Sahara Occidental: Processus d'autodétermination au Sahara occidental - Les manœuvres de la France déjouées

Bil Lahlou — Un diplomate sahraoui, Deich Mohamed Saleh, a dénoncé l'"inaction" et la "position hésitante" du Conseil de sécurité de l'ONU concernant l'organisation d'un référendum d'autodétermination au Sahara occidental, condamnant le soutien de la France à Rabat pour son occupation illégale du territoire et ses tentatives continues de paralyser le processus.

"Il est absurde que le Conseil de sécurité de l'ONU n'ose pas imposer de sanctions contre le Royaume du Maroc pour son obstruction au référendum. Aucun des cinq membres permanents ne plaide pour l'exercice immédiat du droit inaliénable du peuple du territoire à l'autodétermination et à l'indépendance, tout comme la France défend l'occupation marocaine du Sahara occidental. De plus, ils sont restés silencieux sur les crimes commis par les autorités marocaines dans les territoires sahraouis occupés", a déploré M. Mohamed Saleh dans son analyse sur les raisons du blocage du processus d'autodétermination au Sahara occidental, publiée jeudi par l'agence de presse sahraouie (SPS).

Deich Mohamed Saleh, qui était le chef du bureau du défunt président sahraoui, Mohamed Abdelaziz, et ancien ambassadeur au Zimbabwe, a en outre indiqué qu'"il est vrai qu'il y a un changement fondamental dans les positions des Etats-Unis, de la Russie, Royaume-Uni et la Chine sur le conflit au Sahara occidental, mais n'a pas encore atteint le point de défendre la France", rappelant les "efforts importants déployés par des personnalités éminentes en tant qu'Envoyés personnels du Secrétaire général de l'ONU comme M. James Baker III, ancien secrétaire d'Etat américain et l'ambassadeur Cristopher Ross ainsi que l'ancien président de l'Allemagne, Horst Kohler, qui a échoué en raison du "manque de volonté des cinq" en référence aux membres permanents du Conseil de sécurité dont la France.

Les manœuvres de la France déjouées

Aussi, a averti le responsable sahraoui, l"'influence de la France sur les décisions du Conseil de sécurité, si elle se poursuit, pourrait conduire au pire de l'histoire du Conseil concernant la question du Sahara occidental".

Il est clair, a-t-il dit, que le Secrétariat des Nations Unies et le Conseil de sécurité "ne se sont jamais intéressés à établir la légitimité internationale dans le nord-ouest de l'Afrique par l'exercice du droit à l'autodétermination du peuple du Sahara occidental.

Au lieu de cela, "ils travaillent ensemble depuis environ vingt-neuf ans pour déposséder le peuple du territoire et son état de leurs droits légitimes et le concéder à l'occupant, le Royaume du Maroc, dont ses prétentions ont été rejetées par l'avis consultatif de la CIJ en 1975", a-t-il noté, avant de réaffirmer que "la RASD, représentée par le Front Polisario, a accepté et accepte toujours de s'engager dans tout processus conduisant à un référendum d'autodétermination, sinon elle prendra les mesures nécessaires, y compris la lutte armée pour libérer le reste de ses territoires encore occupés par le Maroc".

Il a dénoncé le fait que la France "continue de soutenir l'occupation illégale par le Maroc du Sahara occidental dans le cadre de plans plus vastes visant à atteindre la stabilité de nombreux pays d'Afrique du Nord".

Le Front Polisario dénonce le soutien de l'Espagne et la France à l'occupation marocaine

M.Mohamed Saleh a, en outre, appelé à une "volonté sérieuse" de la part de la communauté internationale de "mettre fin rapidement" à ce conflit de longue date sur la base de la légitimité internationale conformément aux chartes et résolutions des Nations Unies et de l'Union Africaine.

Aussi, a-t-il relevé, "la restauration du rôle pivot de l'UA est cruciale à ce stade, étant donné que ce qui se passe est sur les terres africaines et entre deux pays africains et les deux sont membres du même bloc". Avec son adhésion à l'Union africaine, le Royaume du Maroc "est tenu de respecter les principes fondamentaux contenus dans l'Acte constitutif de l'UA, notamment, le respect des frontières existantes lors de l'accession à l'indépendance, et l'interdiction de l'utilisation de la force ou de la menace de recourir à la force contre d'autres Etats membres de l'UA (article 4)", a-t-il conclu.

A La Une: Sahara Occidental

Plus de: Algerie Presse Service

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.