Afrique: Coronavirus - L'Oms reprend les essais sur l'hydroxychloroquine

Véritable tango qu'exécute, depuis quelques jours, la communauté médicale mondiale qui avance d'un pas et recule de l'autre, avec la poursuite ou non des recherches sur l'hydroxychloroquine.

Après une suspension de neuf jours des essais sur cette molécule, à la suite d'une étude publiée dans The Lancet, le 22 mai, l'Organisation mondiale de la santé (Oms) reprend la recherche.

C'est l'annonce qu'a faite le directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus, au cours d'une conférence de presse virtuelle, le mercredi 3 juin.

« Après analyse des données disponibles sur la mortalité, les membres du Comité de sécurité et de suivi ont estimé qu'il n'y a aucune raison de modifier le protocole des essais cliniques », peut-on lire dans le magazine économique Financial Afrik.

Le 22 mai dernier, le journal The Lancet publiait la plus grande étude jamais menée sur l'hydroxychloroquine et la Covid-19.

Cette étude épidémiologique qui analyse plus de 96 000 dossiers médicaux de 671 hôpitaux du monde entier suggère un risque de mortalité plus élevé et des troubles cardiaques chez les patients hospitalisés sous hydroxychloroquine.

L'information a été très vite prise au sérieux, de même qu'elle a eu des incidences dans le monde.

En France, le gouvernement a décidé de ne pas le prescrire. Un décret est publié au journal officiel, le 27 mai, pour modifier les conditions dérogatoires de prescription de l'hydroxychloroquine.

« Que ce soit en ville ou à l'hôpital, le ministre de la Santé indique que désormais, cette molécule ne doit pas être prescrite pour les patients atteints de Covid-19. »

L'Oms a suivi en procédant à la suspension des essais cliniques.

A la suite de cette étude, des critiques de dizaines de scientifiques du monde entier fusaient de partout.

Ainsi, des chercheurs australiens s'étonnaient, le 24 mai, dans le journal britannique The Guardian, du décalage entre le nombre de décès dans leurs bases de données et les chiffres compilés par l'étude publiée dans The Lancet, demandant des comptes aux auteurs sur leur méthode.

Dans une lettre ouverte publiée le 28 mai, d'autres scientifiques mettaient en cause la fiabilité de l'étude de The Lancet. Ils ne sont pas les seuls à pointer du doigt certaines faiblesses de cette étude.

Un collectif de 1 250 médecins français a dénoncé également des irrégularités de l'étude, entre autres, la célérité avec laquelle seulement quatre auteurs ont pu analyser un volume de données ; le fait que les patients de l'étude soient des patients hospitalisés dans un état grave ; des imprécisions sur les traitements analysés.

Le 3 juin, la revue scientifique The Lancet a prêté une oreille attentive à ces critiques, en produisant un avertissement formel à ses lecteurs où elle reconnaît que, certes, "d'importantes questions" se posent au sujet de cette étude qui fait actuellement l'objet d'un audit initié par ses auteurs, précise l'Afp. Cependant, elle ne met pas fin aux essais.

En tout état de cause, le lendemain, l'Oms et d'autres organismes ont annoncé reprendre leurs essais cliniques sur l'hydroxychloroquine.

Plus de: Fratmat.info

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.