Burkina Faso: Elections de novembre 2020 - La CODER pose des préalables

Les membres-fondateurs de la Coalition pour la démocratie et la réconciliation nationale (CODER) ont animé une conférence de presse, le jeudi 4 juin 2020 à Ouagadougou. Ils ont planché sur la situation nationale et la tenue des élections du 22 novembre prochain.

La Coalition pour la démocratie et la réconciliation nationale (CODER) émet des réserves quant à la possible tenue des élections présidentielles et législatives du 22 novembre prochain. La raison, pour ses membres fondateurs qui ont animé une conférence de presse, le jeudi 4 juin 2020 à Ouagadougou, est liée aux multiples crises que traverse le Burkina actuellement. « C'est une lapalissade de dire que le Burkina vit aujourd'hui une crise multidimensionnelle jamais connue de toute son histoire », a déclaré le président de la coalition, Dr Ablassé Ouédraogo. Comme maux qui minent le pays, il a cité les crises sécuritaire et sanitaire et les luttes syndicales qui, de son avis, plongent la nation dans des lendemains incertains.

Face à cette réalité où « le peuple est en proie à des calamités globales », c'est lui faire des injures que d'outrepasser sa sauvegarde pour lui parler d'élections, ont estimé les animateurs du point de presse. « La tenue d'une élection ne saurait primer sur la sécurité et la vie des électeurs qui constituent le corps électoral », ont-ils insisté, ajoutant que les préoccupations vitales des Burkinabè sont autres que les élections. A les entendre, les priorités du peuple sont pour l'heure la sécurisation des communautés, la lutte contre les maladies, « l'errance » des populations, la transparence et la sécurisation du processus électoral. Et face à cette situation, la CODER recommande de réconcilier, en premier lieu, les Burkinabè.

Toute chose qui, selon la coalition, pourrait constituer l'un des socles et une des solutions dans la lutte contre l'insécurité et le terrorisme qui endeuillent les populations. « Nous mettons en garde contre toute tentative de rejeter ou de chercher à abjurer la réconciliation nationale et réaffirmer que la priorité reste l'union sacrée », a soutenu Ablassé Ouédraogo. Et d'ajouter qu'au regard de l'horizon politique fait d' « incertitudes » qui se profilent, seul un peuple uni et réconcilié sera à même de préparer un avenir de paix, de stabilité, de sécurité et d'un vivre- ensemble apaisé. Laquelle réconciliation, de son point de vue, a d'ailleurs été l'un des credos de la CODER, depuis qu'elle a été portée sur les fonts baptismaux, en octobre 2016.

Un mémorandum, a-t-il rappelé, a même été remis au président du Faso, en février 2018, avec « des propositions innovantes ». Mais, la réconciliation et le dialogue politique, tels que menés par les plus hautes autorités du Burkina, de l'avis de la coalition, n'est pas de nature à créer une véritable cohésion nationale, gage d'un vivre-ensemble et d'un développement du pays. « Tant que le pouvoir s'entourera seulement du CFOP et de son cadre de concertation pour décider des questions nationales, il continuera de perpétuer l'exclusion », a-t-il déploré.

Qu'à cela ne tienne, les animateurs de la conférence demeurent convaincus que la réconciliation reste un préalable et constitue le pas à franchir avant toute élection et l'élaboration d'une nouvelle constitution. « Il faut faire une pause pour régler la question sécuritaire et sanitaire avant de penser aux élections », a renchéri Herman Yaméogo, un des animateurs du point de presse. Il a, en outre, lancé un appel à la prise de responsabilité de tous par rapport à la situation nationale et aux tentatives de « subsidiarisation » des priorités du moment.

Plus de: Sidwaya

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