Congo-Kinshasa: Parquet Général près la Cour d'Appel de Matete - Un mandat d'arrêt international contre deux fils de Jammal

Marteau du juge utilisé au tribunal.

Au moment où le Tribunal de Grande Instance de Gombe clôturait, le jeudi 4 juin 2020 à la Prison Centrale de Makala, l'instruction de l'affaire ministère public contre les prévenus Vital Kamerhe, Samih Jammal et Muhima, poursuivis pour détournement présumé de 59 millions de dollars américains destinés à construction de 1.500 maisons préfabriquées, un mandat d'arrêt international, à charge de deux fils du Directeur général de la société Samibo, à savoir Jammal Jammal et Jammal Hussein, était émis depuis le lundi 1er juin par le magistrat Kisula Betika Yeye Adler, Procureur Général et Officier du ministère public près la Cour d'Appel de Kinshasa/ Matete.

Ce document, directement adressé au Procureur Général de Beyrouth, au Liban, était également communiqué, en copies, au Procureur Général près la Cour de Cassation et au Directeur du Bureau central national d'Interpol en République Démocratique du Congo.

La mission principale attendue du Procureur Général de Beyrouth est d'interpeller les deux fugitifs, pour interrogatoire, au sujet des faits liés au détournement des deniers publics et à la corruption, en rapport avec un dollars montant de 48.831.148 sur un total de 59. 637.500 dollars américains sortis du Trésor public congolais et destinés au financement de deux marchés publics confiés aux sociétés Samibo et Husmal, toutes deux appartenant à leur père, Samih Jammal, dans le cadre de l'exécution des travaux du programme d'urgence de 100 jours du Chef de l'Etat, Félix Antoine Tshisekedi.

Selon l'acte d'accusation, il a été constaté la disparition, sans traces, des fonds sus évoqués, avec comme acteurs principaux Samih Jammal et ses deux fils, Jammal Jammal et Jammal Hussein, avec la coopération de Vital Kamerhe, Directeur de cabinet du Chef de l'Etat, et son cousin Daniel Shangalume Nkingi alias Massaro, ami personnel de la famille Jammal.

En plus des sommes d'argent détournées, les deux fils de Samih Jammal sont aussi accusés d'avoir participé, avec leur père, à la corruption du Directeur de cabinet du Chef de l'Etat, grâce à l'intermédiation de son cousin Massaro, en lui offrant gracieusement notamment une Jeep de marque Range Rover et une autre de marque Toyota Prado TX. Ces deux véhicules, souligne le Procureur général près la Cour d'Appel de Matete, ont été offerts au précité dans le but de leur permettre de gagner les deux marchés de 1.500 et 3000 maisons, dont la facture globale était estimée à 114.500.000 dollars américains, pour lesquels 59.637.500 USD ont été effectivement payés par l'Etat congolais.

Jammal Jammal, de nationalité libanaise, indique-t-on, est né à Kounakri le 17 mars 1974, tandis que son jeune frère Jammal Hussein a vu le jour, quant à lui, le 11 février 1980 au Liban.

La balle dans le camp d'Interpol et de la justice libanaise

Si la police internationale (Interpol) et la justice libanaise acceptent de coopérer avec celle de la République Démocratique Congo - ce qui ne fait pas l'ombre d'un doute pour le moment à la lumière de la dernière déclaration du ministère libanais de la Justice -la fuite des deux fils de Jammal devrait prendre fin à plus ou moins brève échéance. Alors que le procès de Vital Kamerhe, Samih Jammal et Muhima amorce le jeudi 11 juin la phase ultime du réquisitoire du ministère public et des plaidoiries des avocats de la partie civile comme de la défense, en attendant un jugement qui ne saurait tarder, il serait utile, pour besoin d'un maximum de transparence dans ce dossier judiciaire, de connaître les dessous des cartes dans le traitement préférentiel réservé à la société Samibo dans l'octroi du marché de 1.500 et le versement, dans son compte, de plus de 59 millions de dollars américains, avant l'exécution des travaux et la conclusion d'un quelconque contrat.

Leur arrestation, à l'image de celle de Massaro, qui avait fini par se faire attraper dans la province du Kwango, après avoir tenté d'échapper à la justice pendant un mois, est vivement souhaitée. Le contribuable congolais croise les doigts et attend impatiemment que les deux gros poissons tombent incessamment dans les filets des limiers de la justice.

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