Afrique: Sport - L'Afrique va-t-elle connaître une année blanche sportive ?

Quand et comment les pays africains pourront-ils reprendre avec les compétitions sportives ? Difficile à dire tant la pandémie du coronavirus continue à progresser dans plusieurs pays du continent.

Alors qu'ailleurs, en Europe précisément, les activités sportives reprennent progressivement à l'instar du championnat d'Allemagne de football (Bundesliga) qui a repris dans les conditions du huis clos, les pays africains ne savent pas quand ils pourront relancer les activités sportives sur le continent.

C'est dans ce contexte que plus de soixante-dix participants, dont des officiers de sûreté et de sécurité des associations membres de la Confédération africaine de football (CAF), ont pris part en ce début du mois de juin à une réunion par visioconférence pour discuter des conséquences de la pandémie du coronavirus sur les aspects de sûreté et de sécurité du football dans le continent pour tous les intéressés d'être mis au courant des défis possibles. Il s'agissait aussi lors de cette rencontre de faire des recommandations sur les mesures possibles à prendre par les associations membres avant la reprise du football dans leurs pays respectifs.

Rappelons que les principales activités sportives à travers le continent ont été suspendues depuis la mi-mars 2020 en raison de la Covid-19, y compris les compétitions majeures de la Confédération africaine de football (CAF) telles que le Championnat d'Afrique des nations (CHAN) Cameroun-2020, les éliminatoires de la Coupe d'Afrique des nations Cameroun-2021, les éliminatoires de la Coupe du monde féminine et les compétitions interclubs.

Incertitude sur la tenue de la CAN 2021 au Cameroun

Initialement prévue en 2019 mais réattribuée à l'Egypte en raison de retards dans les travaux d'infrastructures, la coupe d'Afrique des Nations (CAN) au Cameroun a été reprogrammée du 9 janvier au 6 février 2021. Mais, comme pour l'Euro ou la Copa America, déplacés d'un an et repositionnés à l'été 2021, la crise sanitaire mondiale risque à son tour de bouleverser de nouveau le calendrier de la CAN. Dans un entretien publié dans un média allemand, le président de la CAF, Ahmad Ahmad, a temporisé sur le sujet, rappelant que « la priorité des priorités » reste la protection des joueurs et du public. « Face à une telle situation, j'estime que toutes les parties prenantes dans l'organisation de ces compétitions pourront se retrouver plus tard pour discuter et se concilier pour que l'on puisse ensemble trouver un moyen de reprendre », a-t-il déclaré.

Ahmad Ahmad a souligné la différence de contexte, soulignant qu'il n'est pas facile de tirer des conclusions alors que si peu de tests ont été effectués. « Comme nous voyons le nombre de tests qui ont été effectués dans ces pays, c'est toujours alarmant, car nous manquons de visibilité dans la gestion de cette pandémie », a encore indiqué le président de la CAF dans cet entretien au média national allemand. De même que le patron de la CAF, plusieurs figures majeures du foot africain plaident d'ores et déjà pour un report, à l'instar de Samuel Eto'o.

Report de la Basketball Africa League

Sur un autre registre, alors que l'Afrique en partenariat avec la NBA s'apprêtait à lancer la nouvelle ligue professionnelle panafricaine, la Basketball Africa League (BAL), qui devait donner son coup d'envoi le 13 mars dernier près de Dakar au Sénégal, celui-ci a été reporté par crainte de la propagation du nouveau coronavirus.

La BAL est une nouvelle compétition composée de douze équipes issues de tout le continent. Elle devait voir ses compétitions démarrer dans la nouvelle et prestigieuse enceinte de la « Dakar Arena de Diamniadio », située à quelque 30 km de Dakar, et ce, du 13 au 15 mars. Au total, ce sont douze équipes de seize joueurs qui sont appelées à y participer. Chaque équipe doit au moins compter huit joueurs de la nationalité de l'équipe représentée, quatre joueurs étrangers au maximum et pas plus de deux joueurs non africains. Outre Dakar, les villes du Caire en Egypte, de Lagos au Nigéria, de Rabat au Maroc, de Monastir en Tunisie et de Kigali au Rwanda vont servir de cadre aux phases finales.

Quel impact financier sur les sportifs évoluant sur le continent ?

Cet arrêt des championnats et des compétitions soulève la question des répercussions financières. Mais il semble que, pour l'instant, il y a peu d'impacts sur les clubs africains. En effet, ces derniers appartiennent le plus souvent à des acteurs privés, leur financement provient souvent de fonds propres. Quant aux bénéfices, ils n'interviennent qu'en bout de compétition. Les clubs ne gagnant de l'argent que s'ils arrivent en demi-finale minimum.

Au-delà des clubs et des organisateurs de championnat, c'est la situation des joueurs individuellement qui préoccupe les instances managériales du continent. L'arrêt des compétitions est synonyme d'arrêt de travail pour les joueurs. Et beaucoup d'entre eux se sont investis également pour venir en aide aux populations organisant des distributions de dons et autres. Le continent africain est jusqu'à présent relativement épargné par la pandémie, qui y a officiellement fait près de trois mille morts.

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