Maroc: Maintien de l'autorisation spéciale d'exportation des médicaments fabriqués localement

Pour mettre fin à la levée de boucliers des opérateurs, le ministère de la Santé opte pour la communication

A l'initiative du ministère de la Santé, une série de rencontres a fait suite, depuis le 27 mai dernier, à la levée de boucliers des opérateurs du secteur contre les décisions prises par ce département en matière d'exportation des médicaments fabriqués localement.

Etalées sur 10 jours, ces rencontres inscrites dans le cadre des mesures préventives et proactives entreprises par le Royaume en vue d'endiguer la propagation du Covid-19 ont été marquées par la participation de l'Association marocaine de l'industrie pharmaceutique, des Entreprises du médicament du Maroc, de l'Association marocaine du médicament générique, du Conseil de l'Ordre des pharmaciens, du Conseil de l'Ordre des pharmaciens fabricants et répartiteurs (COPFR), ainsi que de plusieurs groupes pharmaceutiques, indique vendredi un communiqué du ministère.

Lors de ces rencontres, la Direction du médicament et de la pharmacie a mis en avant les mesures préventives prises par le ministère pour préserver la santé des citoyens, en assurant un stock de réserve suffisant de médicaments, soulignant que ces rencontres se veulent l'occasion de mettre en évidence tous les efforts consentis par le secteur pharmaceutique, précise la même source.

Conscient de la place qu'occupe le médicament marocain dans différents pays en particulier ceux d'Afrique, le ministère a permis au secteur pharmaceutique de relancer l'activité économique du pays et ouvrir de nouveaux horizons, en maintenant l'opération d'exportation des médicaments, sous condition de l'obtention d'une autorisation spéciale d'exportation.

Pour simplifier la mise en oeuvre de cette décision, la Direction du médicament et de la pharmacie a procédé à la numérisation des procédures et des mesures administratives pour les demandes et le retrait des licences d'exportation de médicaments via le portail électronique de la direction dans un délai maximum de trois jours sans avoir besoin de se déplacer au siège de la direction, et ce afin de renforcer la confiance entre l'administration et les acteurs du secteur pharmaceutique.

Les représentants du secteur ont, de leur côté, salué le rôle important joué par le ministère de la Santé avec d'autres établissements gouvernementaux dans l'effort de lutte contre la pandémie, exprimant "leur soutien inconditionnel à l'appel de la nation". Ils ont, également, mis l'accent sur les efforts massifs déployés pendant des années par l'industrie pharmaceutique nationale afin de se positionner et de conquérir plusieurs marchés étrangers, en particulier africains.

Selon la même source, toutes les réunions ont été marquées par la proposition d'un certain nombre de recommandations afin d'encourager l'exportation des médicaments dans l'avenir, et la conquête de nouveaux marchés dans le cadre d'une approche participative entre le ministère de tutelle et l'ensemble des intervenants dans le secteur.

Les cliniques privées reprennent leurs biens

Récupération des équipements mis à la disposition du ministère de la Santé

L'Association nationale des cliniques privées (ANCP) a été invitée à récupérer les équipements qu'elle avait précédemment mis à la disposition du ministère de la Santé et des citoyens marocains en réponse aux instructions Royales appelant à mobiliser toutes les ressources et les énergies disponibles pour faire face à la pandémie du coronavirus et à ses conséquences.

A cette occasion, l'association tient à « mentionner le travail sérieux et responsable qui a caractérisé la relation entre les secteurs de la santé public, privé, et militaire, et entre l'Association des cliniques privées et le ministère de tutelle, le ministère de l'Intérieur, et les directions régionales ou autres.

Il convient de noter que les cliniques privées ont répondu à l'appel de la nation en se mobilisant avec dévouement et de diverses manières. Leurs actions ont couvert trois axes.

Le premier axe concerne les ressources et les équipements des hôpitaux et centres de santé publics. Dans ce cas, les visites organisées à l'hôpital de Sidi Moumen, Mediouna et Moulay Youssef ont relevé un manque d'équipements de réanimation et de soins intensifs ainsi qu'un manque au niveau des ressources humaines médicales. Pour remédier à ce besoin en respirateurs et moniteurs, la commission formée par l'ANCP a mobilisé plusieurs cliniques qui ont décidé de mettre leur matériel à la disposition de la population. « En 48h, une quarantaine de respirateurs ont été placés dans les centres hospitaliers à Casablanca (11 respirateurs et 13 moniteurs avec d'autres matériels médicaux pour équiper l'hôpital de Sidi Moumen et 20 lits de réanimation ont été installés à l'hôpital Moulay Youssef).

