Congo-Brazzaville: Contrat Semlex/RDC - Le CLC veut voir clair !

La structure exige la lumière sur les recettes générées par cet arrangement lié à la fabrication des passeports congolais.

A quelques jours de l'échéance du contrat avec le Consortium belge Semlex pour la fabrication des passeports biométriques congolais, le Comité laïc de coordination (CLC) exige du gouvernement des informations précises sur les recettes générées par ledit contrat.

Dans une déclaration publiée le 4 juin, intitulée « Les Congolais exigent la transparence dans le dossier des passeports biométriques », les laïcs catholiques disent, en plus, attendre des autorités congolaises, une lumière sur la répartition des bénéfices générés.

« Le CLC exige du gouvernement, au-delà de l'effet d'annonce de sa décision de ne pas renouveler ce contrat, des informations précises sur son évaluation, la hauteur de l'investissement et des recettes générées, la répartition des bénéfices, ainsi que le transfert des compétences qui devraient être réalisé », peut-on lire dans ce document portant la signature du coordonnateur national, le Pr Isidore Ndaywell E Nziem, arrivé à la presse.

Dans le deuxième volet de sa déclaration, le CLC, qui insiste sur la nécessité de casser ce contrat signé avec le consortium belge, qui, d'ailleurs, arrivait à l'échéance, ou de ne pas le proroger ni le renouveler, souligne également l'urgence et la transparence dans l'appel d'offres qui devrait intervenir dans la désignation du nouveau prestataire. Ce, a-t-il précisé, au cas où l'Hôtel de monnaie ne serait pas capable d'assurer ce service.

« Il serait, en effet, inadmissible et ridicule, qu'au-delà de l'échéance, la République continue à solliciter la fabrication des passeports biométriques par ce même consortium au motif qu'elle ne serait pas encore prête à envisager une autre solution », a souligné le CLC.

Pour les laïcs catholiques, une telle disposition serait un indice supplémentaire de l'extrême opacité qui semble avoir accompagnée la gestion de ce dossier.

Il est, en effet, rappelé que le passeport congolais est parmi les plus chers au monde. Des enquêtes ont démontré que le prix initial proposé par le fabricant a été majoré à plus de 300 % et que l'argent généré est partagé entre des personnes n'ayant pas droit, le Trésor public ne recevant qu'une infime partie.

Des organisations non gouvernementales, mouvements citoyens et cinquante et un citoyens congolais ont dénoncé, dans une plainte du mercredi 13 mai auprès de la justice belge contre Semlex, le contrat passé entre le régime de l'ancien président Joseph Kabila et cette société belge.

Ces organisations demandent à la justice d'enquêter sur les allégations de corruption liées à l'attribution du marché des passeports congolais à Semlex.

Dans une intervention sur les ondes de Radio Okapi, la ministre chargée des Affaires étrangères, Marie Ntumba Nzeza, a indiqué la résiliation de ce contrat avec Semlex.

« Je confirme ici que le contrat avec Semlex a bel et bien été rompu. Nous n'allons plus travailler avec Semlex pour renouveler le passeport de la RDC », a-t-elle affirmé le vendredi 15 mai.

La ministre a également fait remarquer que la RDC n'avait nullement l'intention de renouveler ce contrat avec la société Semlex.

Dans une lettre du 7 mai adressée à cette société, la ministre congolaise des Affaires étrangères l'a informée de la fin du contrat pour l'implémentation du système d'identification biométrique national, intégrant la production des passeports électroniques congolais.

Selon Marie Tumba Nzeza, qui a indiqué que le contrat va arriver à expiration à partir du 11 juin 2020, Semlex devrait procéder à l'état des lieux de l'ensemble du système, infrastructures et logistique avec son cabinet afin d'arrêter les dispositions transitoires avant la fin de ce contrat.

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