Cameroun: Maires des villes - A l'épreuve du terrain

Entrés en fonction il y a exactement trois mois, les successeurs des délégués du gouvernement ont été confrontés à la pandémie du coronavirus. Mais pas seulement.

Ils avaient probablement rêvé d'une meilleure entrée en scène, eux que l'opinion désigne sous l'appellation de « super-maires des villes ». Mais c'était sans compter avec la pandémie du coronavirus qui n'épargne aucun pays dans le monde aujourd'hui et qui a dû amener les différents pays à revoir leur mode de fonctionnement. Les 14 maires de ville, successeurs des délégués du gouvernement, à la faveur de l'application de la loi du 24 décembre 2019 portant Code général des collectivités territoriales décentralisées, sont désormais des magistrats municipaux élus.

Ces hommes sont donc sous le feu de l'action depuis le début du mois de mars dernier dans leurs villes respectives. Comme le leur impose malheureusement l'actualité, la lutte contre la pandémie du coronavirus est au cœur de leur action depuis lors. Eux qui n'ont même pas eu le privilège de goûter au privilège d'une installation officielle. Avec tout le faste nécessaire à ce type de cérémonies. La situation actuelle interdisant des regroupements au-delà de cinquante personnes. Mais ce n'est certainement que partie remise. Il faut actuellement parer au plus urgent : apporter tout l'appui nécessaire aux populations dans le cadre de la lutte contre la propagation de la pandémie du Covid-19. Ce à quoi les uns et les autres s'attèlent. Mais il serait illusoire de penser que l'action des maires de villes, depuis leur entrée en fonction se limite simplement à la lutte contre ce «virus sournois». Ils sont avant tout des magistrats municipaux et doivent, en tant que tels, répondre à certaines préoccupations de leurs administrés. La loi sus-mentionnée est venue transférer de nouvelles compétences aux maires. Soit onze au total qui s'ajoutent à la vingtaine que l'Etat leur avait déjà concédé dans le cadre des lois du 22 juillet 2004.

Toutefois, et comme l'indique le politologue Alphonse Bernard Amougou Mbarga qui réfute par ailleurs l'appellation de « super-maire », les maires des villes doivent intégrer la gestion de la pandémie du coronavirus dans leurs programmes respectifs car, pour lui, gérer une crise sanitaire fait entièrement partie des missions du maire. Ainsi, les élus de la cuvée 2020 ne sauraient se ranger derrière la gestion de la crise sanitaire actuelle pour ne pas présenter un bilan au terme de leur mandat qui de- vrait intervenir en 2025. Ils seront désormais appelés à rendre compte aux populations, même si ceux qui sont en fonction en ce moment travaillent sur la base d'un plan d'action et d'un budget validés par les délégués du gouvernement leurs prédécesseurs. Mais continuité du service public oblige, ils doivent rapidement se faire la main et trouver leurs marques dans cette difficile, mais exaltante tâche qu'est la gestion municipale. Surtout dans le nouvel environnement où ils sont de plus en plus perçus comme un choix de la base qui, lui-même a résulté de la volonté du président de la République de donner plus de possibilités aux Camerounais dans la gestion de leurs affaires locales .

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