En ce qui concerne les ressources humaines, la commission a vu qu'il serait judicieux de mobiliser le personnel paramédical de la santé publique et d'établir des listes de médecins volontaires du secteur privé pour renforcer les ressources médicales en cas de besoin ou d'expansion de l'épidémie.

L'Association marocaine des anesthésistes réanimateurs a aussi mobilisé plusieurs réanimateurs et des équipes pour le soutien de la couverture médicale des centres hospitaliers (20 anesthésistes réanimateurs du secteur libéral ont travaillé dans les services de réanimation du CHU Ibn Rochd en étroite collaboration avec leurs collègues du public)

La commission a décidé également de centraliser les patients atteints du coronavirus, lors de la première phase de la pandémie, dans les hôpitaux et centres publics en réservant les cliniques pour les phases suivantes de la propagation.

Voici par ailleurs la liste des cliniques qui se sont préparées à ouvrir leurs portes pour accueillir les patients atteints du coronavirus (clinique Yasmine : 18 lits - 6 lits de réanimation, clinique Anoual : 24 lits - 7 lits de réanimation, clinique la Ville verte: 60 lits - 6 lits de réanimation - 13 de soins intensifs, clinique Maarif : 30 lits - 8 lits de réanimation - 4 de soins intensifs, polyclinique Ziraoui : 183 lits - 12 lits de réanimation - 10 de soins intensifs, clinique de L'oeil : 30 lits - 3 lits de réanimation - 5 de soins intensifs, soit un total de : 345 lits - 42 lits de réanimation - 32 de soins intensifs).

Par ailleurs, les cliniques Vinci et Anoual se sont portées volontaires pour traiter 130 patients atteints dès la première phase.

Sur Rabat, quatre cliniques ont été équipées et mises à la disposition du ministère de la Santé pour le traitement des patients Covid-19, alors qu'à Fès, tous les lits de réanimation ont été recensés et mis à la disposition des citoyens.

A Marrakech, une trentaine de respirateurs ont été mis à disposition avec une clinique de garde par jour et à Tanger, un hôtel a été équipé de matériel médical et de ressources humaines (toutes les cliniques ont participé au recrutement et à la formation de plusieurs médecins généralistes).

Concernant le deuxième axe, à savoir la prise en charge des patients, un certain nombre de cliniques s'est occupé des actes, pathologies et suivi médical des patients non atteints et des femmes enceintes.

A Casablanca, les cliniques Ghandi et Yasmine se sont occupées de 300 accouchements et 40 césariennes envoyés par l'hôpital Hay Hassani qui a pu libérer ses lits pour les patients Covid-19.

D'autres cliniques ont ouvert leurs portes pour soigner les malades non Covid-19 transférés de l'hôpital pendant la phase 2, comme par exemple la clinique Dar Salam et la clinique cardiologique de Californie.

S'agissant de la formation des ressources médicales et paramédicales, plusieurs cliniques ont initié la formation de leurs équipes médicales et paramédicales comme convenu lors de la réunion du 16 mars 2020 avec la déléguée de la santé de la région de Casablanca.

En ce qui concerne le traitement et le suivi des maladies chroniques et graves, l'ANCP attire l'attention des citoyens atteints et qui ont arrêté leur suivi médical tout au long du confinement, à la gravité de cette situation qui met leur vie en danger. Pour cela, l'ANCP est en train d'établir un plan de sensibilisation pour inciter cette population à reprendre les consultations et le suivi médical tout en lui assurant que les cliniques ont mis en place toutes les mesures d'hygiène nécessaires à leur sécurité et à leur bien-être.

L'association est fière de ses réalisations et de ses actions menées pour contrer la pandémie. Elle remercie les directeurs des cliniques et leurs staffs médicaux et paramédicaux pour leur mobilisation et leur sens civique malgré les difficultés financières qu'a connues ce secteur avec une baisse conséquente de son activité qui a atteint les 40 % à 90 % selon les disciplines.

Elle réitère son engagement envers le pays et la population en déclarant qu'elle répondra toujours présent à son devoir de servir ce pays en étroite collaboration avec le secteur public en vue d'améliorer le service de santé marocain et de le rendre accessible à tout le monde.

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