Sénégal: ARTs martiaux et COVID-19 - Babacar Wade et Balla Dièye organisent leur résilience

Comme pour sports collectifs, la pandémie de la Covid ne laisse pas de place à la pratique des arts martiaux. Elles sont logées dans la même enseigne que les autres disciplines avec l'arrêt des compétitions et son lot de pertes financières pour certains, une baisse de performance pour d'autres. Au judo et au Taekwondo, deux disciplines qui renferment le plus de pratiquants, il y'n y a pas une autre alternative. Il faut s'adapter. Une parade a d'ailleurs été trouvée à l'aide des outils technologiques qui leur permette l'utilisation de challenges, de cours en ligne et un remodelage de leurs programmes d'entraînement. En attendant un possible redémarrage des activités dans le dernier trimestre de cette année, les deux structures gardent les yeux rivés sur les grandes compétitions continentales et surtout les Jeux olympiques de Tokyo 2021.

Babacar Wade  «Nous pensons reprendre nos activités au mois d'octobre»

Discipline individuelle et non moins sport de contact, le judo sénégalais n'a pas dérogé à la règle dictée par la pandémie du Covid 19. A la mesure de l'impact, ce sport de combat a vite trouvé la parade dans les outils technologiques avec les échanges en ligne. «Le judo est un sport de contact. Respecter la distanciation et les gestes barrières dans la pratique du judo reste assez compliquée à mettre en œuvre. Mais depuis la déclaration de la pandémie, nous avons naturellement arrêté toutes nos activités publiques», a confié Babacar Makhtar Wade, président de la Fédération sénégalais de judo avant d'ajouter : «On avait gardé quelques travaux que l'on a laissé à nos athlètes dérouler de concert avec les coaches. On a organisé ce que l'on a appelé des challenges qui permettaient aux judokas de faire des vidéos pour montrer un peu comment ils s'entraînent pendant la période de la Covid. Prendre des mouvements de judo, les disséquer de manière à ressortir les petites subtilités». Selon le patron du judo sénégalais, la mise en place de nouvelles mesures d'assouplissement devrait aussi permettre de remodeler les autres activités du judo en fonction du calendrier international.

Avec la révision de ce nouveau calendrier, l'essentiel des compétitions est prévu dans le dernier trimestre de 2020. Il s'agit notamment des championnats d'Afrique cadets- juniors, certains tournois open ou encore les championnats d'Afrique séniors. Entre temps, le judo sénégalais compte, selon le président Wade ses compétitions nationales au mois d'octobre et préparer les échéances internationales. «Maintenant, qu'il y a les mesures d'assouplissements, nous allons voir comment organiser tout cela. La semaine dernière, on a reçu le projet de calendrier de l'union africaine de judo. Les compétitions ont été reportées au dernier trimestre de cette année 2020. On est en train de modeler notre calendrier en conséquence. Nous pensons reprendre nos activités au mois d'octobre si les conditions le permettent afin que nos équipes nationales puissent participer aux différents championnats d'Afrique des cadets et surtout les séniors qui sont sur le circuit qualificatif pour les JO de Tokyo 2020», renseigne t-il.

«Mbagnick Ndiaye, Notre vaisseau amiral  aux JO»

Sur cette lancée, le judo sénégalais fera une bonne fixation sur les combattants séniors et particulièrement sur les potentiels qualifiés pour les prochains Jeux Olympiques de Tokyo 2021. «On va continuer à les mettre dans le circuit international lorsque les compétitions reprendront. Il y a des opens qui sont prévus à partir du mois de novembre. On verra les compétitions pertinentes pour que nos athlètes potentiellement qualifiables puissent y participer et reprendre leurs préparations au niveau de l'équipe nationale. Mbagnick Ndiaye est naturellement notre vaisseau amiral pour les qualifications. Il est quasiment qualifié pour Tokyo 2021. On va continuer à le pousser. Derrière, on peut avoir quelques surprises avec des athlètes comme Monica Sagna et Georgette Sagna», soutient Babacar Wade

Balla Diéye, président de la féderation Sénégalaise de Taekwondo: «La fermeture des salles a causé beaucoup de pertes»

S'il faudra mesurer l'impact de la pandémie de la Covid-19 dans le taekwondo sénégalais, il faudra le situer sur les activités des salles. Cet impact est d'abord financier dans la mesure où il y a un réel manque à gagner lié à l'arrêt des activités et à la fermeture de ses gymnases. C'est le premier constat de Balla Dièye, président de la Fédération sénégalaise de taekwondo.

Depuis le 14 mars, nous avons reçu l'arrêté de suspendre les activités. Au niveau de la Fédération, nous sommes vraiment impactés. On le vit très difficilement mais on s'adapte car nous faisons face à une pandémie mondiale. Il y a des maitres de taekwondo qui ont vu leurs salles fermées. Il y a eu beaucoup de pertes sur ce côté-là. Il y a beaucoup de clubs qui sont dans les régions. Ce sont les maîtres qui transmettaient les valeurs et les inculquaient à des enfants. C'est comme les écoles qui ont été toutes fermées. Sur ce plan, il y a beaucoup de pertes. Pour les maîtres de salles, il est difficile de joindre les deux bouts parce que leur économie venait de leurs clubs», a-t-il relevé.

Cette discipline, à l'image d'autres issues des arts martiaux a toutefois réussi, d'amortir cette contrainte majeure par l'utilisation des outils technologiques et l'utilisation de plateformes. Ce, dans le but de garder le contact et d'échanger sur la disciplines. «Au niveau interne, nous nous sommes adaptés rapidement. On avait commencé à faire des cours en ligne. Nous avons fait les réunions et les cours à distance. Les quizz, on le faisait sur les challenges. Il y a beaucoup d'activités que l'on met dans notre plateforme. On vient d'apprendre que le ministre de l'intérieur autorise l'ouverture des salles. Mais, il faut le prendre sous un autre angle car nous dépendons du ministre des sports qui avait suspendu les activités. Il faut une discussion pour savoir si on va ouvrir les salles de fédérations. Parce que, on m'a demandé si on va ouvrir les salles moi je leur ai dit non ! On attend l'autorisation», note t-il.

Les jeux olympiques de Tokyo 2021 en ligne de Mire"

Sur l'échiquier international, le taekwondo sénégalais a également dégagé son tableau de bord en direction des compétitions continentales avec en ligne de mire les Jeux Olympiques de Tokyo 2021. Conscient que l'arrêt des compétitions va peser sur la performance des athlètes mais aussi au plan mondial, l'instance dirigeante a pu mettre en place un plan de travail en vue de faire performer ses combattants. «Nous avons déjà un athlète qualifié aux prochains Jeux Olympiques. Il s s'agit de Ibrahima Séye. On avait mis en place un plan de préparation. Il y a beaucoup de programmes qui ont été annulés. Les Jeux olympiques ont été reportés en 2021, la direction technique a mis un plan de travail avec cet athlète. D'ici un an, on aura le temps de s'adapter. Le seul problème est que l'aspect compétition est très important pour les athlètes. C'est là qu'ils vont se préparer, augmenter leur volume de travail et se perfectionner. Maintenant, l'impact physique joue sur un athlète. Si c'est un athlète qui était sur sa lancée, il lui faut beaucoup de travail et je pense que la direction technique et la Fédération sont en train de mettre tout en place», a indiqué le double médaillé de bronze dans la catégorie des moins de 68 kg aux championnats du monde de taekwondo en 2009 et 2013.

Plus de: Sud Quotidien

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