Congo-Kinshasa: Près de 1300 civils tués dans l'est en quelques mois, alerte l'ONU

La haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme Michelle Bachelet tire la sonnette d'alarme : sur les huit derniers mois, 1 300 personnes ont été tuées et plus d'un demi-million de déplacées, principalement dans l'est du pays, en Ituri, au Nord et au Sud-Kivu.

Après la procureure de la Cour pénale internationale, c'est à la haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme d'exprimer son inquiétude sur la situation dans l'est de la République démocratique du Congo. Et le bilan humain très lourd : 1 300 morts en huit mois, essentiellement dans l'est du pays. Et des centaines de milliers de déplacés.

Michelle Bachelet a affirmé dans un communiqué que « le caractère généralisé et systématique de certaines des attaques contre des civils en Ituri et au Nord-Kivu peut constituer des crimes contre l'humanité ou des crimes de guerre » qui doivent faire l'objet d'enquêtes crédibles.

Elle s'est dite « consternée » par l'augmentation dans le pays d'« attaques brutales contre des civils innocents par des groupes armés, et par la réaction des forces militaires et de la police qui ont également commis de graves violations, y compris des meurtres et des violences sexuelles ».

Selon le communiqué, le nombre de victimes a fortement augmenté ces dernières semaines alors que les conflits dans trois provinces de l'est du pays - Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu - se sont propagés.

🇨🇩 #DRCongo: Around 1,300 civilians killed in conflicts involving armed groups & government forces in past 8 months. Some of the incidents may amount to crimes against humanity or war crimes. @mbachelet calls for accountability.

UN Human Rights (@UNHumanRights) June 5, 2020

Une volonté de vider ces espaces de leur population

Pour son représentant au Congo, Abdoul Aziz Thioye, directeur du bureau conjoint de l'ONU aux droits de l'homme, l'un des points les plus inquiétants, c'est qu'il y a une volonté de déplacer des populations, notamment en raison de leur ethnie.

« Ce que nous avons surtout noté depuis quelques temps sur les hauts plateaux de Minembwe, Mikengue et autres, ainsi que dans l'Ituri, c'est qu'en réalité, il y a une volonté réelle, vu qu'il s'agit d'affrontements souvent, au moins pour l'Ituri et le Sud-Kivu, interethniques ou simplement intercommunautaires, de créer un climat de terreur qui va entraîner un déplacement forcé des populations qui n'ont d'autre choix que de se regrouper ou de se déplacer pour leur survie, alerte-t-il.

Donc c'est un phénomène que nous avons vu et c'est beaucoup plus prononcé dans le cas des ADF [Forces démocratiques alliées, rebelles ougandais) qui de façon très claire s'en prennent aux populations civiles pour vider l'espace qu'ils occupent, où ils mènent des activités, de toute présence non désirée.

Les ADF, la Codeco [la Coopérative pour le développement du Congo] et les milices Lendu s'attaquent également aux centres de santé et aux écoles... C'est une façon aussi de créer les conditions pour vider ces espaces de leur population. »

Mais ces violences ne se limitent ni aux groupes armés ni à l'Est. La haut-commissaire a également pointé les tueries au Kongo Central ou à Kinshasa contre des membres du groupe politico-mystique Bundu Dia Kongo.

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