, fermant les yeux sur les souffrances persistantes du peuple arabe sahraoui, dont la terre est occupée par une puissance étrangère depuis maintenant des décennies".

Elle a regretté que cette déclaration ait, alors, "remis en perspective la position de longue date du Lesotho sur le Sahara occidental".

La décision, a-t-elle rappelé, avait soulevé un tollé et des critiques de la communauté internationale, y compris celles de la SADC (la communauté de développement de l'Afrique australe.

C'est à ce titre, a-t-elle ajouté, que "le gouvernement du Lesotho souligne la nécessité de créer des conditions qui permettraient la tenue d'un référendum pacifique et équitable pour l'autodétermination du peuple du Sahara occidental" et "déclare le soutien du Lesotho à une négociation pacifique visant à tenir le référendum sans préconditions".

Le gouvernement du Lesotho a, en outre, indiqué qu'il "enverra sous peu un envoyé spécial au Sahara occidental, au président de la SADC et au président de l'UA pour "corriger ces fausses déclarations et distorsions concernant la position du Lesotho sur le Sahara occidental et pour y réitérer sa position de principe".

Lire aussi : Le Lesotho réitère son "soutien sans équivoque" au droit du peuple sahraoui à l'autodétermination

Mme Nats'epo Ramakoae, a appelé à légitimer le droit à l'autodétermination pour les pays et nations qui n'en jouissent pas encore et ce conformément aux principes et résolutions des Nations Unies.

La ministre a tenu à préciser que la politique étrangère du Lesotho est adoptée au niveau du gouvernement et par conséquent les modifications qui y sont apportées doivent être approuvées collectivement par le gouvernement

Cette "question n'a jamais été soumise à l'examen du gouvernement. Par conséquent, toute déclaration visant à modifier la position du Lesotho sur cette question est sans effet", a-t-elle affirmé.

Mats'epo Ramakoae n'a pas manqué de rappeler dans sa déclaration les relations cordiales qu'entretiennent le Lesotho et le Sahara occidental, qui sont appelées à se consolider de plus en plus, soulignant l'échange de visites officielles entre les deux pays.

Aujourd'hui, le désaveu est cinglant pour Rabat qui a compté en 2019 sur une opération d'achat de voix pour tenter d'infléchir la position de certains pays africains.

Dans une série de tweets, l'ambassadeur et représentant permanent du Lesotho à l'Union Africaine, Mafa M. Sejanamane s'est félicité des clarifications apportées par Mme Nats'epo Ramakoae.

"Je me réjouis que notre nouveau ministre des Affaires étrangères et internationales ait publiquement dissipé si tôt le nuage sur le Sahara Occidental. Le Lesotho soutient sans équivoque l'autodétermination du peuple du Sahara Occidental. Le colonialisme appartient à l'ancienne ère", a-t-il tweeté.

Le diplomate a refusé de commenter les motivations de l'ancien MAE du Lesotho mais a promis de faire bientôt des révélations sur cette affaire.

"Pour l'instant, je ne dirai pas comment et pourquoi l'ancien ministre a fait ce qu'il a fait. Bientôt je le ferai (...) Fin février de cette année, il m'a donné une explication invraisemblable et j'ai refusé de la

commenter", a-t-il indiqué.

La mi-mai, le leader adjoint du Basotho National Party (BNP), Machesetsa Mofomobe, a accusé dans une vidéo à l'adresse des partisans du BNP, l'ancienne première dame du Lesotho d'avoir perçu des financements en échange du renoncement du Lesotho à son soutien à la cause sahraouie.

Mofomobe avait, alors, déclaré qu'un nouvel gouvernement était nécessaire pour préserver le Lesotho des manœuvres de la première dame.

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