Rwanda: Génocide - Décision clé pour Félicien Kabuga

Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) à Arusha

La justice française doit dire, ce mercredi, si le présumé financier du génocide de 1994 est transféré à la justice internationale.

La cour d'appel de Paris doit dire si elle remet Félicien Kabuga entre les mains de la justice internationale ce mercredi (03.06.2020). Elle va se prononcer sur l'exécution d'un mandat d'arrêt lancé par le Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI), à Arusha, en Tanzanie, la structure chargée d'achever les travaux du Tribunal international pour le Rwanda (TPIR). Une structure qui souhaite juger Félicien Kabuga pour génocide et crimes contre l'humanité.

Mais la défense de Félicien Kabuga, qui évoque ses craintes d'une justice internationale "partiale", demande son jugement en France.

Après 25 ans de cavale, celui qui est soupçonné d'être le financier du génocide de 1994 au Rwanda avait été arrêté en France, le 16 mai dernier. Il est suspecté d'être à l'origine des milices hutu Interhamwe. Il aurait aussi mis sa fortune à contribution pour acheminer des milliers de machettes aux miliciens. Des accusations qu'il conteste.

Interrogation de la communauté rwandaise en France

Aujourd'hui la communauté rwandaise de Paris s'interroge sur les soutiens dont Félicien Kabuga a pu bénéficier pour se cacher en France. L'association de la communauté rwandaise de France a saisi le parquet de Nanterre, le 22 mai dernier, pour demander l'identification et la poursuite de ceux qui ont permis à Felicien Kabuga d'échapper à la justice.

"Pour qu'un homme puisse se cacher de la justice, il n'a pas pu le faire uniquement avec la complicité de ses enfants", estime Angélique Ingabiré, la présidente de l'association. "On sait qu'il a eu une vingtaine de pièces d'identité, de passeports, donc on se dit qu'il a surement bénéficié de complices mais c'est l'enquête qui révélera quels genres de complicités il a bénéficié."

D'autres génocidaires en France ?

Marcel Kabanda, historien rwandais vivant en France, se demande aussi pourquoi Féliciein Kabuga n'a pas été arrêté plus tôt. "C'est un camouflet pour les services de renseignement français, cela pose un problème de sécurité de ce pays, que font ces services ? Dans les deux cas, s'il est arrivé incognito, ou s'il est arrivé avec la complicité, dans tous les cas il y a un problème", insiste-t-il.

Jeanne Allaire Kayigirwa, rescapée du génocide, attend elle désormais que de la justice qu'elle fasse toute la lumière sur la présence en France d'autres présumés génocidaires. "On sait qu'il y en a beaucoup d'autres. Combien déjà, ont été accueillis ? Combien ont été régularisés ?", interroge-t-elle.

Un long processus

En attendant les résultats de l'enquête suite à la plainte de l'Association de la communauté rwandaise de France, les rescapés du génocide vivants en France attendent que Felicien Kabuga soit rapidement transféré devant la justice internationale. Mais, même même en cas d'avis favorable sur son transfert ce mercredi, Félicien Kabuga pourra encore saisir la Cour de cassation pour aller contre cette décision. La Cour aura ensuite deux mois pour se prononcer.

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