Ile Maurice: Ambiance pour le Budget - Petites piques entre adversaires...

On se posait la question de la langue mais Renganaden Padayachy n'a pas dérogé à la règle en tenant son discours en anglais. Si ce n'est les dix dernières minutes qui étaient en français lors d'un résumé des mesures populaires. Ce qui était moins de tradition étaient les contraintes sanitaires strictes.

Un peu plus tôt, alors que le ministère des Finances énumérait les mesures à réaliser pour contenir des inondations, la tablette sur laquelle il avait sauvegardé son discours a «buggé». Un petit incident qui a provoqué des plaisanteries.

«Li abitié avek Fransé», a plaisanté Franco Quirin. L'autre député du MMM, Aadil Ameer Meea, a cru comprendre qu'«un flash flood» était à l'origine de cette panne technique de moins d'une minute. En tout cas, Renganaden Padayachy n'a pas cédé à la panique. «Pran enn hard copy», lui a conseillé Patrick Assirvaden, député du Parti travailliste. Beaucoup ont cru qu'il allait emprunter la copie de son discours que Pravind Jugnauth feuilletait, mais il a préféré régler lui-même le problème.

D'ailleurs, dès son entrée dans l'Hémicycle, le langage corporel du ministre des Finances laissait comprendre que la concentration était à son apogée. Contrairement à ses prédécesseurs qui plaisantaient souvent quand les flashs crépitaient, il n'a pipé mot malgré les plaisanteries. «Tir to mask to paran kapav trouv twa», lui a recommandé un membre de l'opposition.

Cependant, les opposants de Renganaden Padayachy n'ont pas toujours été tendres à son égard. Certes, la contestation de l'opposition n'était pas bruyante, mais de temps en temps, Shakeel Mohamed se tournant vers Xavier-Luc Duval ou Arvin Boolell pour hausser les épaules. Il y a même eu un léger brouhaha quand le ministre a annoncé l'introduction de la «Contribution sociale généralisée». Cette mesure a semblé surprendre l'opposition. Kushal Lobine a échangé quelques mots avec le leader du PMSD et Reza Uteem en a fait de même avec Paul Bérenger. Xavier-Luc Duval n'a pas été convaincu non plus par les mesures annoncées pour relancer le tourisme. «Ayo mama !» a-t-il laissé sortir.

Sans surprise, le ministre des Finances a eu le soutien indéfectible de ses collègues. Les moments «tap latab» n'ont pas manqué. Dès que Renganaden Padayachy a annoncé la construction de quelque 12 000 maisons, il a eu droit à sa première salve des «tap latab».

Il y a eu aussi Tania Diolle. Aussitôt que le ministre avait annoncé une allocation pour aider les artistes, elle s'est exprimée seule en frappant sur le pupitre, mais personne n'a suivi son geste. Cependant, aucun membre du gouvernement n'est resté immobile quand le ministre a promis une allocation pour les policiers et le personnel hospitalier ayant travaillé pendant le confinement...

Des règles strictes

La présentation du Budget 2020-2021 s'est déroulée dans une ambiance particulière pour des raisons sanitaires. Contrairement à la tradition, il n'y avait aucun invité dans l'Hémicycle ni de cadres du ministère des Finances. Le nombre de journalistes et de photographes était également restreint. Quatre journalistes étaient dans la galerie de la presse et les autres au «Lunch Room». D'ailleurs, uniquement trois journalistes par groupe avaient accès à l'enceinte du Parlement.

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