Cote d'Ivoire: Songon-Ville nouvelle - Un endroit qui fait rêver... mais que de surprises !

Six ans après un démarrage en trombe des opérations immobilières, le projet connaît des écueils qui retardent son plein envol. Randonnée dans une ville d'avenir.

Songon. Nom générique d'un ensemble de villages situés dans la banlieue ouest d'Abidjan, à une quinzaine de kilomètres.

Ce que l'on pourrait qualifier de préfixe de l'appellation de cette agglomération rime depuis 7 ans avec le programme gouvernemental de logements sociaux et économiques. De sorte qu'à Songon est née une « ville nouvelle ». Ou du moins est en train de naître.

Songon-Ville nouvelle se situe précisément à Songon-Kassamblé. On y accède depuis le carrefour de la pharmacie Eliora.

Ce qui s'impose tout de suite à la vue est plutôt enchanteur. Il s'agit d'une belle et grande artère de 2x2 voies qui s'étire à perte de vue. C'est incontestablement la première surprise... la belle surprise pour tout nouveau visiteur.

Cette voie est en quelque sorte le boulevard principal de la nouvelle ville. Bitume impeccable. Beau décor des lampadaires. Trottoirs libres - les vendeurs ne se sont pas encore installés. Chaussées dégagées - les véhicules sont rares.

Songon-Ville nouvelle impressionne vraiment par la densité de ses belles artères qui relient les différentes cités réalisées ou en construction par la multitude de sociétés immobilières. Ce sont de belles avenues en perspectives, qui font penser à la ville de Yamoussoukro.

En parcourant l'endroit, on se dit : « La circulation sera très facile ici ». On se dit aussi : franchement, le niveau du standing des artères est largement au-dessus de celui des maisons, comme le fait remarquer Koné Abdoulaye, chauffeur dans une entreprise de presse.

Du bon, du beau, du moins beau, du regrettable...

Du boulevard principal, le visiteur peut se faire une idée globale de cette banlieue en construction. Où il y a du bon, du beau, du moins beau, du regrettable et du mauvais. Notamment en ce qui concerne l'essentiel. C'est-à-dire les habitations.

De loin, c'est du rêve ! Mais de près, il y a à redire. De sorte que le visiteur est pris entre l'émerveillement et la désolation ! Le sentiment d'inachevé est quasi présent. De nombreux terrains vagues entre les cités - heureusement transformés en champs de manioc.

De belles maisons non habitées, comme ces superbes villas duplexes en préfabriqués réalisées par une entreprise chinoise.

L'image est insupportable. La brousse a envahi les lieux. On aurait dit un quartier dont les habitants ont fui une calamité. Un quartier fantôme. Alors qu'en réalité toutes ces maisons n'ont jamais été habitées.

Ou encore, à une centaine de mètres de là, ces petites maisons de couleur rose construites sommairement qui, après avoir attendu en vain leurs propriétaires, sont en train de tomber en ruine. Les toitures qui ne tiennent plus.

La boiserie qui fout le camp. Les herbes qui y ont pris place, etc. Quand ce n'est pas la flotte qui les envahies en saison des pluies à cause de leur niveau d'implantation trop bas par rapport à la route.

Un bel endroit en devenir

La route. Ou plus exactement les belles et vastes voies libres. L'automobiliste qui y roule doit faire beaucoup attention.

Il ne faut pas se laisser endormir par le confort de roulement. Il y a des dangers insoupçonnés. Ce sont les nombreux giratoires non encore réalisés. Tout automobiliste non averti roulant à grande vitesse pourrait être surpris et y casser sa voiture.

Attention ! La prudence doit l'être davantage la nuit tombée. Car aucun de ses beaux lampadaires qui décorent les grandes voies ne s'allume.

Ils ne sont pas encore mis sous tension. La nuit, c'est l'obscurité totale ! « Ces belles routes perdent leur splendeur à la tombée des ténèbres, apprend-on auprès des habitants ».

Les pièges de la route maîtrisés, le visiteur peut tout de même se faire une idée de ce bel endroit en devenir du Grand Abidjan.

Quand des cités comme Venus, Lauriers, Ouaga 2000, Nzi-Kan, Perles des lagunes, Arc-en-ciel, Addoha... auront fière allure grâce à leurs propriétaires qui leur auront donné vie en les occupant, enfin, Songon-Ville nouvelle sera peut-être « plus grande que le Plateau et sera aussi belle que la Riviera Palmeraie », comme le promettait Mamadou Sanogo, alors ministre en charge de la Construction et du Logement, le 24 avril 2015, à l'occasion d'une visite de chantiers.

Mais avant, il faudra apporter l'eau courante et l'électricité, régler le problème des fosses septiques et autres infrastructures primaires et secondaires.

Pour l'heure, seules quelques petites communautés d'habitants existent. Ces personnes qui font figure de pionnières ont bravé la crainte de l'isolement, l'absence d'eau courante et d'électricité pour s'installer dans ce temple du grand silence et des ténèbres. De tranquillité aussi.

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