Libye: Reprise de l'aéroport de Tripoli par le GNA sur fond d'appel de l'ONU au dialogue

Des bâtiments détruits, à Tripoli, la capitale de la Libye.

L'horizon de la paix s'éloigne

En Libye, la bataille entre les forces du Gouvernement d'union nationale (GNA) conduit par Fayez al Sarraj reconnu par la communauté internationale, et celles du maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de l'Ouest, fait rage. En effet, il y a de cela plusieurs semaines, les troupes du maréchal avaient fait une percée pour se retrouver aux portes de Tripoli, la capitale, dont elles ont fait depuis le siège. Mais depuis une dizaine de jours, les troupes du GNA affirment avoir enchaîné des victoires dont l'une des plus emblématiques est la reprise de l'aéroport international de Tripoli, le 4 juin dernier, obligeant l'adversaire à battre en retraite. Ce, dans un contexte où l'Organisation des nations unies (ONU) appelait, deux jours plus tôt, à une reprise des pourparlers militaires entre belligérants, en vue d'un cessez-le feu. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'avec ces derniers développements, l'horizon de la paix s'éloigne en Libye. Car, il y a des raisons de croire que le maréchal Haftar ne restera pas sur cet échec pour aller à un quelconque conciliabule.

On assiste, au pays de Kadhafi, à une guerre par procuration des grandes puissances

D'autant qu'avant de s'asseoir autour de la table des négociations, son adversaire qui, dans le cas présent, a bénéficié, entre autres, de l'aide de drones turcs et de mercenaires syriens, a clairement exprimé sa volonté de chasser ses troupes le plus loin possible. C'est dire si de part et d'autre, on peut craindre que les protagonistes derrière lesquels se sont rangées bien des puissances occidentales, ne soient guidés par la volonté d'arriver en position de force à ces pourparlers de la paix.

Dès lors, on peut se demander quelles chances cet appel au dialogue de l'ONU pour parvenir à un cessez-le feu, a-t-il d'aboutir. La question est d'autant plus fondée que de Moscou à Berlin en passant par Paris et Brazzaville, entre autres, les initiatives précédentes de conciliation des positions des deux frères ennemis libyens, se sont toutes soldées par des échecs.

Or, tant que le crépitement des armes continuera de se faire entendre, il sera illusoire de parler de paix. D'autant qu'avec ce conflit qui a fini de s'internationaliser en raison de la manne pétrolière qui fait l'objet de toutes les convoitises, l'on assiste, au pays de Kadhafi, à une guerre par procuration des grandes puissances qui, après avoir comploté pour éliminer le Guide de la Jamahirya, s'acharnent à présent tels des vautours en quête de charogne, sur la dépouille de son pays. C'est pourquoi l'on est porté à croire que tant que les intérêts des grandes puissances seront prégnants dans ce pays, les Libyens ne connaîtront jamais la paix.

De même que les pays du Sahel en proie au terrorisme dont la solution, dans cette région, dépend en grande partie de la stabilisation de la Libye devenue, par la force des choses, une ruche à ciel ouvert de terroristes de tout poil. Cela dit, on peut d'autant plus douter de l'efficience de la solution par le bazooka en Libye que l'on assiste à une sorte d'équilibre des forces dont on se demande si elle n'est pas savamment entretenue sur le terrain par les grandes puissances, pour mieux tirer profit du chaos libyen.

Il est impératif que les protagonistes de cette guerre fratricide fassent preuve d'un sens assez élevé de patriotisme

Car, il est une certitude que ce capharnaüm entretenu à la poudre et au canon, ne profite pas au peuple libyen qui souffre le martyre depuis bientôt une décennie, suite à la disparition du colonel Kadhafi dans les circonstances que l'on sait. C'est pourquoi il est impératif que les protagonistes de cette guerre fratricide fassent preuve d'un sens assez élevé de patriotisme pour comprendre le rôle nauséeux qu'on leur fait insidieusement jouer dans ce conflit qui contribue à détruire chaque jour un peu plus, le pays de leurs ancêtres.

C'est dire si la paix, en Libye, reste encore largement tributaire de la volonté réelle et de l'engagement sincère de ses propres fils, à fumer le calumet de la paix. A trop compter sur une hypothétique solution venant de l'extérieur, les Libyens risquent de boire le calice de la souffrance et de la désillusion jusqu'à la lie. Car, il est désormais bien connu que les Etats n'ont pas d'amis ; ils n'ont que des intérêts.

C'est pourquoi il est à craindre que le pays de Kadhafi où, en plus de la manne pétrolière, se joue une partie et pas des moindre de l'économie très lucrative de la guerre de certains pays, ne continue d'être la vache laitière de certaines puissances au moment où d'aucuns se demandent comment se relever de la pandémie du Covid-19 qui a fini de mettre à rude épreuve leurs économies respectives.

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