Ile Maurice: MLC - «Nou pa dakor inn aboli NPF»

Le Mauritius Labour Congress a analysé les mesures budgétaires lors d'un point de presse ce vendredi 5 juin. Le syndicat a notamment déploré l'abolition du National Pension Fund (NPF). Ce système, est d'avis son président Haniff Peerun, a fait ses preuves. Et il a été restructuré «sans consultation».

Il en veut pour preuve le fait que la contribution au NPF en faveur de l'employé était d'un total de 9 % (3 % pour l'employé et 6 % pour l'employeur). Désormais, des catégories sont définies pour décliner les taux de contribution à un nouveau fonds, la Contribution sociale généralisée. Ceux qui touchent moins de Rs 50 000 devront par exemple contribuer 1,5 % et le patronat, 3 %. Ce qui fait un total de 4,5 % contre 9 % auparavant, fait valoir Haniff Peerun. «Travayer kan pou al lor retrait pa pou gayn coman zot ti pé gagné.»

Il a ensuite commenté nombre de mesures contenues dans le budget notamment dans le secteur de l'éducation et du logement. Le MLC estime qu'il faudra plutôt bien suivre l'application de ces mesures à travers un Monitoring Committee.

«C'est un budget de promesses à la population. Il y a beaucoup d'éclaircissements que le gouvernement doit à la population. Il y a des mesures masquées qui n'ont pas été expliquées», indique Haniff Peerun.

Ce dernier reconnaît cependant que le budget contient aussi des mesures positives, avec l'accent mis sur la construction, l'investissement dans l'éducation ou encore dans la santé. «L'éducation samem lavenir nou pei. Gouvernement pé investi Rs 15 mds dans rénovation lekol.»

La distribution de tablettes aux enfants de Grade 10 à 13 figurant dans le registre social est tout aussi positive car «les personnes au bas de l'échelle n'en ont pas les moyens».

Dans la foulée, il indique que le gouvernement aurait dû aller plus loin en détaxant les produits informatiques. «Le Covid-19 a amené un changement dans le mode d'enseignement à distance.»

Ce qu'il déplore surtout, c'est que rien n'a été fait pour empêcher l'érosion du pouvoir d'achat. «Il aurait fallu venir avec une politique de contrôle de prix des produits essentiels. Nous avons vu comment le consommateur a souffert durant le confinement.» Mais, reconnaît-il, Rs 30 de baisse sur une bonbonne de gaz «li aport enn sertin soulazman».

Une autre source de mécontentement est le fait que seuls les frontliners, dont des policiers et les membres du personnel soignant, vont bénéficier de cette prime de Rs 1 5000. «Et les éboueurs qui ont fait un travail beaucoup plus risqué et essentiel, allant de maison en maison?» demande le MLC.

Au chapitre de la construction de logements sociaux, ce qui l'inquiète c'est le mécanisme de contrôle qui sera instauré pour savoir qui devrait en bénéficier. Ceux touchant moins de Rs 10 000 peuvent prétendre à une subvention de 80 % dans la construction de ce logement social. Tandis que ceux dans la fourchette de salaires de Rs 45 000 à Rs 60 000, peuvent aussi prétendre à une subvention à hauteur de 30 % de l'Etat. La construction de 1 500 unités est évoquée. «Quel critère sera utilisé pour la sélection ? Il faudra une certaine transparence», indique Haniff Peerun.

Le MLC dit également rester sur sa faim face aux mesures sur l'autosuffisance alimentaire. «Des travailleurs ont perdu ou vont perdre leur emploi. Il aurait fallu les redéployer dans ce créneau. Leur donner une formation et faire en sorte qu'ils puissent se lancer dans la production de légumes ou encore dans l'élevage. Le chômage aurait diminué.»

L'Agricultural Marketing Board devrait aussi être mis à partie. «Il ne peut être uniquement un importateur. Il faut qu'il devienne un producteur. Il faut qu'il identifie des créneaux porteurs et produise ce que la population consomme.»

Autre préoccupation : le report du rapport Pay Research Bureau (PRB). «Les travailleurs du secteur privé sont doublement perdants car ils n'ont pas reçu les Rs 1 000 d'avance que reçoivent les fonctionnaires depuis janvier et ne verront pas aussi le NRB.»

Le MLC demande ainsi qu'il y ait consultation entre le gouvernement, le PRB et les syndicats. «Bizin coné kan rapor pou déor.»

Il en est de même pour les lois du travail qui ont été amendées. «Le budget n'indique pas quand cette loi temporaire ne s'appliquera plus.»

«Nou dakor met latet ensam. Si bizin fer sacrifis oui. Mé pas zis bann seki o ba de lechel. Nou pou fer sacrifis mé pa touss bann acki travayer»¸ dira Haniff Peerun.

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