Madagascar: Vives tensions à Toamasina - Affrontemants entre forces de l'ordre et manifestants

Le régime Rajoelina traverse sa première véritable crise depuis le début de la gestion du coronavirus.

Hier, un « sakoroka » s'est déclenché à Toamasina. De vives tensions se sont installées dans la Ville du Grand Port. En milieu de l'après-midi, des troupes de jeunes tamataviens ont érigé des barrages dans quelques quartiers.

Les affrontements ont débuté à Androranga où des jeunes ont notamment brûlé des pneus au milieu de la route pour bloquer la circulation.

D'après les informations, ils sont sortis dans la rue pour dénoncer, selon eux, « des bavures » qui auraient été perpétrées par les éléments des Forces de l'ordre qui sont actuellement en mission à Toamasina pour veiller sur l'application des mesures prises dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire.

Un jeune homme blessé et inconscient gisait à terre. Selon les manifestants, il aurait été victime de violences policières.

Une accusation rejetée en bloc par un communiqué de la Police nationale qui explique que selon les témoignages, ce jeune aurait été tabassé à l'aide d'un bâton blanc, pourtant, les bâtons utilisés par les Forces de l'ordre sont de couleur noire.

Les éléments des Forces de l'ordre dépêchés sur les lieux pour disperser la foule ont été accueillis par des jets de pierres.

Ces derniers ont riposté par des jets de grenades lacrymogènes et des tirs en l'air. L'affrontement a duré un bon moment.

Cependant, aucun blessé n'a été recensé. En début de soirée, le jeune homme a repris conscience. D'après son témoignage, il a été tabassé par des hommes vêtus de tee-shirt camouflage.

« Je ne suis pas sûr que ces gens sont des éléments des Forces de l'ordre car certains d'entre eux n'étaient pas en tenue », affirme-t-il. Après Androranga, le sakoroka s'est poursuivi dans d'autres quartiers de Toamasina, notamment à Ambolomadinika.

Ultimatum. Bon nombre d'observateurs soupçonnent des dessous politiques derrière la situation actuelle à Toamasina. En effet, dans la journée d'hier, une vidéo de gens qui se disent des « Raiamandreny » a circulé sur les réseaux sociaux.

Ces gens accusent ouvertement le président Andry Rajoelina d'être « incapable de gérer convenablement la crise du coronavirus et de renvoyer les responsabilités de son échec à la population de Toamasina ».

Ces gens lancent ainsi un ultimatum de 72h au Chef de l'Etat pour démissionner de son poste. La question est de savoir quand est-ce que cet ultimatum a débuté puisque d'après les informations, les auteurs de cette vidéo ont déjà tenté de publier leur déclaration par une station de télévision privée de la capitale il y a deux semaines mais les responsables de cette chaîne n'ont pas voulu prendre le risque de la publier.

Quoiqu'il en soit, l'on sait qu'une enquête a été ouverte pour faire la lumière sur la situation qui prévaut actuellement à Toamasina.

Du côté du régime, l'on soupçonne une déstabilisation orchestrée de l'intérieur et de l'extérieur. Des noms de politiciens anti-régime sont cités comme étant les instigateurs de cette récupération politique en pleine crise sanitaire.

7 respirateurs. Pour ce qui est de la lutte contre le COVID-19, l'on sait que le régime tente par tous les moyens de sauver la population de Toamasina. Plusieurs mesures ont été prises pour convaincre les Betsimisaraka de rester chez eux afin de limiter la contamination.

Au total, 550 militaires dont une cinquantaine de médecins ont été dépêchés dans la Région Atsinanana. Des équipes spécialisées mènent depuis le début de cette semaine un tracking-contacts au niveau de tous les fokontany.

La semaine dernière, un avion spécial a amené des aides sociales et plusieurs équipements sanitaires pour la population locale, mais aussi pour le personnel médical qui fait face directement au COVID-19. Toamasina vient de faire l'acquisition de 7 respirateurs de plus dont 5 émanant de l'Etat Malgache et 2 venant de la Fondation Akbaraly.

La semaine prochaine, la Ville du Grand Port sera dotée d'un nouveau laboratoire médical pour multiplier les tests PCR.

Plus de: Midi Madagasikara

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