Rwanda: Félicien Kabuga - La justice dit "oui" à un procès à Arusha

Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) à Arusha

La cour d'appel de Paris est favorable à la remise du "financier" du génocide rwandais à la justice internationale. Il va faire appel de la décision.

La justice internationale devrait juger Félicien Kabuga pour son implication dans le génocide rwandais. Mercredi (03.06.20), la cour d'appel de Paris a émis un avis favorable à sa remise à la justice internationale.

"Je m'attendais à cette décision, on est dans un contexte extrêmement politique", a déclaré à des journalistes Laurent Bayon, un de ses avocats, à l'issue du délibéré.

Crainte d'une justice partiale

Félicien Kabuga souhaite être jugé en France. Il redoute en effet une justice partiale, d'où son refus d'etre transféré à Arusha, en Tanzanie, où siège le tribunal de l'ONU qui doit le juger pour génocide et crimes contre l'humanité. Ses avocats craignent qu'une fois M. Kabuga en Tanzanie, le Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI) ne décide de remettre leur client aux autorités rwandaises, contournant ainsi le refus de la France de livrer les suspects du génocide à Kigali.

Après le délibéré de la cour d'appel de Paris, les conseils de M. Kabuga ont annoncé leur intention de saisir la Cour de cassation, l'instance supérieure en France.

Depuis plus de 25 ans, Félicien Kabuga était en cavale. L'association de la communauté rwandaise de France a saisi la justice française pour poursuivre et identifier ceux qui ont permis à M. Kabuga d'échapper pendant toutes ces années à la justice. Les rescapés du génocide rwandais vivant en France demandent la remise à la justice internationale de l'octogénaire.

Félicien Kabuga, arrêté samedi (16.05.20) en banlieue parisienne, est notamment accusé d'avoir créé, avec d'autres individus, les milices hutu Interahamwe, principaux bras armés du génocide de 1994 qui fit, selon l'ONU, 800.000 morts, essentiellement au sein de la minorité tutsi. Le "financier" du génocide aurait mis sa fortune à contribution pour acheminer des milliers de machettes aux miliciens.

Mais l'ancien président de la tristement célèbre Radio télévision libre des Mille collines (RTLM), qui diffusa des appels au meurtre des Tutsi, conteste l'intégralité des sept chefs d'inculpations.

Plus de: DW

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